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 Sujet du message: Thierry Jonquet est mort
Message non luPosté: 14 Aoû 2009, 08:57 
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http://www.humanite.fr/2009-08-13_Cultu ... ele-ennemi

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culture
La bêtise perd son plus fidèle ennemi

Disparition .
De Mémoire en cage à Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, Thierry Jonquet a construit une oeuvre creusant aux tréfonds de la monstruosité humaine « ordinaire ». Il est mort dimanche à cinquante-cinq ans.

La Sécu pourra arrêter de lui demander, comme elle le fit paraît-il durant de nombreuses années, s’il était mort. L’écrivain Thierry Jonquet est décédé dimanche à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Il avait cinquante-cinq ans et avait écrit une vingtaine de romans et touché aussi bien au théâtre, à la bande dessinée ou encore à la fiction télévisuelle. De Mémoire en cage, son premier roman paru en 1982 dans la collection « Sanguine », chez Albin Michel, au dernier, pour cause de camarde, Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, en 2006 au Seuil, l’homme a construit une oeuvre singulière et forte dans le paysage du « néopolar à la française ». L’étiquette fut collée dans les années 1970 à la génération des Vautrin, Manchette et Fajardie, bientôt rejointe par les Daeninckx, Jonquet, Pouy ou Raynal. Leur seul point commun serait d’être au polar de papa, tel qu’il sévissait alors dans la « Série noire », ce que la nouvelle vague fut au cinéma dit de « qualité France ». Autant de coups de pistolet dans le concert ronron, avant de tracer, chacun, sa route.

Le territoire que défriche Thierry Jonquet est le plus sombre de tous. D’une enfant bavant clouée sur un fauteuil (Mémoire en cage), de la transsexualité conçue comme un des beaux-arts de la vengeance (Mygale, 1995), à l’enfance mise à mort par un art « contemporain » (Moloch, 1998) en passant par les échos sordides des profiteurs ordinaires de la Shoah (les Orpailleurs, 1993), l’écrivain, en autant de marches que de romans, gravit les échelons de la terreur, de la barbarie, en un mot de la monstruosité. À cela près, à l’instar de Freaks, que, chez lui, l’humanité advient de ses personnages difformes quand l’inhumanité jaillit de gens « ordinaires », des M. Toutlemonde de tous les milieux. « La monstruosité est la chose du monde la plus répandue, avec la bêtise, écrivait-il dans un long texte autobiographique paru en 1997 dans les Temps modernes. On peut écrire à l’infini sur l’une comme sur l’autre. J’essaye de m’y atteler. Je reste souvent confondu de stupeur à la lecture de certains "faits divers" qui révèlent l’existence de monstres ordinaires, d’ogres débonnaires, de cinglés parfaitement intégrés socialement mais dont la conduite, en privé, s’abîme dans des gouffres d’ignominie. » Tout l’angle d’attaque de l’écrivain est là, le contraire exact de l’image du « monstre » inaccessible à la compréhension humaine véhiculée par la même presse qui le nourrissait de ses informations. Plonger dans les tréfonds de la psyché humaine, il s’y livre en apnée. Sa fiction fouaille le langage et y invente son style. L’homme a du souffle. Il suffit de relire l’incipit de Moloch : « Ils étaient là, pataugeant dans la boue hébétés, certains pleurant, d’autres hagards, les mains tremblantes, la gorge nouée par le dégoût, la pitié, la colère, la honte, un mélange confus de ces sentiments si voisins, tous à scruter le ciel gris bleu, dans ce matin de printemps, tous à songer à ce qu’ils avaient fait une demi-heure, une heure plus tôt, quand le téléphone avait sonné chez eux pour les tirer du sommeil et les convoquer dans cette maisonnette d’apparence si banale, dressée au fond d’un terrain vague. » Suivent dix-huit pages pour commencer à élucider la cause de cette « nausée » et quatre cents pour en venir à bout.

Pour les partisans de l’instrumentalisation de la littérature à des fins sociologiques, il vaut mieux passer pareille oeuvre. Son travail sur la langue, inventant la sienne, plonge sans doute dans des tréfonds que la biographie ne peut épuiser. À peine concède-t-il le choc des photographies de victimes et rescapés des camps de la mort, vues à l’âge de quatorze ans. Cela suffit-il à expliquer que l’homme, après maints petits métiers, fut brancardier dans un mouroir de Draveil, ergothérapeute dans un institut d’enfants amputés congénitaux ? Peut-être. Toujours est-il qu’il y trouva à coup sûr la pâte humaine qui nourrit le dégoût de la « monstruosité et de la bêtise » si répandues. Il y croisa aussi un vieux « prolo », nommé Lepointre, « autodidacte qui avait lu Trotski, Aragon, Céline… Et Dashiell Hammett ». Et décida de passer à l’écriture.

Michel Guilloux

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Message non luPosté: 14 Aoû 2009, 23:41 
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Localisation: Isère
J'apprends la mort de Thierry Jonquet...
Je suis triste, j'aimais beaucoup ses livres...
Il me manque déjà


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