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Message non luPosté: 03 Sep 2009, 11:41 
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j'ai lu le livre de cèlhia de lavaréne UN VISA POUR L'ENFER ,un très beau livre sur le trafic des jeunes filles en afrique,cette femme est d'un courage incroyable,si vous lisez son livre vous comprenez. par Irane Belkhedim

Algérie
LA PAROLE À… Célhia de Lavarène : "Passer par l'Afrique est avantageux pour les trafiquants de femmes"

(Syfia Algérie) Célhia de Lavarène a dirigé plusieurs missions de l'ONU contre le trafic des êtres humains. Révoltée par l'inertie de celle-ci à défendre les femmes forcées à se prostituer et réduites au silence, elle a créé son ONG et écrit un livre* pour dénoncer les trafiquants et leurs clients complices. Nous l'avons rencontrée en Algérie.
Syfia : Vous avez dirigé deux importantes missions sur la lutte contre le trafic des êtres humains pour l'Organisation des Nations unies (ONU) en Bosnie, en 2002, et au Liberia, en 2004 : quelles leçons en avez-vous tirées ? Célhia de Lavarène : : En Bosnie, nous avons interviewé plus de 3000 victimes. Seules 265 ont demandé de l'aide. Les trafiquants leur disent que si elles parlent, leur mère, leurs soeurs seront violées, voire tuées. Il leur faut énormément de courage pour parler. Nous avions pratiquement détruit le business de la mafia en étant présents jour et nuit. Depuis notre départ, tous les bars et night-clubs ont rouvert… Au Liberia, nous étions parvenus à stopper l'arrivée des jeunes Marocaines, Roumaines et autres, en plaçant des hommes à l'aéroport, au port et en surveillant les routes. Nous savions qui entrait et sortait du pays. Mais l'ONU a décidé que le trafic des êtres humains n'était plus une priorité. Mon équipe a été démantelée. D'autres night-clubs ont ouvert et d'autres jeunes ont été amenées à nouveau.

L'Afrique est-elle une plaque tournante de ce trafic ?

Tous les pays du monde sont touchés, mais il y a des zones de transit importantes comme Abidjan, en Côte d'Ivoire. Dès qu'elles atterrissent dans ce pays, les filles sont placées, pour une courte durée, dans les nombreux night-clubs et bars. Ensuite, elles sont vendues au Liberia, au Ghana ou envoyées dans toute l'Europe. Cela dépend de l'acheteur. Passer par l'Afrique de l'Ouest est avantageux pour les trafiquants, car les frontières sont poreuses et moins surveillées à cause des nombreux conflits qui y sévissent. Les lois sont plus laxistes, et la corruption bat son plein. Au Liberia, qui sort de 14 années de conflit, plus rien ne fonctionne. Les autorités ne savent dès lors pas agir. Comment les victimes sont-elles entraînées dans ces réseaux de prostitution forcée? Les trafiquants ont des recruteurs/euses qui se chargent de séduire les victimes. Celles-ci ont entre 14 et 25 ans et viennent souvent de villages isolés, de pays où la situation socio-économique est très difficile. Ils deviennent amis avec la famille ou font semblant d'être amoureux en demandant la main de la jeune fille. Les filles sont aussi kidnappées ou tombent dans le piège de petites annonces pour un travail à l'étranger (serveuse, nounou…) Arrivées dans un pays qu'elles ne connaissent pas et dont elles ne parlent pas la langue, elles se voient confisquer leur passeport par les trafiquants, qui les dépouillent de tout effet personnel, jusqu'à leur propre nom. C'est une façon de les déshumaniser. La plupart des jeunes filles ne savent jamais vraiment où elles vont. Sur place, elles sont enfermées dans un état de terreur permanente : violées, privées de nourriture, violentées physiquement et verbalement. Si elles résistent, elles sont battues, droguées, violées encore et encore, jusqu'à ce qu'elles deviennent dociles. Elles restent enfermées pendant six mois, parfois un an, avant d'être vendues et envoyées en Europe. Elles sont même parfois achetées et essayées sur place, dans les night-clubs.

Le phénomène semble s'amplifier…

Oui, car c'est un commerce qui rapporte énormément d'argent, autant que le trafic de drogue ou le trafic d'armes. De plus, il est nettement moins risqué, car les victimes ont souvent trop peur d'aller à la police pour dénoncer leurs bourreaux. Elles redoutent la vengeance des trafiquants et, étant dans une situation clandestine, elles craignent surtout d'être renvoyées dans leur pays.

Après avoir dirigé plusieurs actions de lutte contre ce trafic sous la houlette de l'ONU, vous avez décidé de créer une ONG. Pourquoi ?

Lorsque j'ai découvert que l'ONU n'avait pas envie de poursuivre le travail que j'avais fait et constaté que les victimes n'étaient jamais considérées comme des victimes par la police, mais comme des criminelles, j'ai décidé de fonder Stop Trafficking Of People. Pour les aider, les accueillir, pour empêcher qu'elles soient reprises par les trafiquants. Mais aussi afin de dénoncer les agissements de l'ONU… Les méfaits des Casques bleus sont bien connus : abus sexuels, viols… la liste est longue. Je compte dénoncer ces abus tant que l'ONU ne prendra pas de mesures à l'encontre de ceux qui sont coupables de tels agissements. Les responsables onusiens ne veulent pas froisser les États membres avec ce genre d'affaires, car ils sont de grands "pourvoyeurs" de Casques bleus. Il existe des complots partout dans le monde et à tous les niveaux, au sein de la police, de la justice. Au Liberia, les gamines atterrissaient sans passeport et le service d'immigration, lui-même, les attendait avec des documents ! Les compagnies d'aviation sont également impliquées. Je ne me targue pas de changer le monde, mais je veux au moins l'informer. Il est très important de savoir ce qu'il se passe autour de nous… Un visa pour l'enfer, par Célhia de lavarène ,fayard 2006.

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