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 Sujet du message: L'Arménie
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http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/asie/armenie.htm



La république d'Arménie est un pays de 29 800 km² d'Asie occidentale (équivalant à la Belgique), plus particulièrement en Transcaucasie, une région de l'extrême sud-est de l'Europe et de l'Asie occidentale, située entre la mer Noire et la mer Caspienne, et divisée en deux parties par les monts du Caucase. L’Arménie est limitée au nord par la Géorgie, à l'est par l'Azerbaïdjan, au sud par l'Iran et la région autonome du Nakhitchevan (Azerbaïdjan), à l'ouest par la Turquie (voir la carte du pays).

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Un aumônier militaire français

Témoin du drame arménien

Journal de l'Abbé CHAPERON

(Cilicie 1920 – Constantinople 1921-1923)

Extrait



23 novembre 1922. Makrikeuy

Une religieuse arménienne, Sœur Suzanne, va à Constantinople à la recherche d'une de ses sœurs arrivée hier soir avec une caravane de réfugiés angoriotes. Ainsi, pendant qu'Ismet Pacha proclame solennellement à Lausanne la libérale protection de son gouvernement sur les minorités de races non musulmanes, la capitale de l'Anatolie expulse brutalement les catholiques deux fois protégés en principe par la France et par le Saint-Siège.

Mention d'une orpheline de 13 ans dont les parents ont été massacrés à Djéra, près de Brousse en septembre dernier. Sœur Joséphine l'avait recueillie dans la foule des réfugiés arméniens campés sous la tente à Ortakeuy.

24 novembre 1922. Makrikeuy

La sœur de Soezur Suzanne, avant la guerre, était riche. Mariée à un bijoutier d'Angora qui possédait trois magasins de bijouterie, horlogerie, phonographes, etc…elle possédait aussi une belle ferme dans la campagne d'Angora. En 1915, son mari fut appelé à la préfecture; derrière lui, les agents fermèrent ses trois maisons après en avoir expulsé sa famille et le personnel. Ce pauvre homme fut emmené derrière une montagne et massacré. Sa femme et ses trois enfants, 1 garçon de 9 ans, un autre de 4, une fillette de 2 furent déportés à Koniah.

Les Kémalistes ne font pas partir les Arméniens qui veulent rester, mais ils les tracassent sans cesse. C'est le régime de la terreur. Le curé catholique a été pendu pour n'avoir pas fêté dans son église la prise de Smyrne.. On a commencé par le rouer de coups pendant 3 jours, puis on l'a pendu.

30 novembre 1922. Makrikeuy

Lu dans un journal l'existence à Constantinople d'un complot arménien destiné à contraindre les puissances alliées à une intervention. On cite un tas de noms arméniens. Rien ne va à Lausanne. Poincaré semble avoir changé son fusil d'épaule. Il a répondu assez vertement à Hamid bey, qui était allé le trouver à Paris.

2 décembre 1922. Makrikeuy

Arrive le Père Lamerand. Il est venu de Brousse avant-hier avec les orphelines arméniennes des sœurs de St-Vincent de Paul. Les Turcs n'en veulent plus. On les a remises aux sœurs de Sak-Zaaleh qui les emmènent en Italie dans une maison de campagne du pape, à Castel Gandolfo.

Le Père Lamerand arrivant de Brousse donne des détails sur l'exécution du neveu de Mgr. Bahabanian, évêque de Brousse. Le neveu de Mgr. Bahabanian a été condamné pour avoir participé à un cortège en l'honneur de l'indépendance de l'Ionie. Il était curé de Brousse. On l'a massacré un dimanche matin dans un faubourg de Brousse. Le Père Lamerand, parqué dans la zone comme les autres Français n'a pu assister au massacre, mais son domestique y était et a photographié le cadavre du pauvre prêtre. On a commencé par lui couper les mains et les pieds; ensuite, d'un coup de massue, on lui a broyé le thorax. Ainsi mutilé, pendant qu'il criait encore, on l'a jeté dans une fosse n'ayant pas 30 cm de profondeur. Là, on l'a recouvert à moitié de terre. Il soupirait encore. Un Turc lui a asséné un coup de matraque sur le crâne et l'a laissé ainsi.

13 décembre 1922. Makrikeuy

Encore de pauvres gens à ma porte. C'est d'abord une jeune Arménienne d'Eski-Chéir… Elle demande du secours pour ne pas mourir de faim et de froid. C'est une jeune personne de 18 ans. Elle veut à tout prix me montrer sa jambe couverte de grosses cicatrices. Elle a été lardée de coups de couteau par un soldat turc.

14 décembre 1922. Makrikeuy.

Hier, le "Canada", pavillon français, est parti pour l'Amérique emmenant 3000 orphelins arméniens. En même temps, un cargo hellène emmenait en Grèce 2000 orphelins grecs et arméniens.

18 mars 1923, Makrikeuy.

Kambourian a fait porter chez moi un stock de brochures arméniennes dénonçant les atrocités turques. Si la police kémaliste trouvait chez un Arménien cette publication, aussitôt l'individu et les auteurs ou éditeurs seraient incarcérés puis pendus. Je dis aux sœurs d'embarquer ce colis à destination de la France avec leurs enfants, puisque c'est l'évêque Bahabanian qui a fait éditer la brochure. Elles me supplient de ne pas le faire, car elles ont trop peur des Turcs. Rentre chez moi à 8 heures. Sœur Suzanne est allée à Constantinople embarquer les colis sur l'"Ionie".

2 avril 1923. Makrikeuy

(L'abbé Chaperon déjeune chez les Pères Assomptionnistes, à Constantinople. Un vieux frère lui raconte comment quelquefois, durant ses promenades, il a rencontré des Turcs qui voulaient lui vendre des femmes, des Arméniennes capturées au moment des massacres. "Il prétend qu'en 1896, Abdul Hamid a fait massacrer 120 000 Arméniens à Constantinople en 5 heures".

24 avril 1923. Makrikeuy

Les religieuses arméniennes de l'orphelinat me disent qu'elles ont pavoisé aux couleurs turques en pensant que leur abstention pourrait entraîner pour elles les conséquences atroces qui amenèrent la mort du neveu de Mgr. Bahabanian à Brousse. Je leur fais remarquer que cette étoffe rouge des Turcs aux fenêtres des Chrétiens, c'est le spectre du sang des massacrés.

29 avril 1923. Makrikeuy

Le patriarche arménien de Constantinople me demande de l'aider à placer 75 orphelins expulsés d'Angora par les Turcs et abandonnés par la charité américaine à la date du 1er mai. Je promets de leur chercher un asile.

19 juillet 1923. Makrikeuy

On me présente une femme de 30 à 35 ans. C'est une Arménienne seule au monde. Elle est en ce moment ménagère chez deux vieux messieurs. Après l'avoir violée, les Turcs la reconduisirent dans un champ de massacre, la mirent nue, lui percèrent la poitrine à coups de baïonnette et la laissèrent pour morte parmi les cadavres. La nuit suivante, une Arménienne alla prendre la pauvre blessée, la garda chez elle, la soigna et l'envoya à Makrikeuy après guérison.

30 juillet 1923. Makrikeuy

Le frère de Grégoire Bahabanian, évêque de Césarée, est maintenant à Marseille où se trouve une importante colonie d'Angoriotes. Le 28 de ce mois, 550 Arméniens se sont embarqués pour la France à bord du "Souria".

22 septembre 1923. Makrikeuy

Je vais chez Kambourian. L'emmène déjeuner à l"Un Franc" avec sœurs Suzanne, Julienne et Euphrasie. Nous réglons nos comptes avec Kambourian pour l'envoi en France du personnel ci-après:

Katina Archanian: cuisinière

Marie Margossian: ménagère

Bédros Paboudjian et sa femme: jardiniers

Ferdinan Essabalian, cordonnier.

Ces gens prendront place sur l'Acturus le 28 courant.

23 septembre 1923.

Etabli des passeports pour 25 enfants, 5 religieuses et une veuve, que j'emmène en France.

(c'est un passeport collectif dont l'original a été retrouvé. Il comporte en 2 feuillets dactylographiés la liste des réfugiés: les noms des 25 orphelins, suivis de leur âge, sont accompagnés d'une petite photographie. Au verso du second feuillet est apposé le sceau du Consulat de France à Constantinople. Ce passeport est daté du 24 septembre 1923. Ce même jour, les réfugiés se sont embarqués à bord du Tourville, accompagnés par l'abbé Chaperon; ils sont arrivés à Marseille le 4 octobre. Ils ont été hébergés dans les locaux de l'œuvre Notre-Dame de la Montagne, à Grasse, puis à la Martre.)

Fin du Journal.

Extrait du livre de Raymond Boyer publié en juillet 1996 par L'Institut Euroméditerranéen pour l'Arménie.

L'abbé Chaperon fut un intrépide fondateur et animateur d'un orphelinat de garçons arméniens en lendemain du génocide.



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Le samedi 24 avril 1915, à Istamboul, capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier du XXe siècle. Il va faire environ 1,2 million de victimes dans la population arménienne de l'empire turc.

Un empire composite
Aux premiers siècles de son existence, l'empire ottoman comptait une majorité de chrétiens (Slaves, Grecs, Arméniens, Caucasiens, Assyriens....). Ils jouaient un grand rôle dans le commerce et l'administration, et leur influence s'étendait au Sérail, le palais du sultan. Ces «protégés» (dhimmis en arabe coranique) n'en étaient pas moins soumis à de lourds impôts et avaient l'interdiction de porter les armes.

Les premiers sultans, souvent nés d'une mère chrétienne - esclave du harem de leur père -, témoignaient d'une relative bienveillance à l'égard des Grecs orthodoxes et des Arméniens monophysites.

Ces derniers étaient surtout établis dans l'ancien royaume d'Arménie, au pied du Caucase, premier royaume de l'Histoire à s'être rallié au christianisme ! Ils étaient majoritaires aussi en Cilicie, une province du sud de l'Asie mineure que l'on appelait parfois «Petite Arménie». On en retrouvait aussi à Istamboul ainsi que dans les villes libanaises et à Jérusalem.

L'empire ottoman comptait environ 2 millions d'Arméniens à la fin du XIXe siècle sur une population totale de 36 millions d'habitants.

Ébauche de génocide
Dans les années qui précèdent la Grande Guerre, la décadence de l'empire ottoman s'accélère après une tentative de modernisation par le haut dans la période du Tanzimat, entre 1839 et 1876. Le sultan Abdul-Hamid II n'hésite pas à attiser sans vergogne les haines religieuses pour consolider son pouvoir (les derniers tsars de Russie font de même dans leur empire).

Entre 1894 et 1896, comme les Arméniens réclament des réformes et une modernisation des institutions, le sultan en fait massacrer 200.000 à 250.000 avec le concours diligent des montagnards kurdes.

Un million d'Arméniens sont dépouillés de leurs biens et quelques milliers convertis de force. Des centaines d'églises sont brûlées ou transformées en mosquées... Rien qu'en juin 1896, dans la région de Van, au coeur de l'Arménie historique, pas moins de 350 villages sont rayés de la carte.

Ces massacres planifiés ont un avant-goût de génocide. L'Américain George Hepworth enquêtant sur les lieux deux ans après les faits, écrit : «Pendant mes déplacements en Arménie, j'ai été de jour en jour plus profondément convaincu que l'avenir des Arméniens est excessivement sombre. Il se peut que la main des Turcs soit retenue dans la crainte de l'Europe mais je suis sûr que leur objectif est l'extermination et qu'ils poursuivront cet objectif jusqu'au bout si l'occasion s'en présente. Ils sont déjà tout près de l'avoir atteint» (*).

Les Occidentaux se contentent de plates protestations mais le crime ne profite guère au sultan. Celui-ci tente de jouer la carte de chef spirituel de tous les musulmans en sa qualité de calife. Il fait construire le chemin de fer du Hedjaz pour faciliter les pèlerinages à La Mecque. Il se rapproche aussi de l'Allemagne de Guillaume II. Mais il est déposé en 1909 par le mouvement nationaliste des «Jeunes-Turcs» qui lui reprochent de livrer l'empire aux appétits étrangers et de montrer trop de complaisance pour les Arabes.

Les «Jeunes-Turcs» veulent se démarquer des «Vieux-Turcs» qui, au début du XIXe siècle, s'opposèrent à la modernisation de l'empire.

Ils installent au pouvoir un Comité Union et Progrès (CUP, en turc Ittihad) dirigé par Enver pacha (27 ans), sous l'égide d'un nouveau sultan, Mohamed V.

Ils donnent au pays une Constitution... ainsi qu'une devise empruntée à la France: «Liberté, Égalité, Fraternité».

Ils laissent espérer un sort meilleur aux minorités de l'empire, sur des bases laïques. Mais leur idéologie emprunte au nationalisme le plus étroit.

Confrontés à un lent démembrement de l'empire multinational et à sa transformation en puissance asiatique (l'empire ne possède plus en Europe que la région d'Istamboul), ils se font les champions du «touranisme». Cette idéologie prône l'union de tous les peuples de langue turque ou assimilée, de la mer Égée aux confins de la Chine (Anatolie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, etc) (*).

Dès 1909, soucieux de créer une nation turque racialement homogène, les Jeunes-Turcs multiplient les exactions contre les Arméniens d'Asie mineure. On compte ainsi 20.000 à 30.000 morts à Adana le 1er avril 1909...

Les Jeunes-Turcs lancent des campagnes de boycott des commerces tenus par des Grecs, des Juifs ou des Arméniens. Ils réécrivent l'Histoire en occultant la période ottomane, trop peu turque à leur goût, et en rattachant la race turque aux Mongols de Gengis Khan, aux Huns d'Attila, voire aux Hittites de la haute Antiquité. Ce nationalisme outrancier ne les empêche pas de perdre les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913.

La Turquie dans la guerre de 1914-1918
Le 8 février 1914, la Russie impose au gouvernement turc une commission internationale destinée à veiller aux bonnes relations entre les populations ottomanes. Les Jeunes-Turcs ravalent leur humiliation mais lorsque la Grande Guerre éclate, en août de la même année, ils poussent ils poussent le sultan Mahomet V à entrer dans le conflit, aux côtés des Puissances centrales (Allemagne et Autriche), contre la Russie et les Occidentaux.

Le sultan déclare la guerre le 1er novembre 1914. Les Turcs tentent de soulever en leur faveur les Arméniens de Russie. Mal leur en prend... Bien qu'en nombre supérieur, ils sont défaits par les Russes à Sarikamish le 29 décembre 1914.

L'empire ottoman est envahi. L'armée turque perd 100.000 hommes. Elle bat en retraite et, exaspérée, multiplie les violences à l'égard des Arméniens dans les territoires qu'elle traverse. Les Russes, à leur tour, retournent en leur faveur les Arméniens de Turquie. Le 7 avril 1915, la ville de Van, à l'est de la Turquie, se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome.

Dans le même temps, à l'initiative du Lord britannique de l'Amirauté, un certain Winston Churchill, les Français et les Britanniques préparent un débarquement dans le détroit des Dardanelles pour se saisir d'Istamboul.

Le génocide
Les Jeunes-Turcs profitent de l'occasion pour accomplir leur dessein d'éliminer la totalité des Arméniens de l'Asie mineure, qu'ils considèrent comme le foyer national exclusif du peuple turc. Ils procèdent avec méthode et brutalité.

L'un de leurs chefs, le ministre de l'Intérieur Talaat Pacha, ordonne l'assassinat des Arméniens d'Istamboul puis des Arméniens de l'armée, bien que ces derniers aient fait la preuve de leur loyauté (on a ainsi compté moins de désertions chez les soldats arméniens que chez leurs homologues turcs). C'est ensuite le tour des nombreuses populations arméniennes des sept provinces orientales (les Arméniens des provinces arabophones du Liban et de Jérusalem ne seront jamais inquiétés).

Voici le texte d'un télégramme transmis par le ministre à la direction des Jeunes-Turcs de la préfecture d'Alep : «Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici».

Le gouvernement destitue les fonctionnaires locaux qui font preuve de tiédeur, ainsi que le rapporte l'historien britannique Arnold Toynbee, qui enquêta sur place.

Dans un premier temps, les agents du gouvernement rassemblent les hommes de moins de 20 ans et de plus de 45 ans et les éloignent de leur région natale pour leur faire accomplir des travaux épuisants. Beaucoup d'hommes sont aussi tués sur place.

La «Loi provisoire de déportation» du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire de la déportation des survivants ainsi que de la spoliation des victimes.

Dans les villages qui ont été quelques semaines plus tôt privés de leurs notables et de leurs jeunes gens, militaires et gendarmes ont toute facilité à réunir les femmes et les enfants. Ces malheureux sont réunis en longs convois et déportés vers le sud, vers Alep, une ville de la Syrie ottomane.

Les marches se déroulent sous le soleil de l'été, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux. Elles débouchent en général sur une mort rapide.

Survivent toutefois beaucoup de jeunes femmes ou d'adolescentes (parmi les plus jolies) ; celles-là sont enlevées par les Turcs ou les Kurdes pour être vendues comme esclaves ou converties de force à l'islam et mariées à des familiers (en ce début du XXIe siècle, beaucoup de Turcs sont ainsi troublés de découvrir qu'ils descendent ainsi d'une jeune chrétienne d'Arménie arrachée à sa famille et à sa culture).

En septembre, après les habitants des provinces orientales, vient le tour d'autres Arméniens de l'empire. Ceux-là sont convoyés vers Alep dans des wagons à bestiaux puis transférés dans des camps de concentration en zone désertique où ils ne tardent pas à succomber à leur tour.

Au total disparaissent pendant l'été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.

Les Européens et le génocide
En Occident, les informations sur le génocide émeuvent l'opinion mais le sultan se justifie en arguant de la nécessité de déplacer les populations pour des raisons militaires !

Le gouvernement allemand, allié de la Turquie, censure les informations sur le génocide. L'Allemagne entretient en Turquie, pendant le conflit, une mission militaire très importante (jusqu'à 12.000 hommes). Et après la guerre, c'est en Allemagne que se réfugient les responsables du génocide, y compris Talaat Pacha.

Ce dernier est assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien. Mais l'assassin sera acquitté par la justice allemande, preuve si besoin est d'une réelle démocratisation de la vie allemande sous le régime républicain issu de Weimar !

Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l'empire ottoman prévoit la mise en jugement des responsables du génocide. Mais le sursaut nationaliste de Moustafa Kémal bouscule ces bonnes résolutions et entraîne une amnistie générale, le 31 mars 1923.

Les nazis tireront les leçons du premier génocide de l'Histoire et de cette occasion perdue de juger les coupables... «Qui se souvient encore de l'extermination des Arméniens ?» aurait lancé Hitler en 1939, à la veille de massacrer les handicapés de son pays (l'extermination des Juifs viendra deux ans plus tard).

À la vérité, c'est seulement dans les années 1980 que l'opinion publique occidentale a retrouvé le souvenir de ce génocide, à l'investigation de l'Église arménienne et des jeunes militants de la troisième génération, dont certains n'ont pas hésité à recourir à des attentats contre les intérêts turcs.

Les historiens multiplient depuis lors les enquêtes et les témoignages sur ce génocide, le premier du siècle. Le cinéaste français d'origine arménienne Henri Verneuil a évoqué dans un film émouvant, Mayrig, en 1991, l'histoire de sa famille qui a vécu ce drame dans sa chair.

André Larané.
Commentaire : les Turcs et le génocide
Les «Jeunes Turcs» sont à l'origine du sentiment national turc. Ils ont permis l'émergence d'une grande nation. Mais ils sont aussi responsables de l'extermination de la plus grande partie des chrétiens arméniens d'Asie mineure en 1915.
En 1923, le général Moustafa Kémal a parachevé la «turcisation» de la Turquie en expulsant les Grecs qui y vivaient depuis la haute Antiquité. Istamboul, ville aux deux-tiers chrétienne en 1914, est devenue exclusivement turque et musulmane après cette date. Depuis lors, les gouvernements turcs s'obstinent à ne pas vouloir reconnaître le génocide arménien. C'est le cas aussi de la presque totalité des citoyens de ce pays. Qu'ils appartiennent à la minorité laïque ou à la majorité islamiste, ils ne veulent rien renier du nationalisme et de l'idéologie raciale de Moustafa Kémal et des Jeunes Turcs.
Les Turcs les plus accommodants attribuent la responsabilité des massacres à un régime disparu, le sultanat, ou aux aléas de la guerre. Ils font aussi valoir que ces massacres ne visaient pas à l'extermination du peuple arménien et en donnent pour preuve que les Arméniens de Jérusalem et du Liban n'ont pas été affectés. Ils relativisent le drame et le comparent par exemple aux méfaits de la guerre d'Algérie. Enfin, la plupart des Turcs considèrent -sans doute à tort- que leur nation s'affaiblirait en reconnaissant la réalité du génocide.
Une émission de Canal Académie
Une page du génocide arménien
Raphaël Stainville nous livre un témoignage sur les massacres de 1909 en Turquie, préludes au génocide de 1915...

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Message non luPosté: 25 Nov 2009, 17:05 
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http://www.youtube.com/watch?v=K-o3tqHc5O8&feature=related

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Message non luPosté: 26 Nov 2009, 14:39 
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C'est bien vrai que l'Arménie a beaucoup souffert.

Cathy


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Message non luPosté: 26 Nov 2009, 14:46 
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Une question Edi, qui de tes parents est Arménien ?


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Message non luPosté: 26 Nov 2009, 14:47 
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nataschas06 a écrit:
Une question Edi, qui de tes parents est Arménien ?


toute la famille du coté de mon grand père .

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Message non luPosté: 02 Déc 2009, 16:27 
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edi a écrit:
nataschas06 a écrit:
Une question Edi, qui de tes parents est Arménien ?


toute la famille du coté de mon grand père .


La famille de mon père est d'origine arménienne aussi. L'un de mes arrière-grands-pères, Alexandre Ter-Iohanessian, était prêtre de l'Eglise Arménienne près de Shushi. Pendant le génocide des années 20, la famille a pris la fuite et s'est refugiée finalement en Russie. En Russie soviétique (ou bien l'URSS), mon arriere-grand-père a coupé sa barbe et commencé travailler comme chauffeur de bus. Ma grande-mère paternelle comme ses frères et soeurs n'ont jamais pu entrer à l'Université, car, au début, l'enseignement supérieur était interdit pour les descendants des familles cléricales et nobles. Mon père s'est marié à une femme russe, ma mère. Il ont visité l'Arménie il y a des années. Quand à moi, je n'y suis jamais allée, et je n'irai sûrement jamais.


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Message non luPosté: 02 Déc 2009, 16:41 
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Localisation: le gard
http://www.youtube.com/watch?v=fj2F0ivh ... L&index=30
http://www.youtube.com/watch?v=8RQSbRK5 ... re=related
Voici qui le mieux parle de sa patrie .

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Encore dans un souci de vérité?
Si vous chercher un coupable ?
Regardez seulement dans un miroir ....
un petit sourire ........


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