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Message non luPosté: 07 Oct 2014, 08:50 
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Brésil, pays du transféminicide : une expression de la place du féminin dans nos sociétés

Alors que le Brésil élira le 26 octobre son ou sa futur-e président-e, notre contributrice, sociologue dans l'État de Rio Grande do Norte, a souhaité évoquer une thématique peu abordée lors des débats : les transféminicides. Au Brésil, les assassinats de personnes trans sont encore trop nombreux à ses yeux. À quoi sont dues ces violences ? Décryptage de Berenice Bento.

Au Brésil, la population trans (travestis, transsexuels et transgenres) est quotidiennement décimée. En règle générale, les meurtres commis contre les trans sont comptabilisés (de façon erronée, à mon sens) dans un comptage global de violences commises contre les LGBT.

Une politique d'élimination des trans

Je qualifie ces assassinats de transféminicides, au sens où l'origine de ces violences découle du genre (le concept de "feminicidio" a été employé initialement pour qualifier des assassinats en série de femmes mexicaines).

Selon l'ONG Transgender Europe, le Brésil est le pays dans lequel le nombre de meurtres de travestis et de transsexuels est le plus élevé au monde.

Entre janvier 2008 et avril 2013, 486 morts ont été comptabilisés, soit quatre fois plus qu'au Mexique, le deuxième pays cité dans la liste en nombre de cas recensés. L'année 2013 dénombre 121 cas de travestis et transsexuels massacrés au Brésil. Ces chiffres mésestiment la réalité. Chaque jour nous parviennent, via les réseaux sociaux, des récits de jeunes transsexuels ou travestis sauvagement torturés et assassinés.

Le transféminicide se caractérise par une politique éparse, intentionnelle et systématique d'élimination de la population trans au Brésil, avec pour mobiles la haine et le dégoût. Combien de morts pour parvenir à cette conclusion ?

Une expression de la place du féminin dans nos sociétés

Au Brésil, aucune source d'information n'est totalement crédible. Il existe, au demeurant, grâce au relais de certaines ONG, un suivi d'activistes LGBT, ainsi que des articles de presse mentionnant la mort violente de telle ou telle personne LGBT. Dans ces articles, la personne trans, citée par son prénom masculin, est désignée comme "le travesti".

Ces personnes, dans l'entendement conceptuel général, sont considérées comme des victimes de l'homophobie.

Je pense, à l'inverse, que la mort des femmes trans est une expression hyperbolique de la place du féminin dans nos sociétés.

Une violence plus cruelle à l'égard du féminin

Si le féminin représente ce qui est dévalorisé socialement, quand ce féminin est incarné dans des corps nés avec un pénis, il se produit un débordement de la conscience collective, structurée autour de la croyance que l'identité de genre est l'expression du désir de chromosomes et d'hormones.

Quelle est la signification de ce débordement ? Qu'il n'existe pas d'appareil conceptuel, linguistique, justifiant l'existence des personnes trans.

Même parmi les gays, il est notoire que la violence la plus cruelle est commise envers ceux qui performatisent une stylistique corporelle proche du féminin. Il existe, par conséquent, quelque chose de polluant et de contaminant dans le féminin (comprenant divers stades d'exclusion) qui mérite d'être plus sérieusement étudié.

Un processus d'exclusion de la naissance à la mort

Toute sa vie, la personne trans lutte pour se voir reconnaître un genre différent de celui imposé à la naissance ; pourtant, elle sera considérée homme lors de sa mort, et même la comptabilité des morts effectuée par les activistes n'insiste guère sur la dimension du genre. Il y a un processus continu d'élimination et d'extinction de la personne assassinée.

Le processus d'exclusion des personnes trans débute très tôt. Lorsque les familles découvrent que le fils ou la fille se rebelle contre la "nature", qu'il désire des vêtements et des jouets qui ne correspondent par à son genre, alors la réaction classique pour "le réparer" est le recours à la violence.

Le plus souvent, les personnes fuient le domicile familial entre 13 et 16 ans, trouvent ensuite dans la prostitution l'espace social qui leur permet de survivre financièrement et de construire des réseaux de socialisation.

Six occurrences qui caractérisent le transféminicide

Dans une tentative liminaire pour caractériser le transféminicide, je suis parvenue à six occurrences :

1. La motivation de l'assassinat est le genre, non la sexualité de la victime. Comme nous savons, les pratiques sexuelles sont invisibles car elles se déroulent dans l'intimité, dans l'alcôve. Le genre, cependant, ne peut exister sans reconnaissance sociale. Il ne suffit pas de dire "je suis une femme", il est nécessaire que l'autre considère ce désir de reconnaissance comme légitime. Le transféminicide serait l'expression la plus puissante et la plus tragique du caractère politique des identités de genre. La personne est assassinée non seulement parce qu'elle rompt ses liens avec la destinée naturelle de son corps-générique, mais parce qu'elle le fait publiquement.

2. La mort ritualisée. Une balle fatale, un coup de poignard ajusté ou un viol létal ne suffisent pas. Les corps sont mutilés par des dizaines de coups de couteaux, par d'innombrables tirs. Les corps sont écartelés par le poids du véhicule qui les écrasent, à plusieurs reprises.

3. L'absence de poursuites pénales. Considérant qu'il s'agit d'une impunité absolue, l'on en déduit un désir social d'élimination de l'existence trans, en connivence avec l'État brésilien.

4. Les familles des personnes trans réclament rarement les corps. Il n'existe ni deuil, ni mélancolie.

5. Leurs identités de genre ne sont respectées ni dans le certificat du légiste, ni dans la préparation du corps, ni dans l'acte de décès. La personne assassinée réintègre le genre imposé, réitérant, de la sorte, le pouvoir du genre selon la loi qui organise et distribue les corps (vivants ou morts) dans les structures sociales.

6. Les morts se produisent dans des espaces publics, principalement dans des rues désertes, la nuit.

Je suggère de considérer que la principale fonction sociale de ce type de violence relève du spectaculaire, pour l'exemple. Les corps défigurés sont importants, dans la mesure où ils contribuent à maintenir la cohésion et la reproduction de la loi du genre, laquelle établit que nous sommes ce que nos organes génitaux déterminent.

De la même façon que la société réclame des modèles exemplaires, des héros, les non-exemplaires, les parias, les êtres "abjects" sont également structurants pour un modèle de sujets qui ne doivent plus habiter la nation.

http://leplus.nouvelobs.com/contributio ... ietes.html


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Message non luPosté: 07 Oct 2014, 13:57 
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Inscription: 12 Juil 2010, 17:03
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Localisation: livradois mais Sainté y a moyen !
Le féminicide en général semble être un des aspect majeurs de l'extermination des non-rentables et des non- valeurs, d'abord évidemment dans les pays sans accumulation (où les citoyens ne valent pas un pet, en d'autres mots). Voir cet article récent sur contretemps
http://www.contretemps.eu/interventions ... ontre-femm

ou ce que j'en disais là :
http://lapetitemurene.over-blog.com/art ... 88527.html

Je crois que se limiter à une interprétation subjective et identiste de la misogynie et de la transmisogynie (voir encore une fois Julia Serano), ne pas lier la question de genre à la question sociale et de l'économie politique, sans parler de faire confiance àu monde du droit, c'est se condamner nous-mêmes à ne pas pouvoir critiquer ni combattre, ni peut-être même fuir, ce qui est en train de nous anéantir.

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La fem-garoue ! Toujours aussi mal épilée, toujours intenable malgré ses rhumatismes les nuits de pleine lune et les jours de révolution sociale. Et pis aussi, faut bien le dire, quand y a du bon vieux punk-rock raisonnablement mélodique des années 80...


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Message non luPosté: 07 Oct 2014, 16:08 
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Inscription: 12 Juil 2010, 17:03
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Localisation: livradois mais Sainté y a moyen !
En outre, j'ai un eu du mal à voir en quoi avec les chiffres mis en exergue (mais il faut voir que tous les chiffres de la violence envers les femmes sont sous estimés), le Brésil se classerait particulièrement mal. En france, il y a bon an mal an plusieurs dizaines de meurtres de transses, même si leur notoriété ne dépasse en général pas la page faits divers des quotidiens régionaux quand les bagarres au bal trad' viennent à se tarir. Les nouvelles qui viennent de pays certes très peuplés comme l'Inde, la Malaisie, semblent laisser inférer des collègues tuées par milliers chaque année. Et si on se réfère aux chiffres généraux de féminicides, oui, l'amérique latine, avec son état de guerre civile économique non déclarée dans plusieurs pays, est particulièrement meurtrière, mais il semble que l'élimination des pauvres en général des femmes en particulier, batte encore plus son plein en afrique subsaharienne (il faut bien nourrir la croissance éphémère de ces "lions" avec la disparition des non rentables qui par leur seule présence la font chuter). Je veux dire, plus la région est pauvre et déjà condamnée par le repli économique, plus la violence est effective. Je pense que le Brésil paie son aura latina, mais je crois qu'il y a pire - cela dit, quand "l'émergence" du Brésil aura sombré pour de bon, là ce sera la guerre et le massacre.

Je veux dire, d'une part il faut prendre je pense ça comme un phénomène d'ensemble, et d'autre part en finir avec l'approche "sociétale" qui minimise et dépolitise profondément une situation qui est en train de tourner fort mal.

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Message non luPosté: 07 Oct 2014, 16:25 
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Inscription: 22 Mai 2007, 07:08
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D'ailleurs, l'argument des chiffres est repris par un des commentaires.
Tout chiffre en ce qui concerne "les trans" aura tendance à donner l'idée d'une minorité et d'ignorer l'enjeu globale de l'inégalité de pouvoir fruit de la division politique de la société qui crée l'idée de "l'étrange", "l'anormale", le "déchet à éliminer"...


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Message non luPosté: 08 Oct 2014, 14:41 
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Inscription: 12 Juil 2010, 17:03
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Localisation: livradois mais Sainté y a moyen !
Wais non, en fait - une fois étudiés les chiffres des meurtres en france et au brésil, et même en prenant en comte l'existence d'une marge non reconnue, le rapport probable reste de bien un à cinq ou six en défaveur du brésil, qui est moins peuplé que je le croyais. Et si on cause de toutes les morts induites là je ne sais pas ce qu'il en est (je pense qu'il n'y a pas de chiffres).

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Message non luPosté: 26 Oct 2014, 18:18 
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Inscription: 13 Avr 2012, 21:10
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Localisation: pres de Jyon Grrrr
saluts les "théoriciennes" (amical)
donc etre FtM au bresil c'est quasi sans souci ? (ce serait déjà ça)
pour MtF tout ou presque n'est du qu'au machisme latin qui considere que la femme est un sous etre, un bout de côte, une côte bis (moins qu'une biscotte :oops: )
et que donc toute personne se prétendant femme et le revendiquant est encore pire qu'une femme naturellement venue au monde et qui finalement n'y est pour rien et n'en revendique pas davantage et meme dit merci quand on l'assomme ?

Il y a une énorme part de vrai évidente dans ce que je lis de vos échanges, rien de rassurant, surtout pour toutes ces petites jeunes (écervelées?) qui ne se préoccupent que de trouver vite le bon chir pour se faire raccommoder dans le sens inverse du travail de la nature, alors que la menace (sauron?) se répand.

Amitiés

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jamgie = angelline,angellinne,samyda,cleopotra,suzie-cute,jamie
je garde "ni muse ni soustype" car c'est du Angelline copyright
pour le reste, je garde le 7, mais ici ce sera 1111111
Emprunt « [b][size=85]Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront[/size][/b]. » R.C.
Mon expérience vaut largement celle de tous les charlots du monde et je n'ai QUE des ami(e)s


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