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 Sujet du message: le génocide de srebrenica
Message non luPosté: 30 Oct 2009, 19:57 
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Génocide de Srebrenica
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Srebrenica était une petite bourgade tranquille dans l'Est de la Bosnie herzégovine. Srebrenica était une ville mixte, peuplée comme beaucoup d'autres villes de Bosniaques et de Serbes, certainement aussi de quelques Croates. Tout près de la frontière serbe, on y menait une vie essentiellement rurale. Aujourd'hui le nom de Srebrenica est évoqué comme "le plus grand massacre commis en Europe depuis la seconde guerre mondiale". Ce massacre a été qualifié de génocide par la Communauté internationale. Retraçons la chronologie des faits.


Le siège

En 1992, les Tchetniks (soldats nationalistes serbes complètement fanatisés) lancent une offensive sur la majeure partie de la Bosnie et se rendent rapidement maîtres des trois quarts du territoire, se livrant au nettoyage ethnique des régions conquises. Srebrenica fait partie des quelques villes qui, bien que se trouvant sur le territoire "conquis", résistent tant bien que mal, et plutôt mal que bien, à l'agresseur. Srebrenica et ces quelques villes sont appelées "les enclaves", villes assiégées où les conditions de vie sont extrêmement difficiles, et qui sont devenues les symboles de la Bosnie agonisante sous les yeux du monde entier.

Au début sans armes, les Bosniaques de Srebrenica réussissent à se constituer une petite armée sous la tutelle du chef Naser Oric. Après quelques bombardements, le siège de la ville s'installe pour de bon, inexorablement. En mars 1993, alors que les Tchetniks s'apprêtent à lancer une offensive sur la ville, le général Philippe Morillon, commandant de la FORPRONU, entre dans Srebrenica et déclare aux habitants une phrase devenue célèbre : "Je ne vous abandonnerai jamais". Il est indéniable que ce jour-là, le général français a réellement sauvé les habitants d'un premier génocide. Au mois de mai de cette année 1993, l'ONU institue des "zones de sécurité" autour des fameuses enclaves. "Sécurité", ce terme peut faire sourire quand on sait que l'histoire se conclurait par un génocide. Un bataillon de Casques bleus est mis en place à la base militaire de Potocari, petite ville à deux pas de Srebrenica. Et la zone est officiellement démilitarisée, en principe il est interdit d'y porter des armes. Mais vu la mollesse et la naïveté qui caractérisent les dirigeants de l'ONU à l'époque, il n'est pas bien difficile d'enfreindre l'interdiction. Les deux armées, serbe et bosniaque, conservent donc tout leur armement et se livrent régulièrement à des combats meurtriers. Nous devons aussi dire que Naser Oric, le chef de la défense bosniaque (qui avait été autrefois garde du corps personnel de... Slobodan Milosevic !), se rend malheureusement coupable d'exactions dans les villages serbes des alentours, perpétrant notamment des massacres de civils le jour de la Noël orthodoxe.

La situation reste catastrophique à Srebrenica. A tel point que quand les Casques bleus envisagent de se retirer, les mères et les enfants de la ville s'allongent sur la route, sur le bitume, pour empêcher le passage des véhicules militaires. L'aide humanitaire arrive au compte goutte, et les Serbes en prennent systématiquement la moitié. De même, des réfugiés bosniaques affluent par milliers, régulièrement, pensant trouver refuge dans Srebrenica, et loin d'imaginer le génocide à venir. La vie des Casques bleus, à Potocari, est très rude également, ils manquent régulièrement de vivres, et doivent souvent faire face à des agressions armées.
Le génocide

En 1995, les choses s'accélèrent. Ratko Mladic, le général de l'armée serbe, décide d'en finir avec ces enclaves. Il se croit tout puissant et invincible, à tel point qu'il n'hésite pas à prendre des Casques bleus en otage et à marchander leur libération. Et l'ONU, fidèle à sa ligne de conduite, obéit sans discuter. Au printemps 1995, aussi stupéfiant que cela puisse paraître, Naser Oric et son armée quittent Srebrenica, laissant la population locale sans défense. Nous reviendrons sur cet événement mystérieux par la suite. Les habitants, désormais sans protection (car la protection des Casques bleus, soyons sérieux, n'en est pas une), choisissent plusieurs voies pour se tirer d'affaire. Certains décident d'aller directement frapper à la porte des Casques bleus, dans la base militaire voisine de Potocari, afin d'y implorer refuge. D'autres préfèrent tenter de rejoindre la ville de Tuzla, distante d'une centaine de kilomètres, par leurs propres moyens, c'est à dire à pied à travers la foret, opération très risquée étant donnée que la région est complètement minée. D'autres enfin préfèrent attendre à l'intérieur de la ville.

Mais les Serbes entrent impunément, eux aussi, dans la base militaire de Potocari. Et sous les yeux des 600 Casques bleus hollandais, les soldats serbes séparent les familles : les femmes et les enfants sont embarqués dans des bus en direction de la zone bosniaque, tandis que les hommes sont maintenus prisonniers. Les Casques bleus laissent faire la triste besogne sans oser protester.

Dans le même temps, les fuyards ont formé une longue colonne pour rejoindre Tuzla. Marcher en colonne était le seul moyen pour éviter les mines anti-personnel. Mais une colonne de plusieurs milliers d'hommes, ça passe difficilement inaperçu. Les Serbes la localisent rapidement et envoient des obus dans le tas. Les hommes courent dans toutes les directions dans la forêt et marchent par centaines sur les mines anti-personnelles. Les Serbes, qui savent quelles sont les zones minées, avancent plus facilement dans la forêt et capturent les fuyards. Ces milliers d'hommes sont tués sur place, au fusil, ou à l'arme blanche, ou pendus dans les arbres.

A Potocari, les Serbes ne se satisfont pas des prisonniers, ils veulent vider la ville. Ils volent les équipements de l'ONU et, se faisant passer pour des Casques bleus, exhortent les habitants de Srebrenica à quitter la ville, les assurant qu'ils sont désormais en sécurité. Ils forcent également quelques Bosniaques à prendre le porte-voix pour appeler leurs frères. Les jours qui suivent ne sont que massacres, du 11 au 15 juillet, ces milliers d'hommes sont abattus.

Les corps sont enterrés dans trois ou quatre immenses charniers. Mais Ratko Mladic réalise qu'il serait catastrophique pour lui si l'ONU venait à découvrir ces charniers. Alors il les fait rouvrir au tractopelle afin d'éparpiller les milliers de corps dans des charniers plus nombreux et plus distants. Mais la communauté internationale apprend très rapidement l'ampleur du carnage, et cet événement marquera en effet la fin de l'offensive serbe, puisque l'OTAN prendra le relais de l'ONU. Et l'OTAN est beaucoup moins indulgent et diplomate que l'ONU.

Nombre de victimes

Discuter du nombre de victimes est assez indécent, mais il faut bien le faire. Ratko Mladic disait quelques jours après le génocide qu'il y avait eu "quelques combats faisant une centaine de morts"... Les chiffres les plus bas parlent de 1000 ou 2000 morts, les plus élevés vont jusqu'à 15 000. D'après les nombreuses enquêtes réalisées par l'ONU et d'autres organismes indépendants, il est probable que le nombre de victimes se situe entre 8000 et 10 000.
Le point obscur

Dans toute cette histoire, le point le plus obscur, c'est de comprendre pour quelle raison Naser Oric, qui assurait la défense de la ville, a quitté ses fonctions avec son armée en 1995, abandonnant ainsi la population... Certains disent qu'il était question, à ce moment-là, d'un échange de territoires. Srebrenica était donnée aux Serbes, qui de leur côté auraient donné des territoires aux Bosniaques aux alentours de Sarajevo. Il semblerait alors que Naser Oric se serait retiré de Srebrenica car il déplorait cet échange et ne voulait pas en être complice. Explication peu probable tout de même.

Beaucoup de mauvaises langues ont également affirmé que c'est Alija Izetbegovic, le président des Bosniaques, qui aurait demandé que Naser Oric se retire afin de déclencher volontairement un massacre de grande ampleur, puisqu'un tel génocide sonnerait l'intervention de l'OTAN. Explication honteuse que nous ne pouvons pas partager. Précisons d'ailleurs qu'Izetbegovic n'aurait pas pu réaliser ce plan sans la complicité de l'ONU, et on ne peut tout de même pas soupçonner l'ONU d'avoir provoqué ce génocide (même s'ils n'ont rien fait pour l'empêcher).

Pour terminer avec Naser Oric, après la guerre de Bosnie il a monté une salle de sport à Tuzla. Accusé de crimes de guerres, il a été condamné à deux ans de prison en première instance, et acquitté en appel, bénéficiant de beaucoup de circonstances atténuantes. Il est aujourd'hui considéré comme un héros par les Bosniaques, et comme un fou sanguinaire par les Serbes.
La qualification de génocide

Le TPIY (Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie) a qualifié le massacre de Srebrenica de "génocide". Certains ont protesté, jugeant abusive cette qualification. En théorie un génocide est une extermination planifiée et organisée d'une population ethnique. L'extermination des Bosniaques répondait-elle à cette définition ? Le TPIY a jugé que oui, et cette décision a été approuvée en février 2007 par l'ONU.
Srebrenica après la guerre

Après la guerre de Bosnie, Srebrenica s'est repeuplée... uniquement de Serbes dans un premier temps. D'ailleurs Srebrenica se trouvait (et se trouve encore aujourd'hui) sur le territoire de la République serbe de Bosnie, et donc sous contrôle serbe. Mais depuis quelques années, des familles bosniaques sont revenues à Srebrenica, car on reste malgré tout attaché à sa terre natale, même après un tel cauchemar, même après un génocide. Depuis quelques temps, ces familles font pression pour que la ville passe sous l'autorité de la Fédération croato-musulmane (et donc soit exclue de la République serbe). Des manifestations de soutien ont été organisées à Sarajevo... affaire à suivre.
Responsabilité de l'ONU

Dans la base militaire de Potocari, les Tchetniks ont séparé les familles bosniaques sous les yeux des Casques bleus hollandais. Ces derniers n'ont rien fait pour les arrêter, sachant pourtant pertinemment quel sort tragique attendait les hommes... L'Association des Mères de Srebrenica a porté plainte contre l'ONU et contre le gouvernement hollandais, pour avoir failli dans leur mission de protection de la population... et non assistance à personnes en danger, en quelque sorte. L'ONU a fait valoir son immunité. Mais le plus stupéfiant... c'est que la plainte a été effectivement retenue.C'est la première fois dans l'histoire que l'ONU se retrouve sur le banc des accusés. Ceci est très récent, c'était cette semaine, le 28 novembre 2007... affaire à suivre également.
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