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Message non luPosté: 02 Juil 2021, 14:16 
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Localisation: Au pays des tielles et du mistral gagnant
Bonjour à tou.te.s,
Nous vous faisons suivre le tract de soutien à notre amie Jennifer,
femme trans incarcérée à Toulouse, ainsi qu’une infographie sur la
situation des femmes trans en prison en France. Merci de les diffuser au
maximum dans vos réseaux, et nous vous invitons à les lire publiquement
lors des événements du 8 mars et au-delà, de les imprimer, de les
distribuer, de les afficher, de les lire à la radio, et de les partager
sur les réseaux sociaux accompagnés du hashtag #freejennifer.
Solidarité féministe avec les personnes trans incarcérées !
Liberté pour Jennifer !


Version texte (voir pdf en pièce-jointe pour la version à imprimer)

LIBERTE POUR JENNIFER

NOTRE AMIE EST EN PRISON !
Nous sommes ici pour porter la voix d’une
femme, que vous avez peut-être croisée dans les rues de Toulouse, et qui
ne vous aurait pas laissé.es indifférentEs. Cette femme, c’est notre
amie Jennifer, une militante pute, queer et célébrité de quartier.
Jennifer n’a peur de rien, c’est une militante qui chassait les
putophobes à coup de gode, une sublime blonde avec la jupe la plus
courte de tout Belfort, mais aussi notre sœur, notre amie, notre
girlfriend. Si aujourd’hui elle ne peut parler en son nom c’est parce
qu’elle est incarcérée depuis 9 mois à la prison de Seysses dans la pire
des conditions : en isolement dans la prison pour hommes. Jennifer est
placée en détention provisoire, elle est poursuivie pour tentative
d’homicide contre l’homme qui l’avait violée quelques jours avant.
L’accusation de viol n’a d’ailleurs pas été retenue par cette justice
sexiste, transphobe et putophobe.

SES CONDITIONS DE DÉTENTION NE SONT PAS VIVABLES !
En l’attente de son
jugement, l’administration pénitentiaire, sous couvert de "sa sécurité"
a préféré l’enfermer seule dans 9m2. On rappelle que l’isolement est une
mesure punitive atroce et déshumanisante. Elle n’a aucun contact en
dehors des matons et des parloirs et souffre de transphobie. Plusieurs
de ses proches n’ont pas eu de permis de visite pour aller la voir. La
prison lui bloque l’accès à certains produits comme un simple lecteur
DVD ou du maquillage sans aucune raison. Ces conditions de détention
indignes et maltraitantes pèsent inévitablement sur sa santé physique et
mentale.

SORTONS JENNIFER DE L’ISOLEMENT !
Aujourd’hui, en cette journée du 8
mars, nous réclamons JUSTICE POUR JENNIFER, et pour toutes les personnes
trans’, putes incarcérées. On rappelle que le 8 mars est la journée
internationale de lutte pour les droits de TOUTES les femmes qu’elles
soient putes, trans etc. Nous sommes là pour hurler « ON VOUS CROIT, ON
VOUS SOUTIENT, ON VOUS AIME », c’est aux violeurs d’avoir peur !!!
Nous voulons sortir Jennifer de l’isolement, au sens propre comme au
figuré, alors racontons son histoire, écrivons-lui, soutenons-la,
envoyons-lui de l’argent...
Ne laissons pas la prison nous séparer de nos sœurs ! Toutes ensemble
crions :
FREE FREE JENNIFER !
Pour plus d’informations, pour savoir comment lui écrire ou la soutenir,
vous pouvez envoyer un mail à solidaritejennifer@riseup.net ou joindre
le Co.S.Co, Comité de Solidarité entre Copines.


FEMMES TRANS EN PRISON 2021, France

Les droits humains fondamentaux des détenu-es ne sont généralement pas
respectés en prison. Pour les femmes trans, le risque de privation de
droits est exacerbé par la transphobie. Il y a un gros manque
d’informations sur les conditions de détention des personnes trans en
prison en France. Malgré tout, voici un résumé de nos recherches.
Combien de personnes transgenres détenues ?
D’après le ministère de la justice : 15 à 30 personnes
Autres estimations * : 100 à 200 personnes

Réalités des femmes trans incarcérées :
• risque de mauvais traitement exacerbé par la transphobie du milieu
carcéral
• Genre non respecté
• Réassignation à l’identité civile ≠ identité genre
• Abus physiques et sexuels de la part des autres prisonniers et du
personnel de la prison
• Refus d’accès à des vêtements ou objets adaptés pour la prisonnière
• Privation des traitements médicaux adéquats (traitements hormonaux, ajustement des dosages)

Qu’est-ce que l’isolement ?

L’isolement constitue une mise à l’écart du reste de la population
générale. D’ordinaire, y sont placées les personnes impliquées dans des
affaires terroristes et de grand banditisme.
C’est un « emprisonnement dans la prison » selon la Cour européenne des
droits de l’homme. (CEDH, 4 juill. 2006, Ramirez Sanchez c. France)
Le Comité de prévention de torture du Conseil de l’Europe recommande
qu’il soit le plus court possible. La CNCDH* appelle “torture blanche”
l’isolement de longue durée.

* CNCDH : Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme

Réalités de l’isolement

• Réduction de l’accès aux services,
• ressources, privilèges (téléphone) et absence
• d’interactions sociales (promenade seule dans une cour petite et
grillagée)
• Refus d’accès à des ressources disponibles pour la population générale

• de la prison (formations, professionnelles, médicaments, occupations,
travail)

Conséquences :

- Altération des sens

- Déstabilisation des repères spatio-temporels
- Décompensation psychologique
(IPJ News, article 7 juin 2019)

Quelles sont les conditions de détention des femmes trans ?

Les femmes trans sont souvent incarcérées dans les prisons pour hommes.
En théorie, la loi française préconise que les personnes transgenres
soient incarcérées en fonction du sexe qui est inscrit sur leurs
papiers d’identités.
Dans les faits, chaque établissement décide de leur affectation comme il
le souhaite. Cette décision est souvent faite après inspection des
organes génitaux.
Elles sont alors séparées de la population générale de la prison, soit
dans un quartier spécifique (exemple à Fleury Mérogis), soit placées à
l’isolement.
(HuffingtonPost, article du 18 juin 2019)

_________________
«Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme c'est la peau.» [ Paul Valéry ]
«Courage is contagious» [ Julian Assange - WikiLeaks ]
«L’homme ne doit pas tenter de dissiper l’ambiguïté de son être mais au contraire accepter de la réaliser.» [ Simone de Beauvoir ]


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Message non luPosté: 12 Juil 2021, 12:18 
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Inscription: 12 Avr 2003, 14:09
Messages: 5758
Localisation: Au pays des tielles et du mistral gagnant
Bonjour,

Jennifer est une femme trans incarcérée à la prison de Toulouse Seysses
depuis juin 2020. Nous, collectif de soutien, avions jusqu’alors
essentiellement parlé de ses conditions de détention, dans le but
d’informer, d’alerter, et de les améliorer pour rendre son quotidien
plus digne.
Jugée le mois dernier au Tribunal de Grande Instance de Toulouse, nous
souhaitons désormais réagir sur le contenu de l’affaire qui l’a menée à
cette situation. Vous trouverez ci-dessous et en pièce jointe notre
communiqué qui fait suite à son procès.

Nous appelons à relayer son histoire et à la soutenir pour lui montrer
qu'elle n'est pas seule et que nous nous opposons à la culture du viol
perpétuée par cette décision juridique. Partageons ce texte,
écrivons-lui !

Merci pour elle
Le collectif de soutien à Jennifer


----------------------------------
Ce communiqué fait suite au procès de Jennifer qui a eu lieu au Tribunal
de grande instance de Toulouse le 10 juin 2021.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas sa situation : Jennifer est
une femme trans incarcérée à la maison d’arrêt de Seysses depuis le mois
de juin 2020. Jusqu’à présent, en tant que collectif de soutien, nous
avions fait le choix de communiquer uniquement sur ses conditions de
détention. Pour rappel elle a été placée à l’isolement dans la prison
pour hommes pendant 9 mois, sur le seul motif de sa transidentité.
L’accès aux parloirs a été très compliqué pour ses proches, l’accès aux
produits de la prison aussi, elle attend toujours un lecteur DVD
commandé en octobre. Notre priorité était donc – pour éviter des
répercussions lors de son incarcération ou de son procès – de maintenir
le lien avec elle et d’actionner tous les leviers possibles pour rendre
son quotidien plus digne. Suite à son changement d’état civil, elle a
été transférée à la Maison d’Arrêt pour Femmes, et nous continuons de
nous mobiliser pour la soutenir sur le plan matériel et émotionnel.

Aujourd’hui, nous souhaitons rendre public notre positionnement sur le
fond de l’affaire et son traitement juridique. Jennifer a été incarcérée
après avoir poignardé son violeur dans la rue. La peine prononcée à son
encontre : 5 ans d’emprisonnement dont 3 fermes, et près de 10 000€
d’indemnités à payer.
Le message du tribunal est clair : c’est pas si grave si vous êtes
violées, l’essentiel est que vous ne réagissiez surtout pas.

En juin 2020, un homme viole Jennifer. Elle fait du travail du sexe, il
lui demande une prestation, elle refuse. Il la frappe, la menace, la
viole. Il lui vole ses affaires, son argent, son téléphone. Quelques
jours plus tard, elle le reconnait dans la rue. Elle crie « c’est lui
qui m’a violée » et s’en suit une bagarre à coups de couteaux, à la fin
de laquelle le pronostic vital de l’homme est engagé. Alors que
l’agresseur prétend que Jennifer l’aurait attaqué pour de l’argent, les
témoins corroborent la version de Jennifer. Dans les faits, les
téléphones de Jennifer et de l’agresseur ont été géolocalisés au même
endroit : à l’adresse de l’agresseur. “Troublant” dit le président.
Les magistrats ont convenu : nous ne sommes pas là pour débattre du
viol. C’est pourtant le point de départ de ce qui l’a menée au tribunal
ce jour-là. Les magistrats n’étaient pas là pour débattre du viol, mais
nous en savons jusqu’aux motifs de la robe que portait Jennifer ce
soir-là.

Le Juge a souligné que Jennifer n’a pas été porté plainte au
commissariat. Que pourrait-elle attendre d’un dépôt de plainte, si tant
est qu’elle y avait eu accès ? Ses avocates l’ont expliqué : Jennifer a
tenté de porter plainte à plusieurs reprises, depuis des années. Elles
citent un ami : « C’était au moins une dizaine d’agressions par an
pendant 15 ans. Au commissariat on nous insulte, on nous dit “ les
travestis sont de sortie ”. Jennifer n’a jamais eu accès à la justice et
à la réparation. » Inutile de préciser qu’aucune plainte n’a été prise.
Jennifer est une femme trans travailleuse du sexe qui n’a jamais été
prise au sérieux par la police et la justice quant aux violences qu’elle
subit. Mais les magistrats ont convenu que ce n’était pas le lieu de
parler du viol, lors du procès d’une femme qui a attaqué son violeur.

Comment ne pas faire le lien avec les affaires de Kessy, une jeune femme
condamnée à 12 ans de prison pour avoir frappé un harceleur, lui causant
involontairement la mort, et de Valérie, condamnée pour avoir tué son
beau-père / mari suite à des années de violences sexuelles.
Le positionnement de la justice est clair : criminaliser les femmes qui
se défendent, alors que leur protection et la réparation du préjudice
qu’elles ont subi n’ont jamais été assurées ; leur colère n’est pas
acceptable, leur violence n’est pas acceptable, leur auto-défense n’est
pas acceptable, leur vengeance n’est pas acceptable. Le viol de Jennifer
n’était pas le sujet. Pourtant le viol est un crime, s’il fallait le
rappeler.

Selon l’expertise psychiatrique de Jennifer, elle présenterait une
dangerosité sociale et serait incapable de gérer sa colère sans passage
à l’acte. Cette expertise psychiatrique s’aligne avec la rhétorique
transmisogyne classique : les femmes trans seraient en fait des hommes
déguisés en femmes, et donc à ce titre seraient des usurpatrices
dangereuses et violentes. Pendant tout le procès, les magistrats n’ont
pas manqué une seule occasion de ramener Jennifer à son sexe assigné à
la naissance, pour faire d’elle la coupable idéale, dangereuse et
incontrôlable. Peu importe le fait que le point de départ de cette
histoire est un viol, ce n’est pas son violeur qui est dangereux ni tous
les auteurs des nombreuses agressions sexuelles qu’elle a vécues avant
celle-ci. Selon l’expertise psychiatrique et le tribunal, c’est bien
Jennifer qui est dangereuse.
Or, à la seule échelle de ces quatre heures de procès, elle n’a réagi ni
au mépris, ni à la violence, ni à la déshumanisation qui lui ont été
infligés. Parmi ces procédés, la transphobie crasse de mentionner son
prénom assigné à la naissance, d’utiliser un vocabulaire plus
qu’inapproprié, de rappeler qu’”au moment des faits [elle était] un
homme”, de la mégenrer de manière répétée, et de sans cesse la ramener
au fait qu’elle ne serait pas une vraie femme. En effet, alors qu’un
témoin raconte qu’il a vu une femme par terre, le président de la séance
reformule en ajoutant : “vous pensiez que c’était une femme”. Le témoin
répète : “j’ai vu une femme par terre.”

Où figure la prise en compte de toute cette violence dans son jugement ?
D’ailleurs, où figure la prise en compte de toute la violence qu’elle a
subit au cours de sa vie ? Quelle prise en compte des violences extrêmes
subies par les femmes comme Jennifer, Kessy, Valérie tout au long de
leur vie ? Quelle prise en compte des violences extrêmes subies par les
femmes trans travailleuses du sexe ?
Il n’était pas question de parler du viol ce jour là, pourtant, si
Jennifer avait été écoutée, soutenue et protégée, en serions-nous là ?


Elle a donc été condamnée à 5 ans dont 3 fermes.

Nous en appelons à votre solidarité. Racontons son histoire. Relayons ce
texte.
Ecrivons-lui. Envoyons-lui de l’argent.

Contact : solidaritejennifer@riseup.net
Cagnotte : https://www.paypal.com/pools/c/8tsUqYi4c2

_________________
«Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme c'est la peau.» [ Paul Valéry ]
«Courage is contagious» [ Julian Assange - WikiLeaks ]
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