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Réserve mondiale de semence à Svalbard


Bill Gates, Rockefeller et les géants des OGM savent quelque chose que nous ignorons.

Une chose dont on ne peut accuser le fondateur de Microsoft, Bill Gates, c’est d’être paresseux. Il programmait déjà à 14 ans, a fondé Microsoft à l’âge de 20 ans alors qu’il était encore étudiant à Harvard. En 1995, il avait été classé par Forbes comme l’homme le plus riche du monde car étant le plus gros actionnaire de Microsoft, une compagnie qu’il a transformé de facto en un monopole dans le domaine des systèmes de logiciels pour les ordinateurs personnels.

En 2006, alors que la plupart des gens dans une telle situation pourraient penser à se retirer sur une île calme du Pacifique, Bill Gates décida de consacrer son énergie à sa Fondation Bill et Melinda Gates, la plus grande fondation privée ’transparente’, comme il le dit, avec un Bond de $ 34,6 milliards et une nécessité juridique de dépenser $ 1,5 milliards par an en projets caritatifs à travers le monde pour maintenir son statut d’organisme de bienfaisance et exempté de taxes. En 2006, un cadeau provenant d’un ami et associé d’affaires, le méga investisseur Warren Buffett, cadeau d’une valeur d’environ $ 30 milliards en actions de la compagnie de Buffett, Berkshire Hathaway, place la fondation Gates fondation dans la catégorie où elle dépense presque le montant de l’ensemble du budget annuel de l’Organisation Mondiale de la Santé, des Nations-Unies.

Donc, lorsque Bill Gates décide, via la Fondation Gates, d’investir quelque 30 millions $ de son argent durement gagné dans un projet, cela vaut la peine d’y jeter un coup d’oeil.

Aucun projet n’est plus intéressant pour le moment qu’un curieux projet dans l’un des endroits les plus reculés du monde, Svalbard. Bill Gates investit des millions dans une banque de semences sur la mer de Barents, près de l’océan Arctique, à quelque 1100 kilomètres du pôle Nord. Svalbard est un morceau de roche dénudée revendiqué par la Norvège et cédée en 1925 par un traité international.

Sur cette île oubliée de Dieu - Bill Gates investit des dizaines de ses millions avec la Fondation Rockefeller, Monsanto Corporation, Syngenta Foundation et le gouvernement de Norvège, entre autres, dans ce qui est appelé la “réserve de semences du jugement dernier”. Officiellement, le projet est appelé Svalbard Global Seed Vault (réserve mondiale de semences de Svalbard) sur l’île norvégienne de Spitsbergen, qui fait partie du groupe des îles de Svalbard.

Réserve de semences du jugement dernier

La banque de semences est en cours de construction au sein d’une montagne sur l’île de Spitsbergen, près du petit village de Longyearbyen. Elle est presque prête pour les “affaires”, selon leurs communiqués. La banque aura des doubles portes insensibles aux explosions avec des détecteurs de mouvement, deux sas, et des murs en béton renforcés d’acier et d’un mètre d’épaisseur. Elle contiendra un maximum de trois millions de variétés de semences différentes provenant du monde entier, « de sorte que la diversité agricole puisse être conservée pour l’avenir », selon le gouvernement norvégien. Ces semences seront spécialement enveloppées afin d’exclure l’humidité. Il n’y aura pas de personnel à temps plein, mais la relative inaccessibilité de la réserve facilitera la surveillance de toute activité humaine possible.

Sommes-nous passés à côté de quelque chose, ici ? Leur communiqué de presse déclarait : “de sorte que la diversité agricole puisse être conservée pour l’avenir”. Quel avenir les sponsors de la banque de semences prévoient-ils et qui pourrait menacer la disponibilité mondiale des semences actuelles, alors que la quasi-totalité d’entre elles sont déjà bien protégées dans des banques de semences choisies autour du monde ?

A chaque fois que Bill Gates, la Fondation Rockefeller, Monsanto et Syngenta se rencontrent sur un projet commun, il vaut la peine de creuser un peu plus profondément derrière les rochers de Svalbard. Et alors, nous nous découvrons certaines choses fascinantes.

Le premier point qui est à faire remarquer est qui sponsorise la réserve de semences pour le jour du jugement dernier. Rejoignant ici les Norvégiens, on trouve, comme on l’a noté, la Fondation Bill & Melinda Gates, le géant américain de l’agrobusiness DuPont/Pioneer Hi-Bred, l’un des plus grands propriétaires de plants de semences brevetés et génétiquement modifiés (OGM) et de produits agrochimiques apparentés ; Syngenta, une compagnie de semences OGM et de produits agrochimiques basée en Suisse par l’intermédiaire de sa Fondation Syngenta ; la Fondation Rockefeller, ce groupe privé qui a créé la “révolution génétique”, avec plus de 100 millions de dollars d’argent des semences depuis les années 1970 ; le CGIAR, réseau mondial créé par la Fondation Rockefeller afin de promouvoir son idéal de pureté génétique à travers un changement de l’agriculture.

Le CGIAR et “Le Projet”

Comme je l’ai exposé en détail dans le livre « Seeds of Destruction » (les graines de la destruction), dans les années 1960, la Fondation Rockefeller, le conseil de développement de l’agriculture de John D. Rockefeller III et la Fondation Ford, ont joint leurs forces pour créer l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) à Los Baños, aux Philippines. A partir de 1971, l’IRRI de la Fondation Rockefeller, avec également son Centre international d’amélioration du maïs et du blé basé au Mexique ainsi que deux autres centres de recherche internationaux créés par Rockefeller et la Fondation Ford, l’IITA pour l’agriculture tropicale, au Nigeria, et l’IRRI pour le riz, aux Philippines, se sont combinés pour former un Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale (Consultative Group on International Agriculture Research ou CGIAR).

Le CGIAR a été façonné lors d’une série de conférences privées tenues au centre de conférence de la Fondation Rockefeller à Bellagio, en Italie. Les principaux participants aux débats de Bellagio étaient George Harrar, de la Fondation Rockefeller ; Forrest Hill, de la Fondation Ford ; Robert McNamara, de la Banque mondiale, et Maurice Strong, l’organisateur international de la famille Rockefeller au niveau de l’environnement et qui, en tant que fiduciaire de la Fondation Rockefeller, organisa Sommet de la Terre (Earth Summit) de l’ONU, à Stockholm, en 1972. Cela faisait partie de l’objectif de la fondation depuis des décennies afin de mettre la science au service de l’eugénisme, une hideuse version de la pureté raciale, et qui a été appelé Le Projet.

Pour assurer un impact maximum, le CGIAR a appelé l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies, le Programme de développement des Nations Unies et la Banque mondiale. Ainsi, par le biais d’une levée soigneusement planifiée de son premier appel de fonds, la Fondation Rockefeller, à partir du début des années 1970, était en mesure de façonner la politique agricole mondiale. Et elle l’a façonnée, en effet.

Financé par de généreuses bourses d’étude de Rockefeller et de la Fondation Ford, le Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale (CGIAR) a veillé à ce que les scientifiques et agronomes principaux de l’agriculture du Tiers-Monde soient amenés aux Etats-Unis afin de “maîtriser” les concepts de production de l’agro-industrie moderne, et afin de les ramener dans leur patrie. Durant ce processus, ils ont créé un réseau d’influence inestimable pour la promotion de l’agro-industrie américaine dans ces pays, et plus particulièrement la promotion de la “Révolution génétique” des OGM dans les pays en voie de développement, et tout cela au nom de la science et d’un marché agricole efficace et libre.

Créer génétiquement une race de maîtres ?

A présent, la banque de semences de Svalbard commence à devenir intéressante. Mais ça devient encore meilleur. “Le Projet” auquel je me suis rapporté est le projet de la Fondation Rockefeller et de puissants intérêts financiers depuis les années 1920 afin d’utiliser l’eugénisme, plus tard rebaptisé génétique, pour justifier la création d’une race de maîtres créée par génie génétique. Hitler et les Nazis l’appelaient la race des maîtres Aryens.

L’eugénisme d’Hitler fut financé dans une large mesure par la même Fondation Rockefeller qui construit aujourd’hui une « réserve de semences du jugement dernier » afin de préserver des échantillons de chaque semence présente sur notre planète. A présent, ceci devient vraiment intriguant. La même Fondation Rockefeller créa la pseudo-science de la discipline de la biologie moléculaire dans leur poursuite incessante visant à réduire la vie humaine à la « définition d’une séquence génique » qui, espéraient-ils, pourrait alors être modifiée dans le but de modifier les caractéristiques humaines à volonté. Les scientifiques de l’eugénisme d’Hitler, dont beaucoup ont été tranquillement amenés aux États-Unis après la guerre afin de poursuivre leurs recherches biologiques eugénistes, ont jeté une grande partie des bases du génie génétique des diverses formes de vie, soutenues ouvertement en grande partie jusqu’au sein du troisième Reich par les généreuses bourses de la Fondation Rockefeller.2

La même Fondation Rockefeller créa ce que l’on appelle la révolution verte, durant un voyage au Mexique effectué en 1946 par Nelson Rockefeller et l’ancien Secrétaire à l’agriculture du New Deal et fondateur de la compagnie Pioneer Hi-Bred Seed, Henry Wallace.

La Révolution verte visait à résoudre le problème de la faim dans le monde à un haut degré, au Mexique, en Inde et dans d’autres pays choisis où Rockefeller travaillait. L’agronome de la Fondation Rockefeller, Norman Borlaug, remporta un prix Nobel de la paix pour son travail, une chose dont il n’y a pas de quoi se vanter lorsque des gens tels que Henry Kissinger ont partagé le même prix.

En réalité, comme cela est apparu des années plus tard, la révolution verte était une brillante idée de la famille Rockefeller pour développer une agro-industrie mondialisée dont ils pourraient ensuite prendre le monopole tout comme ils l’avaient fait dans le monde de l’industrie pétrolière et qui avait commencé un demi-siècle auparavant. Comme Henry Kissinger l’a déclaré dans les années 1970 : “Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez le pays ; si vous contrôlez l’alimentation, vous contrôlez la population.”

L’agro-industrie et la révolution verte de Rockefeller allaient de pair. Ils faisaient partie d’une grande stratégie qui comprenait le financement, par la Fondation Rockefeller, de la recherche pour le développement du génie génétique des plantes et des animaux, quelques années plus tard.

John H. Davis a été l’adjointe du ministre de l’Agriculture sous la présidence de Dwight Eisenhower au début des années 1950. Il a quitté Washington en 1955 et est allé à la Harvard Graduate School of Business, un endroit inhabituel à cette époque pour un expert en agriculture. Il avait une stratégie claire. En 1956, Davis a écrit un article dans la Harvard Business Review, dans lequel il déclarait que “la seule façon de résoudre le prétendu problème des fermes une fois pour toutes, et d’éviter des programmes gouvernementaux encombrants, est de progresser depuis l’agriculture vers l’agro-industrie.” Il savait exactement ce qu’il avait en tête, même si peu d’autres personnes en avaient une idée à l’époque : une véritable révolution dans la production agricole qui concentrerait le contrôle de la chaîne alimentaire entre les mains des sociétés multinationales, loin de la famille fermière traditionnelle. 3

Un aspect crucial qui guide les intérêts de la Fondation Rockefeller et des compagnies américaines de l’agroalimentaire est le fait que la révolution verte était fondée sur la prolifération de nouvelles semences hybrides dans les marchés en développement. Un aspect très important des semences hybrides est leur manque de capacité à se reproduire. Les hybrides possédaient une protection interne contre la multiplication. Contrairement aux espèces ouvertes normales et pollinisées dont la graine donne un rendement similaire à celui de ses parents, le rendement de la semence née de plantes hybrides était bien inférieur à celui de la première génération.

Ce déclin caractéristique du rendement des hybrides signifiait que les agriculteurs devaient normalement acheter des semences chaque année afin d’obtenir des rendements élevés. En outre, le rendement moindre de la deuxième génération éliminait le commerce des semences qui était souvent effectué par des producteurs de semences, sans l’autorisation de l’obtenteur. Il empêchait la redistribution de la culture commerciale des semences par des intermédiaires. Si les grandes multinationales des semences étaient capables de contrôler les lignées de semences parentales dans la maison, aucun concurrent ni agriculteur ne serait en mesure de produire des hybrides. La concentration mondiale des brevets de semences hybrides entre les mains d’une poignée de compagnies gigantesques de semences, dirigées par DuPont Pioneer Hi-Bred et par Dekalb, de chez Monsanto, a préparé le terrain pour la révolution des semences OGM qui allait se produire plus tard. 4

En effet, l’introduction des technologies agricoles américaines modernes, des engrais chimiques et des semences hybrides commerciales, ont toutes rendu les agriculteurs locaux des pays en voie de développement, en particulier ceux qui étaient plus gros et plus établis, dépendants de l’étranger, et principalement des contributions des compagnies américaines de l’agro-industrie et du secteur pétrochimique. Ce fut un premier pas dans ce qui allait être un processus de plusieurs décennies et soigneusement planifié.

Sous la Révolution verte, l’agro-industrie fit grandes percées sur des marchés qui étaient auparavant d’un accès limité aux exportateurs américains. Cette tendance fut par la suite baptisée “agriculture orientée vers le marché.” En réalité, c’était une agriculture contrôlée par l’agro-industrie.

Grâce à la révolution verte, la Fondation Rockefeller et, plus tard, la Fondation Ford, travaillèrent main dans la main et tout en soutenant les buts de politique étrangère de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et de la CIA.

L’un des principaux effets de la révolution verte fut de dépeupler les campagnes des paysans qui furent contraints de fuir vers les ghettos des bidonvilles, dans une recherche désespérée d’un travail. Cela n’était pas un accident, cela faisait partie du plan visant à créer des bassins de main-d’oeuvre bon marché pour les manufactures multinationales américaines à venir, la “mondialisation” de ces dernières années.

Lorsque l’autopromotion de la révolution verte mourut, les résultats furent tout à fait différents de ce qui avait été promis. Des problèmes avaient surgi à partir de l’utilisation aveugle des nouveaux pesticides chimiques, souvent avec des conséquences graves pour la santé. La monoculture de nouvelles variétés de semences hybrides diminua la fertilité des sols et des rendements avec le temps. Les premiers résultats furent impressionnants : des rendements doubles, voire triples pour certaines cultures telles que le blé et, plus tard, le maïs au Mexique. Ceci s’estompa rapidement.

La révolution verte fut typiquement accompagnée de grands projets d’irrigation qui comprenaient souvent des prêts de la Banque mondiale pour la construction de nouveaux et énormes barrages, et des inondations de zones habitées auparavant fertiles dans le processus. Aussi, le super blé donnait de meilleurs rendements en saturant le sol avec d’énormes quantités d’engrais par hectare, ces engrais étant le produit de nitrates et de pétrole, des produits de base contrôlés par les sept grandes multinationales pétrolières sœurs, elles-mêmes dominées par les Rockefellers.

D’énormes quantités d’herbicides et de pesticides furent également utilisées, créant des marchés supplémentaires pour l’industrie pétrolière et les géants des produits chimiques. Comme un analyste l’a dit, en effet, la révolution verte fut simplement une révolution chimique. À aucun moment les pays en voie développement ne pouvaient payer pour ces énormes quantités d’engrais chimiques et de pesticides. Ils obtenaient le crédit offert par la Banque mondiale ainsi que des prêts spéciaux de la Chase Bank et d’autres grandes banques de New York, appuyées par des garanties du gouvernement américain.

Appliqués dans un grand nombre de pays en voie de développement, ces prêts furent accordés essentiellement aux grands propriétaires terriens. Pour les plus petits paysans, de la situation changea différemment. Les petits paysans ne pouvaient payer les produits chimiques et autres moyens modernes, et ils durent emprunter de l’argent.

Au début, divers programmes gouvernementaux tentèrent de fournir des prêts aux agriculteurs afin qu’ils puissent acheter des semences et des engrais. Les agriculteurs qui ne pouvaient pas participer à ce genre de programme durent emprunter auprès du secteur privé. En raison des taux d’intérêt exorbitants pour ces prêts, de nombreux petits paysans n’ont même pas reçu les bénéfices des premiers et meilleurs rendements. Après la récolte, ils durent vendre la plupart sinon la totalité de leur production afin de rembourser les prêts et les intérêts. Ils devinrent dépendants des prêteurs sur gages et des commerciaux, et ils perdirent souvent leurs terres. Même avec des prêts à taux préférentiels des organismes gouvernementaux, de plus en plus des cultures de subsistance cédèrent la place à la production d’espèces qui ramenaient de l’argent.5

Depuis des décennies, les mêmes intérêts, qui incluent la Fondation Rockefeller qui a soutenu la révolution verte initiale, ont travaillé à la promotion d’une deuxième “Révolution génétique”, comme le président de la Fondation Rockefeller Gordon Conway l’appelait il y a quelques années, l’expansion de l’agriculture industrielle et des contributions commerciales, en ce compris les semences OGM brevetées

Source traduite par Vicflame

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ourquoi une faim galopante au XXIe siècle et comment l’éradiquer ? par Éric Toussaint, Damien Millet
13 mai 2009

Eradiquer la faim, c’est tout à fait possible, jugent Éric Toussaint et Damien Millet, à condition de mettre en oeuvre la réforme agraire et de viser la souveraineté alimentaire, mais aussi d’abandonner les politiques promues par le FMI et la banque mondiale, qui ont « d’énormes responsabilités dans la crise alimentaire. » « Il faut abandonner la production des agro-carburants industriels et bannir les subventions publiques à ceux qui les produisent. Il faut également recréer au Sud des stocks publics de réserves d’aliments, (re)créer des organismes publics de crédit aux agriculteurs et rétablir une régulation des prix des aliments, » recommandent-ils.

par Éric Toussaint, Damien Millet, CADTM, 24 avril 2009

Comment expliquer qu’on soit toujours confronté à la faim au 21ème siècle ? Un habitant de la planète sur sept souffre de la faim en permanence.

Les causes sont connues : une injustice profonde dans la distribution des richesses, un accaparement des terres par une minorité réduite de très grands propriétaires. Selon la FAO [1], 963 millions de personnes souffraient de la faim en 2008. Structurellement, ces personnes appartiennent paradoxalement à la population rurale. Ce sont en majorité des producteurs agricoles qui ne possèdent pas de propriétés ou pas assez de terres, ni de moyens pour les mettre en valeur.

Qu’est-ce qui a provoqué la crise alimentaire de 2007-2008 ?

Il faut souligner qu’en 2007-2008, le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 140 millions. Cette nette augmentation est due à l’explosion du prix des produits alimentaires [2]. Dans de nombreux pays, cette augmentation des prix de vente des aliments au détail tourne autour de 50 %, parfois plus.

Pourquoi une telle augmentation ? Il est important de comprendre ce qui s’est passé depuis trois ans pour répondre à cette question et, ensuite, mettre en place des politiques alternatives adéquates.

D’une part, les pouvoirs publics du Nord ont augmenté leurs aides et leurs subventions pour les agro-carburants (appelés à tort « biocarburants » alors qu’ils n’ont pourtant rien de bio). Du coup, il est devenu rentable de remplacer les cultures vivrières par des cultures fourragères et d’oléagineux, ou de dévier une partie de la production de grains (maïs, blé...) vers la production d’agro-carburants.

D’autre part, après l’éclatement de la bulle de l’immobilier aux États-Unis, puis dans le reste du monde par ricochets, la spéculation des grands investisseurs (fonds de pension, banques d’investissement, hedge funds...) s’est déplacée vers les marchés boursiers où se négocient les contrats sur les denrées alimentaires (principalement trois Bourses des États-Unis spécialisées dans les marchés à terme de grains : Chicago, Kansas City et Minneapolis). Il est donc urgent pour les citoyens d’agir pour interdire par voie légale la spéculation sur les aliments... Bien que la spéculation à la hausse ait pris fin au milieu de l’année 2008 et que les prix sur les marchés à terme soient ensuite retombés en flèche, les prix au détail n’ont pas suivi le même mouvement. L’écrasante majorité de la population mondiale dispose de revenus très bas et subit encore aujourd’hui les conséquences dramatiques de l’augmentation des prix des aliments de 2007-2008. Les dizaines de millions de perte d’emplois annoncées pour 2009-2010 à l’échelle mondiale vont aggraver la situation. Pour contrer cela, il faut que les autorités publiques exercent un contrôle sur les prix alimentaires afin de les faire baisser.

L’augmentation de la faim dans le monde n’est pas due pour le moment au changement climatique. Mais ce facteur aura des conséquences très négatives dans l’avenir en termes de production dans certaines régions du monde, en particulier les zones tropicales et subtropicales. La production agricole dans les zones tempérées devrait être moins touchée. La solution consiste en une action radicale pour réduire brutalement les émissions de gaz à effets de serre (le GIEC |[ Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ]| recommande une diminution de 80 % des émissions pour les pays les plus industrialisés et de 20% pour les autres).

Est-il possible d’éradiquer la faim ?

Eradiquer la faim, c’est tout à fait possible. Les solutions fondamentales pour atteindre cet objectif vital, passent par une politique de souveraineté alimentaire et une réforme agraire. C’est-à-dire nourrir la population à partir de l’effort des producteurs locaux, tout en limitant les importations et les exportations.

Il faut que la souveraineté alimentaire soit au cœur des décisions politiques des gouvernements. Il faut se baser sur les exploitations agricoles familiales utilisant des techniques destinées à produire des aliments dits « bio » (ou « organiques »). Cela permettra en plus de disposer d’une alimentation de qualité : sans OGM, sans pesticides, sans herbicides, sans engrais chimiques. Mais pour atteindre cet objectif-là, il faut que plus de 3 milliards de paysans puissent accéder à la terre en quantité suffisante et la travailler pour leur compte au lieu d’enrichir les grands propriétaires, les transnationales de l’agrobusiness et les commerçants. Il faut aussi qu’ils disposent, grâce à l’aide publique, des moyens pour cultiver la terre (sans l’épuiser).

Pour ce faire, il faut une réforme agraire, réforme qui manque toujours cruellement, que ce soit au Brésil, en Bolivie, au Paraguay, au Pérou, en Asie ou dans certains pays d’Afrique. Une telle réforme agraire doit organiser la redistribution des terres en interdisant les grandes propriétés terriennes privées et en fournissant un soutien public au travail des agriculteurs.

Il est important de souligner que le FMI et surtout la Banque mondiale ont d’énormes responsabilités dans la crise alimentaire car ils ont recommandé aux gouvernements du Sud de supprimer les silos à grains qui servaient à alimenter le marché intérieur en cas d’insuffisance de l’offre et/ou d’explosion des prix. La Banque mondiale et le FMI ont poussé les gouvernements du Sud à supprimer les organismes de crédit public aux paysans et ont poussé ceux-ci dans les griffes des prêteurs privés (souvent de grands commerçants) ou des banques privées qui pratiquent des taux usuriers. Cela a provoqué l’endettement massif des petits paysans, que ce soit en Inde, au Nicaragua, au Mexique, en Égypte ou dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Selon les enquêtes officielles, le surendettement des paysans qui touche les paysans indiens est la cause principale du suicide de 150 000 paysans en Inde au cours des dix dernières années. C’est un pays où précisément la Banque mondiale s’est employée avec succès à convaincre les autorités de supprimer les agences publiques de crédit aux agriculteurs. Et ce n’est pas tout : au cours des 40 dernières années, la Banque mondiale et le FMI ont aussi poussé les pays tropicaux à réduire leur production de blé, de riz ou de maïs pour les remplacer par des cultures d’exportation (cacao, café, thé, bananes, arachide, fleurs...). Enfin, pour parachever leur travail en faveur des grandes sociétés de l’agrobusiness et des grands pays exportateurs de céréales (en commençant par les États-Unis, le Canada et l’Europe occidentale), ils ont poussé les gouvernements à ouvrir toutes grandes les frontières aux importations de nourriture qui bénéficient de subventions massives de la part des gouvernements du Nord, ce qui a provoqué la faillite de nombreux producteurs du Sud et une très forte réduction de la production vivrière locale.

En résumé, il est nécessaire de mettre en œuvre la souveraineté alimentaire et la réforme agraire. Il faut abandonner la production des agro-carburants industriels et bannir les subventions publiques à ceux qui les produisent. Il faut également recréer au Sud des stocks publics de réserves d’aliments (en particulier de grains : riz, blé, maïs...), (re)créer des organismes publics de crédit aux agriculteurs et rétablir une régulation des prix des aliments. Il faut garantir que les populations à bas revenu puissent bénéficier de bas prix pour des aliments de qualité. L’État doit garantir aux petits producteurs agricoles des prix de vente suffisamment élevés afin de leur permettre d’améliorer nettement leurs conditions de vie. L’État doit également développer les services publics dans les milieux ruraux (santé, éducation, communications, culture, « banques » de semences...). Les pouvoirs publics sont parfaitement à même de garantir à la fois des prix subventionnés aux consommateurs d’aliments et des prix de vente suffisamment élevés pour les petits producteurs agricoles afin qu’ils disposent de revenus suffisants.

Ce combat contre la faim n’est-il pas partie prenante d’un combat bien plus vaste ?

On ne peut prétendre sérieusement lutter contre la faim sans s’attaquer aux causes fondamentales de la situation actuelle. Or la dette est l’une d’entre elles, et les effets d’annonce sur ce thème, fréquents ces dernières années comme lors des sommets du G8 ou du G20, masquent mal que ce problème demeure entier. La crise globale qui touche le monde aujourd’hui aggrave la situation des pays en développement face au coût de l’endettement et de nouvelles crises de la dette au Sud sont en préparation. Or cette dette a conduit les peuples du Sud, souvent pourvus en richesses humaines et naturelles considérables, à un appauvrissement général. La dette est un pillage organisé auquel il est urgent de mettre fin.

En effet, le mécanisme infernal de la dette publique est un obstacle essentiel à la satisfaction des besoins humains fondamentaux, parmi lesquels l’accès à une alimentation décente. Sans aucun doute, la satisfaction des besoins humains fondamentaux doit primer sur toute autre considération, géopolitique ou financière. Sur un plan moral, les droits des créanciers, rentiers ou spéculateurs ne font pas le poids par rapport aux droits fondamentaux de six milliards de citoyens, piétinés par ce mécanisme implacable que représente la dette.

Il est immoral de demander aux pays appauvris par une crise globale dont ils ne sont nullement responsables de consacrer une grande partie de leurs ressources au remboursement de créanciers aisés (qu’ils soient du Nord ou du Sud) plutôt qu’à la satisfaction de ces besoins fondamentaux. L’immoralité de la dette découle également du fait qu’elle a très souvent été contractée par des régimes non démocratiques qui n’ont pas utilisé les sommes reçues dans l’intérêt de leurs populations et ont souvent organisé des détournements massifs d’argent, avec l’accord tacite ou actif des États du Nord, de la Banque mondiale et du FMI. Les créanciers des pays les plus industrialisés ont prêté en connaissance de cause à des régimes souvent corrompus. Ils ne sont pas en droit d’exiger des peuples qu’ils remboursent ces dettes immorales et illégitimes.

En somme, la dette est un des principaux mécanismes par lesquels une nouvelle forme de colonisation s’opère au détriment des peuples. Elle vient s’ajouter à des atteintes historiques portées également par les pays riches : esclavage, extermination de populations indigènes, joug colonial, pillage des matières premières, de la biodiversité, du savoir-faire des paysans (par le brevetage au profit des transnationales de l’agrobusiness du Nord des produits agricoles du Sud comme le riz basmati indien) et des biens culturels, fuite des cerveaux, etc. Il est plus que temps de remplacer la logique de domination par une logique de redistribution de richesses dans un souci de justice.

Le G8, le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris imposent leur propre vérité, leur propre justice, dont ils sont à la fois juge et partie. Face à la crise, le G20 a pris le relais et cherche à remettre un FMI discrédité et délégitimé au centre du jeu politique et économique. Il faut mettre fin à cette injustice qui profite aux oppresseurs, qu’ils soient du Nord ou du Sud.

Damien Millet, mathématicien, est porte-parole du CADTM France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde). Eric Toussaint docteur en sciences politiques, est président du CADTM Belgique. Ils ont écrit ensemble le livre « 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale », CADTM/Syllepse, novembre 2008.

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2719

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