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Message non luPosté: 11 Sep 2009, 18:31 
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En 1827, François Baudelaire, ancien prêtre, ancien chef des bureaux du Sénat, « détestable artiste » peintre amateur, bourgeois sexagénaire décéda en laissant un héritage conséquent à ses deux enfants : Claude Alphonse Baudelaire, fils de sa feu première épouse et Charles Baudelaire âgé de six ans né à Paris en 1821 de Caroline Archimbaut-Dufaÿs. L’année suivante, les délais de veuvage respectés, Caroline épousa le chef de bataillon Aupick promis à une brillante carrière : colonel (1834), général de brigade (1839), commandant de l’École polytechnique (1847), ministre plénipotentiaire à Constantinople (1848), sénateur de l’Empire (1853). Ce remariage fut-il ressenti par Charles Baudelaire, âgé de sept ans comme une trahison ? Son beau-père muté à Lyon, le jeune parisien Charles étudia au Collège royal de Lyon secoué en 1834 par la seconde révolte des Canuts. Aupick y gagna son grade de colonel puis il fut nommé à Paris et Charles fut inscrit au Lycée Louis-Le-Grand. Il s’appliqua pour son grand plaisir et celui de sa mère à être dans les premiers de la classe. Néanmoins, élève dissipé il fut renvoyé définitivement du Lycée Louis-Le-Grand pour avoir préféré mâcher un billet transmis par un camarade de classe plutôt que de le remettre au professeur. Parce que Baudelaire ne se plia pas à la sommation, le professeur soupçonna un billet « infâme »… et Baudelaire éclata de rire. Malgré ce renvoi, Charles obtint son baccalauréat et la famille décida son inscription à l’Ecole de droit. Dès cette époque il déserta les cours et contracta une blennorragie rapidement soignée par un pharmacien ami de son confident, son demi-frère Alphonse devenu magistrat. En janvier 1841, Charles comptabilisait sur quelques mois 3270 francs de dettes envers des amis, son tailleur, son chemisier alors que son frère magistrat gagnait seulement 1500 francs par an ! La famille Aupick décida d’embarquer Charles Baudelaire en juin 1841 pour les Indes dans le but de « l’arracher au pavé glissant de Paris » : son oisiveté, la fréquentation des prostituées et des jeunes poètes de L’Ecole normande , l’accroissement de ses dettes pour satisfaire ses plaisirs de dandy ne rassuraient pas sa mère. Son expédition s’arrêta à l’île Maurice et à l’île Bourbon (aujourd’hui l’île de la Réunion) et lui inspira des poèmes mascarins (À une Dame créole, À une Malabaraise...). De retour en France, sa prodigalité était telle qu’en 1844, un conseil de famille plaça Charles Baudelaire sous la tutelle judiciaire de Maître Ancelle, notaire et ami de la famille. Ainsi au regard de la loi, le poète fut toujours un incapable. Cela ne l’empêcha pas de contracter toute sa vie des dettes car il cachait à tout son entourage cette incapacité civile humiliante. Il collabora à un recueil anonyme de potins et de ragots mondains Mystères galants des théâtres de Paris. Sous le nom de Baudelaire-Dufaÿs, il publia ses critiques d’art Salon de 1845 puis Salon de 1846 où il développe avec passion sa réflexion esthétique et fait l’éloge du peintre Eugène Delacroix. En juin 1845, il tenta de se suicider peut être déçu par l’insuccès du Salon, sans doute pour attendrir sa mère. En 1847, il publia une nouvelle la Fanfarlo où il se dépeint sous les traits de Samuel Cramer, il traduisit les histoires extraordinaires d’Edgar Poe. Quelques femmes jalonnèrent sa vie et ses poèmes furent publiés de manière sporadique dans différentes revues . D’abord, sa mère Caroline, sa correspondante épistolaire privilégiée, est évoquée au côté de « La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse ». Ensuite des prostitués dont Sara, « à l’œil juif et cerné » lui inspirèrent notamment le poème de jeunesse « Je n’ai pas pour maîtresse une lionne illustre... » . De même, Jeanne Lemer dite Jeanne Duval, Marie Daubrun et Apollonie Sabatier furent également de célèbres muses baudelairiennes. Âgé de 21 ans, Charles rencontra Jeanne, comédienne, courtisane, mulâtresse. Leur « liaison tempétueuse » dura jusqu’au décès de Jeanne Duval en 1862. La rumeur publique relayée par les souvenirs de littérateurs de l’époque font de Jeanne Duval, femme de couleur, une tribade comme tant d’autres actrices ou femmes célèbres . Cette double marginalité retint sans doute le caractère « bizarre », excentrique et provocateur de Baudelaire. Un portrait par Edouard Manet et des poèmes comme Sed non satiata, la chevelure, le Léthé immortalisent la « Vénus noire ». En 1842, Baudelaire se lia avec Marie Daubrun, actrice pour laquelle il sollicita auprès de George Sand qu’il détestait un rôle au théâtre. À Madame Sabatier, surnommée La Présidente, il adressa entre 1852 et 1855 des poèmes anonymes (A celle qui est trop gaie, Réversibilité, Confession). Baudelaire rompit avec elle trois ans plus tard, le lendemain où elle s’offrit à lui mais leur amitié résista à cette unique nuit charnelle. Dans le Salon de 1846, dans les deux premières éditions des Stalactites de Banville (éd. Paulier, mars 1846 et éd. Michel Lévy Frères, déc. 1846) et en 1847 dans une œuvre de Champfleury (éd. Martinon) fut annoncé sur le 2e plat de couverture : « pour paraître prochainement les Lesbiennes, poésies par Baudelaire-Dufaÿs ». Semblables à bien d’autres titres , ce vocable est néanmoins « mystérieux et pétard » car à la signification ethno-géographique se rattachent les sens philosophique et tribadique. Lesbos est l’île symbole d’un paradis à jamais perdu. Autour « de la mâle Sapho, l’amante et le poète » est exploité un cliché littéraire à la mode où se mêlent la sensualité, l’ennui, la nostalgie, le génie poétique forcément « mâle », la stérilité féminine, la recherche vaine d’un idéal hellénistique perdu. Le poème ordurier à la mode Les Lesbiennes de Paris rappelle, s’il le faut, le tribadisme des habitantes. Dans les revues L’Écho des marchands de vin en 1848, Le Magasin des familles en 1850, Le Messager de l’Assemblée en 1851 le titre « mystérieux et pétard » fut remplacé par Les Limbes, (livre) « qui paraîtra très-prochainement, et qui est destiné à représenter les agitations et les mélancolies de la jeunesse moderne ». Limbes est un terme moins choquant et plus romantique que Lesbiennes. En 1855 dans la Revue des Deux Mondes dix-huit poèmes furent publiés sous la dénomination : Les Fleurs du mal, oxymore suggéré par le littérateur Hippolyte Babou. Le 21 juin 1857 sont mis en vente par les éditeurs du poète, Poulet-Malassis et De Broise, les Fleurs du Mal, recueil de cent une pièces dont « Au lecteur », tirés selon les sources bibliographiques entre mille et mille trois-cent exemplaires. Dans le Figaro du 5 juillet 1857, le critique Gustave Bourdin écrivit :

« ...Il serait trop injuste d’imputer à M. Baudelaire des extravagances qui ont dû plus d’une fois lui faire lever les épaules. Il n’a eu qu’un tort à nos yeux, celui de rester trop longtemps inédit. Il n’avait encore publié qu’un compte rendu de salon très vanté par les docteurs en esthétique et une traduction d’Edgar Poe. Depuis trois fois cinq ans, on attendait donc ce volume de poésies ; on l’a attendu si longtemps, qu’il pourrait arriver quelque chose de semblable à ce qu’il se produit quand un dîner tarde trop à être servi ; ceux qui étaient les plus affamés sont les plus vite repus : l’heure de leur estomac est passée.
Il n’en est pas de même avec votre serviteur (...)
J’ai lu le volume, je n’ai pas de jugement à prononcer, pas d’arrêt à rendre ; mais voici une opinion que je n’ai la prétention d’imposer à personne.
On ne vit jamais gâter si follement d’aussi brillantes qualités. Il y a des moments où l’on doute de l’état mental de M. Baudelaire ; il y en a où l’on n’en doute plus : c’est la plupart du temps, la répétition monotone et préméditée des mêmes mots, des mêmes pensées. L’odieux y coudoie l’ignoble ; le repoussant s’y allie à l’infect. Jamais on ne vit mordre et même mâcher autant de seins dans si peu de pages ; jamais on n’assista à une semblable revue de démons, de fœtus, de diables, de chloroses, de chats et de vermine.
Ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit, à toutes les putridités du cœur ; encore si c’était pour les guérir, mais elles sont incurables.
Un vers de M. Baudelaire résume admirablement sa manière ; pourquoi n’en a-t-il pas fait l’épigraphe des Fleurs du Mal ?
Je suis un cimetière abhorré de la lune.
Et au milieu de tout cela, quatre pièces, le Reniement de saint Pierre, puis Lesbos, et deux qui ont pour titre les Femmes damnées, quatre chefs-d’œuvre de passion, d’art et de poésie ; mais on peut le dire, il le faut, on le doit : si l’on comprend qu’à vingt ans l’imagination d’un poète puisse se laisser entraîner à traiter de semblables sujets, rien ne peut justifier un homme de plus de trente, d’avoir donné la publicité du livre à de semblables monstruosit és. »

Deux jours plus tard, le 7 juillet 1857 un rapport de la Direction Générale de la Sûreté publique attire l’attention du Ministre de l’Intérieur :

« Le livre de M. Charles Baudelaire intitulé Les Fleurs du Mal est un défi jeté aux lois qui protègent la religion et la morale. (...)
A côté de ces pièces et de quelques autres où l’immortalité de l’âme les plus chères croyances du christianisme sont mises à néant, il en est d’autres qui sont l’expression de la lubricité la plus révoltante :
Les Femmes Damnées sont un chant en l’honneur de l’amour honteux des femmes pour les femmes.(...)
En résumé le livre de M. Baudelaire est une de ces publications malsaines, profondément immorales qui sont appelées à un succès de scandale.
Proposition de le déférer au Parquet. »

Ainsi l’auteur et les éditeurs du livre Les Fleurs du Mal furent poursuivis devant le tribunal correctionnel de Paris pour le délit d’outrage à la morale publique et les exemplaires des Fleurs du Mal furent aussitôt saisis. Baudelaire tenta de faire intervenir ses relations dont Madame Sabatier mais la justice suivit son cours. Le substitut Pinard qui la même année avait actionné contre Gustave Flaubert, l’auteur acquitté de Madame Bovary, conclut son réquisitoire :

« Soyez indulgent pour Baudelaire, qui est une nature inquiète et sans équilibre. Soyez-le pour les imprimeurs, qui se mettent à couvert derrière l’auteur. Mais donnez, en condamnant au moins certaines pièces du livre, un avertissement devenu nécessaire. »

Baudelaire fut condamné à 300 francs d’amende ; Poulet-Malassis et De Broise chacun à 100 francs et les « pièces condamnées » N° 20, 30, 39, 80, 81 et 87 furent supprimées du recueil. Le 6 novembre 1857, Baudelaire demanda dans une lette à l’Impératrice d’intervenir pour réduire l’amende qui « dépasse les facultés de la pauvreté proverbiale des poëtes » . Parce que le condamné « témoigna du repentir », en janvier 1858 le ministre de la Justice réduisit l’amende à cinquante francs. Les pièces condamnées furent malgré tout éditées dans bien des recueils et le jugement de 1857 fut très vite bafoué.
En 1861, Baudelaire se porta candidat à l’Académie française mais ni Sainte-Beuve ni Vigny, tous deux sous la coupole, ne l’encouragèrent dans ce projet qui fit scandale. En février 1861, une seconde édition considérée testamentaire fut tirée à 1500 exemplaires, comptant cette fois 126 pièces distribuées en six parties. Cette édition ne comporte pas les pièces condamnées.
En 1864, Baudelaire rejoignit Poulet-Malassis à Bruxelles pour trouver un éditeur pour une nouvelle publication des Fleurs du Mal. Mais de cette expatriation ne sortira qu’un piètre pamphlet contre la Belgique ressentie aussi bourgeoise que la France. Le 31 août 1867, après plus d’un an d’agonie, entouré de sa mère et de ses amis, hémiplégique et privé de parole le poète mourut. Il fut enterré au cimetière Père Lachaise auprès de son beau-père le Général Aupick.
En décembre 1868, les amis de Charles Baudelaire, Asselineau et Banville établirent chez Michel Lévy Frères, libraires éditeurs « une édition définitive augmentée d’un grand nombre de poëmes nouveaux » comptant 151 poèmes. Enfin en 1869, un Complément aux Fleurs du Mal de Charles Baudelaire comprenant les pièces condamnées fut édité par Michel Lévy.
L’histoire judiciaire des « six sur cent » pièces ne s’arrête pas avec la mort de Baudelaire. En 1929, Louis Barthou demanda en vain la révision du procès. La loi du 25 septembre 1946 institua un nouveau cas de pourvoi en révision ouvert uniquement à la Société des Gens de Lettres de France, ce qu’elle fit aussitôt. La Cour de Cassation cassa et annula le 31 mai 1949 le jugement rendu le 27 août 1857.
Baudelaire est le plus génial des poètes français du XIXe siècle qui aborde le saphisme dans huit poèmes. L’homosexualité féminine est effleurée dans les poésies de jeunesse : l’épître envoyée à Sainte-Beuve, poème capital publié de manière posthume ; le sonnet Sed non satiata, Le goinfre et dans la parodie de Sapho. Au delà de l’effleurement, le lesbianisme est la trame principale des trois poèmes Lesbos, Delphine et Hippolyte et les Femmes damnées. Enfin, au risque de choquer, je montrerai que le saphisme transpire dans le poème Les deux Bonnes sœurs.

L’EPITRE ENVOYEE À SAINTE-BEUVE :

Jeune homme de moins de vingt-cinq ans annonçant la publication prochaine du recueil Les Lesbiennes, Baudelaire envoie un hommage à Charles Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) âgé d’environ quarante ans qu’il considère comme son maître. Auteur de recueils poétiques Vie, poésies et pensées de Joseph Delorme (1829) ; les Consolations (1830) ; Pensées d’Août (1837) et Volupté (1834), roman épistolaire sur l’entrée en religion d’un prêtre; Sainte-Beuve admirateur des auteurs de La Pléiade dans Tableau historique et critique de la poésie française au XVIe siècle (1828) appartient au cénacle romantique dont Hugo, Lamartine, Musset et Chateaubriand sont les étoiles. Académicien (1844), professeur au Collège de France puis à l’Ecole normale (1857-1861), sénateur de l’Empire (1867), Sainte-Beuve renonce à la poésie « rejetée comme trop prosaïque » par les romantiques et se consacre dans la seconde partie de sa vie à la « critique littéraire » avec Portraits littéraires (1844-52) ; Causeries du lundi (1851-62). Roger Fayolle écrit :

« Cette pratique de la critique est apparue comme un modèle. Impressionnisme et nomenclature pseudo-scientifiques sont les deux aspects de la critique d’inspiration beuvienne, où la critique biographique et psychologique, le portraitisme et la causerie passent pour des analyses littéraires ».

De cette épître, Baudelaire attendait vraisemblablement une reconnaissance, une incursion dans les milieux littéraires. En réalité par manque de diplomatie, par esprit d’indépendance, de forfanterie et « d’impertinence » il manqua son objectif. En effet, dans son préambule, Baudelaire a la maladresse de se référer à Stendhal que Sainte-Beuve méconnaît comme il mésestime Balzac ou Hugo. Baudelaire se cache derrière Stendhal comme il se cacha longtemps derrière Edgar Poe et à la volonté de choquer en exprimant des fantasmes homosexuels à peine voilés dont l’amant d’Adèle Hugo se méfiera sans doute toujours.

EPITRE ENVOYEE À SAINTE-BEUVE

entre 1843 et 1846


Monsieur,
Stendhal a dit quelque part-ceci, ou à peu près- : J’écris pour une dizaine d’âmes sensibles que je ne verrai peut-être jamais, mais que j’adore sans les avoir vues.
Ces paroles, Monsieur, ne sont-elles pas une excellente excuse pour les importuns, et n’est-il pas clair que tout écrivain est responsable des sympathies qu’il éveille ?
Ces vers ont été faits pour vous - et si naïvement - que lorsqu’ils furent achevés, je me suis demandé s’ils ne ressemblaient pas à une impertinence, - et si la personne louée, - n’avait pas le droit de s’offenser de l’éloge. - J’attends que vous daigniez m’en dire votre avis.
Dans son excellente analyse, Jérôme Thélot compare ce préambule aux lettres adressées à Madame Sabatier ou à Banville. Le soulignement du pour vous fait écho au pour une dizaine d’âmes et à la personne louée, périphrases féminines marquant la passion, la chevalerie et la galanterie courtoise et la complicité forcée : « les deux poètes sont l’un pour l’autre (une âme),(une personne louée), une dame, une inspiratrice ». Dans le poème, Baudelaire joue de la sensualité homosexuelle féminine puis masculine « je suis vis à vis de vous comme un amant ». Ici l’homosexualité n’est qu’un prétexte à être impertinent c’est à dire à déroger à la politesse et aux mœurs convenues, à sortir des sentiers battus, à être différent, différent jusqu’à choquer, différent jusqu’à être poète. Thélot écrit :
« Déplacé, l’éloge de Baudelaire à Sainte-Beuve ? Indécent et inconvenant ? - Assurément. Comme le verbe déplace les codes comme le dire transgresse le dit. Le poète va choquer son lecteur dans la mesure où la poésie choque la langue. La naïveté créatrice a attenté à la pudeur du destinataire et aux convenances du monde, parce qu’elle est dans le langage ce qui attente au langage. (...) L’éloge est sans doute une offense. En tant qu’elle est naïve, qu’elle suspend et violente les convenances de la langue établies, la poésie semble outrager ce qu’elle loue et louer ce qu’elle outrage(...) Dans le poème il demandera encore, et ce sera pour nous la question cardinale de toute l’épître :
Poète, est-ce une injure ou bien un compliment ? (...)
Baudelaire interroge explicitement son maître sur la valeur éthique de l’opération poétique. Celle-ci est elle innocente comme la naïveté ou coupable comme l’impertinence ? (...) Baudelaire néanmoins y réclame une réponse dont il attend, outre des gratifications mondaines, un savoir : sur la légitimité de son ambition poétique, sur son « droit » à la vocation. En poésie les significations sont déplacées : le lecteur y est une maîtresse dont l’éloge est une offense. Ce déplacement instaure-t-il un échange plus haut que celui du discours ordinaire, ou est-il impuissant et va-t-il séparer l’auteur et le lecteur, l’offenseur et l’offensé, le moi et l’autre ? Que peut- une fois de plus- la poésie ? »

Tous imberbes alors, sur les vieux bancs de chêne,
(...)
- Nous traînions tristement nos ennuis, accroupis
Et voûtés sous le ciel carré des solitudes,
Où l’enfant boit, dix ans, l’âpre lait des études .
(...)
- C’était dans ce vieux temps, mémorables et marquant,
(...)
C’était surtout l’été, quand les plombs se fondaient ,
Que ces grands murs noircis en tristesse abondaient,
Lorsque la canicule ou le fumeux automne
Irradiait les cieux de son feu monotone,
Et faisait sommeiller, dans les sveltes donjons,
Les tiercelets criards, effroi des blancs pigeons ;
Saison de rêverie, où la Muse s’accroche
Pendant un jour entier au battant d’une cloche ;
Où la Mélancolie, à midi, quand tout dort,
Le menton dans la main, au fond du corridor,-
L’œil plus noir et plus bleu que la Religieuse
Dont chacun sait l’histoire obscène et douloureuse,
- Traîne un pied alourdi de précoces ennuis,
Et son front moite encor des langueurs de ses nuits.-
Et puis venaient les soirs malsains, les nuits fiévreuses,
Qui rendent de leur corps les filles amoureuses,
Et les font aux miroirs - stérile volupté -
Contempler les fruits mûrs de leur nubilité -
Les soirs italiens, de molle insouciance,
- Qui des plaisirs menteurs révèlent la science,
- Quand la sombre Vénus, du haut des balcons noirs,
Verse des flots de musc de ses frais encensoirs. -
.......................................................................
Ce fut dans ce conflit de molles circonstances,
Mûri par vos sonnets, préparé par vos stances,
Qu’un soir, ayant flairé le livre et son esprit,
J’emportai sur mon cœur l’histoire d’Amaury .
(...)
- J’ai partout feuilleté le mystère profond
De ce livre si cher aux âmes engourdies
Que leur destin marqua des mêmes maladies,
Et devant le miroir j’ai perfectionné
L’art cruel qu’un Démon en naissant m’a donné ,
- De la Douleur pour faire une volupté vraie, -
D’ensanglanter son mal et de gratter sa plaie.
Poëte, est-ce une injure ou bien un compliment ?
Car je suis vis-à-vis de vous comme un amant
En face du fantôme , au geste plein d’amorces,
Dont la main et dont l’œil ont pour pomper les forces
Des charmes inconnus. - Tous les êtres aimés
Sont des vases de fiel qu’on boit les yeux fermés.



















c

_________________
le trop de quelque chose est un manque de quelque chose...
Si tu n'as pas le temps,c'est que tu es dèjà mort...


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Message non luPosté: 11 Sep 2009, 18:43 
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ce n'était pas du tout un mauvais peintre .Les gens qui disent ça sont des imbéciles ,

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Message non luPosté: 12 Sep 2009, 05:15 
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Inscription: 01 Mai 2008, 20:25
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Tiens on a tout effacé de ce que j'ai dit ,
la mémoire ,
bon c'était hier ,
mais l'éphémère ca dure combien de temps ?


Esprit ,

bien ce n'est pas B c'est R

L'exil

Éternelles Ondines
Divisez l'eau fine.
Vénus, soeur de l'azur,
Émeus le flot pur.
Juifs errants de Norwège
Dites-moi la neige.
Anciens exilés chers,
Dites-moi la mer.

MOI- Non, plus ces boissons pures,
Ces fleurs d'eau pour verres,
Légendes ni figures
Ne me désaltèrent;

Chansonnier, ta filleule
C'est ma soif si folle
Hydre intime sans gueules
Qui mine et désole.

un poême qui a tout son sens quand on le comprends

_________________
JOY !


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Message non luPosté: 12 Sep 2009, 10:54 
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SPORTIVES LESBIENNES :LE GRANG TABOU ? Par Nolwenn Le Blevennec

France-Pays Bas, c'est du football, jeudi 3 septembre, un quart de finale de l'Euro 2009 qui se tient jusqu'au 10 septembre en Finlande. Et comme c'est du foot féminin, personne ou presque n'en a rien à cirer. Sandrine Soubeyran, la capitaine de l'équipe, soupire: «Toutes les autres équipes ont leur match diffusés dans leur pays. Pas nous. C'est comme ça. On n'en fait pas une affaire d'état.» Car dans l'esprit hexagonal du public, des annonceurs et des journalistes sportifs, Foot + femmes = gazon maudit. Une équation qui se répète pour la grande majorité des disciplines collectives. Tout le monde «sait», ou le pense, personne n'en parle: le sport féminin abrite une forte proportion de lesbiennes. Et ça, c'est pas vendeur.

Cet été, la Fédération française de football a eu l'idée de faire poser nues les plus jolies des joueuses de l'équipe nationale, avec un message quasi-désespéré: «Faut-il en arriver là pour que vous veniez nous voir jouer ? » Comme le relève le blog Pleinelucarne.com: «A défaut de jouer sur la qualité du jeu pratiqué par les Bleues, la FFF mise sur leur physique. Certes, l'impact de la campagne est bien réel mais cela fait ressortir le côté macho du sport, au grand désespoir de l'entraîneur des Françaises: "Nous n'avons jamais eu autant de demandes d'interviews que depuis la publication de ces photos. Ça prouve qu'on est dans un monde de machos et de beaufs."»

D'abord le tabou
En France, elles sont deux, mais bien seules. L'une est célèbre, l'autre moins. La joueuse de tennis Amélie Mauresmo et la triathlète Carole Péon. Sportives de haut niveau, elles ont affiché leur homosexualité. Il n'y en a aucune autre en activité. Explication du directeur de la communication de la fédération française de football:
«Les fédérations évitent de parler de la présence des lesbiennes dans le sport, parce que cela pourrait affecter les relations publiques, les commanditaires, le recrutement et l'image des femmes dans le sport.»

Car sur les pelouses, les tatamis ou dans les bassins contrairement au show biz, l'attribut «lesbo» n'est pas chic du tout. Sylvain Ferez, sociologue du sport, affirme que les sponsors ne veulent surtout pas que la sexualité des sportifs soit questionnée. Philippe Liotard, sociologue lui aussi, rappelle que durant des années, Amélie Mauresmo a été représentée par les médias comme une «super nana hétéro».

Alors quand un magazine pense à consacrer quelques pages aux sportives, c'est pour mieux exalter leur féminité. Les canons des courts de tennis en premier lieu (les Sharapova, Dementieva, Bondarenko). La frèle navigatrice face aux océans déchaînés. Et s'il met en scène une rugbywomen du Sud-Ouest, c'est avec un reportage photo où on la voit appliquer du rouge sur ses ongles (de pieds!). La nageuse qui rêve de faire un carrière publicitaire à la Laure Manaudou n'a donc pas intérêt à faire son coming out. Les spécialistes de la natation savent pourtant tous que parmi les espoirs des bassins français, plusieurs ne préfèrent pas les garçons. Dans les sports collectifs de haut niveau, les homosexuelles sont légion au point que l'hétéro expérimente parfois le sentiment de sa «différence». Les homosexuelles aimeraient-elles plus le sport que les hétérosexuelles?

L'hypothèse qui fait polémique
Selon une étude récente, de l'institut suédois Karolinska, l'un des centres de recherche médicale les plus importants d'Europe, le cerveau homosexuel aurait une structure différente de celui des hétérosexuels, peut-être même dès la naissance. Selon ses chercheurs, le cerveau des hommes hétérosexuels et des lesbiennes serait «asymétrique», alors que celui des gays et des femmes hétérosexuelles serait «symétrique». Conclusion: les lesbiennes se rapprocheraient, par leur structure cérébrale, des hommes hétéros, pour des raisons génétiques ou hormonales (testostérone présente durant le développement embryonnaire). Cela pourrait expliquer que les synapses d'une homo soient affolées par la perspective d'un match de rugby, le dimanche matin.


Les trois grands coming-out
En 1981, peu après avoir obtenu la nationalité américaine, Martina Navratilova fait part publiquement de son orientation sexuelle. C'est une première. Dix-huit ans plus tard, Amélie Mauresmo atteint la finale de l'Open d'Australie. A une journaliste du Figaro qui lui demande pourquoi elle a déménagé, la chouchoute du tennis français répond que c'est parce qu'elle a rejoint son amie à Saint-tropez. Elle est la première personnalité sportive française officiellement homo. Mariée avec Eric Jackson dont elle a divorcé en 1999 et dont elle a un enfant, la plus populaire des basketteuses américaines, Sheryl Swoopes, a révélé son homosexualité dans une interview accordée à ESPN, en octobre 2005.

Mais Catherine Vidal, neurobiologiste, directrice de recherche de l'institut Pasteur, émet de sérieux doutes sur les conclusions de cette étude : «Le cerveau possède des propriétés de plasticité qui font qu'il se construit en fonction de l'histoire de chacun.» Et d'alerter: «Attention au déterminisme biologique, c'est toujours très dangereux». Un point de vue que partage Emilie Sablik, sociologue et auteure de Carrière sexuelle et pratique sportive (revue Sports et sciences sociales): «Une petite fille qui joue au foot va développer dans son cerveau des capacités de repérage dans l'espace, par exemple, qui va la rendre meilleure en sport. Pas celles qui jouent à la dînette.»

Et justement, les lesbiennes sportives font souvent partie de la première catégorie. La plupart du temps, elles sont d'anciens «garçons manqués» et le revendiquent. Enfants, elles aimaient la vitesse et les jeux d'équipe. Emilie Sablik prévient: «Attention, on ne devient pas lesbienne, parce qu'on a fait du foot plus jeune. C'est plus une question d'identification à la masculinité- en général.»
La «question» des vestiaires
Il faut du cran pour un jour s'engager, petite, dans des sports collectifs «de garçons». « Ma mère a cédé, au bout de plusieurs mois », rigole Vic, jeune footballeuse du PUC (Paris Université Club). La question des vestiaires est «la» question qui inquiète le plus les parents de jeunes filles se tournant vers des sports connotés «homo» -foot, rugby, sports de combat, hand entre autres.

Les filles hétéros arrêtant souvent ces sports entre 20 et 30 ans, lorsqu'elles s'installent en couple et font des enfants, la proportion de lesbiennes s'accroît d'autant au sein des clubs. Analyse du sociologue Sylvain Ferez: «Tous les secteurs sociaux ne sont pas investis de la même façon par les homos, certains d'entre eux sont privilégiés parce qu'ils participent à la construction de leur identité sexuelle. Le sport est le lieu par excellence de socialisation de l'homosexualité féminine... contrairement à l'homosexualité masculine qui elle, se "retrouve" dans des univers dits féminins, la mode, la beauté, la communication.»

L'équipe devient l'environnement idéal pour construire et vivre son homosexualité. Elle a d'abord un rôle d'initiation. Ados, les jeunes filles vont y rencontrer leurs premières copines. Les anciennes jouent le rôle de «marraines». Tania, footballeuse du PUC, originaire du Salvador, partageait ces codes et ces valeurs, de façon inconsciente: «Au foot, au début, je n'avais pas vu qu'il y avait beaucoup de lesbiennes. Je m'y sentais à l'aise, sans savoir pourquoi !»

L'entraîneur d'un grand club de natation décrit un monde condensé où l'on se touche, se console beaucoup: «Il y a même des lesbiennes de circonstance qui, après, redeviendront hétéros.»

«De toutes façons, j'ai un ami»
Marinette Pichon, 33 ans, ex-capitaine de l'équipe de France, reçoit dans son bureau d'un conseil général d'Ile de France. Partout, des photos d'Ingrid, sa compagne. « J'assume ma femme, je l'aime. » La joueuse, cent douze sélections en équipe de France, raconte qu'un jour, l'entraîneuse est tombée sur une lettre d'amour de son amie de l'époque: «Elle est venue me voir pour dire que ça lui posait problème. Je lui ai répondu que je ne voulais plus qu'elle se mêle de ma vie.»

Selon elle, l'homophobie vient surtout des hommes qui gravitent autour des joueuses. L'encadrement s'inquiète de voir les histoires d'amour prendre le pas sur les entraînements: «Ils n'aiment pas les relations entre joueuses, ça déconcentre l'équipe.»

Amandine (son prénom a été changé à sa demande) fait partie de l'actuelle équipe de France de foot. C'est une de ses amies lesbiennes qui nous envoie auprès d'elle. Dans son club de la région parisienne, moins gayfriendly que la moyenne, elle évite de parler de sa vie personnelle. Sur le sujet de l'homosexualité féminine dans le sport, Amandine dit... n'avoir rien à dire, «ne pas se sentir concernée». Elle clôt la discussion : «De toutes façons j'ai un ami".

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