Forum trans

Le forum I - TRANS - Transgenre et Transsexualité | Transidentité - Infos et Rencontres

Le forum trans - Transsexuelles, transsexuels, transgenres, hermas et autres humains de tous genres.


Entraide, droits civiques, droit à l' autodétermination sexuelle et rencontres

Nous sommes le 30 Avr 2026, 17:31

Heures au format UTC [ Heure d’été ]




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 2 messages ] 
Auteur Message
 Sujet du message: les crimes d'honneur
Message non luPosté: 19 Sep 2009, 15:27 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 12 Juin 2009, 14:39
Messages: 2885
je suis musulmane et j'ai aussi le droit de critiquer l'hypocrisie de certains musulmans et les autres cultures aussi. Laura-Julie Perreault
La Presse

Journaliste jordanienne, Rana Husseini ne s'est jamais remise de la première histoire de «crime d'honneur» qu'elle a couverte pour son journal, le Jordan Times. Elle était incapable de comprendre comment, «au nom de l'honneur», une famille avait pu tuer une jeune fille de 16 ans parce qu'elle avait été violée par son frère.

L'article qu'elle avait tiré de cette histoire il y a 15 ans, dans lequel elle citait les oncles qui blâmaient la victime pour son comportement répréhensible, avait soulevé l'ire en Jordanie. Il s'est aussi transformé en croisade pour la journaliste, qui a depuis enquêté sur des dizaines et des dizaines de cas semblables.

Le fruit de ses recherches acharnées a donné lieu à un tout nouveau livre, Meurtre au nom de l'honneur, publié en juin, ainsi qu'à une campagne pour faire changer les choses dans son pays et ailleurs.

«Ce que j'ai trouvé, c'est que les crimes qui sont appelés faussement "crimes d'honneur" sont des crimes comme les autres. Souvent, ceux qui ont perpétré les meurtres disent qu'ils l'ont fait au nom de l'honneur, mais c'est souvent pour cacher autre chose: un viol, une dispute d'héritage», a dit hier à La Presse la journaliste, jointe à Amman.

«Ils pensent que leurs problèmes vont disparaître en tuant une femme. La plupart du temps, le crime ne règle rien du tout. Le crime ne s'efface jamais. Ceux qui l'ont perpétré gardent la plupart du temps beaucoup de culpabilité», dit celle qui a interviewé de nombreux meurtriers pour mieux comprendre leurs motivations.

L'un d'eux, qui avait tué sa soeur, souhaitait même que la peine de mort soit appliquée à ceux qui tuent au nom de l'honneur afin que les familles n'incitent plus d'hommes comme lui à commettre l'irréparable.

Or, en ce moment, loin de mener à l'échafaud, le motif «d'honneur» allège la peine imposée au meurtrier dans des dizaines de pays. C'est notamment le cas en Jordanie, au Liban et dans la plupart des provinces irakiennes. «Les meurtriers sont même parfois excusés», a noté Mme Husseini en ajoutant qu'il faut changer les lois, mais que cela n'est pas suffisant. «Beaucoup de gens ne pensent pas à la punition quand ils commettent un crime. Comme dans tous les cas de violence envers les femmes, il vaut mieux documenter les cas et en parler constamment», croit la journaliste.

Rana Husseini est d'ailleurs convaincue que le chiffre utilisé par les Nations unies - qui estiment que 5000 femmes chaque année sont victimes de crimes commis au nom de l'honneur - n'est que la pointe de l'iceberg. «Souvent, ces meurtres sont signalés comme des accidents ou des suicides», a-t-elle noté.

Dissocier le crime de l'islam

Sur la base de son expérience, Mme Husseini refuse de faire l'équation entre les crimes commis au nom de l'honneur et l'islam. Au fil des ans, elle a répertorié de nombreux cas de meurtres comparables, notamment dans des villages italiens, espagnols et grecs, ou encore dans des familles sikhes. «C'est un phénomène international», fait-elle remarquer.

D'origine pakistanaise, Tahira Khan, qui a elle aussi consacré un livre à la question des crimes perpétrés au nom de l'honneur, abonde dans le même sens. «Il est exact de dire que la plupart des crimes d'honneur ont lieu dans des pays musulmans, mais ils ne sont pas liés directement aux enseignements de l'islam. Une des preuves en est que ce genre de crime n'est pas perpétré partout dans la communauté musulmane, qui compte 1,5 milliard de fidèles. On ne signale pas de "crimes d'honneur" en Indonésie, le plus grand pays musulman du monde.

_________________
le trop de quelque chose est un manque de quelque chose...
Si tu n'as pas le temps,c'est que tu es dèjà mort...


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message:
Message non luPosté: 19 Sep 2009, 15:30 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 12 Juin 2009, 14:39
Messages: 2885
Judith Lachapelle:préferer la prison au nom de famille souillé
La Presse

L'honneur familial est un concept difficile à comprendre pour les Occidentaux. «Pour énormément de gens, les conséquences d'un geste destiné à sauver la famille du déshonneur sont secondaires», dit Marie-Hélène Paré, travailleuse sociale et auteure d'une maîtrise sur les crimes d'honneur au Liban.

Pour certains, il serait donc moins humiliant d'être reconnu coupable de meurtre et envoyé en prison que de voir le nom de sa famille souillé parce qu'une soeur a eu des relations sexuelles avant le mariage ou qu'un frère est homosexuel. «Plus l'honneur a de l'importance pour la famille, plus les mesures pour en conserver l'intégrité seront répressives», observe la chercheuse.



Mme Paré, qui a travaillé au Moyen-Orient pour Médecins sans frontières et achève actuellement un doctorat à l'Université d'Oxford, en Angleterre, a interrogé pour ses travaux une soixantaine de parents libanais pour comprendre comment ils concevaient la question de l'honneur. Pour plus de la moitié d'entre eux, l'honneur familial était une valeur suprême à laquelle les hommes et les femmes de la famille - confinés dans leurs rôles traditionnels - devaient se conformer, sous peine de représailles.

Environ le quart des parents croyaient à l'égalité entre les sexes, mais se souciaient de sauvegarder les apparences en adoptant des «stratégies de tromperie», dit la chercheuse - par exemple, une fille violée sera mariée au violeur avant de divorcer deux semaines plus tard.

Une minorité des parents interrogés plaçaient les droits de la personne en premier et choisissaient, par exemple, de poursuivre un violeur devant la justice pour laver l'honneur de leur fille. Détail important, souligne la chercheuse: ces parents ne faisaient pas nécessairement partie de l'élite. «Ce ne sont pas nécessairement les classes les plus pauvres qui vont tuer», dit Mme Paré.

La religion n'est pas toujours derrière le crime d'honneur, rappelle la chercheuse. «Il s'agit beaucoup de la culture familiale, surtout si le nom de famille a une importance politique, culturelle ou militaire.» Des familles chrétiennes du Liban ont déjà tué pour l'honneur, indique Mme Paré, et des familles afghanes ont refusé que leur fille fréquente un Pakistanais même s'ils étaient tous les deux musulmans.

En Grande-Bretagne, où vivent des communautés moyen-orientales et du sud-est asiatique depuis de nombreuses années, le crime d'honneur est une notion bien connue. Les services sociaux, dit Mme Paré, interviennent très rapidement dans les familles dès que la question de l'honneur est soulevée. Ce qui n'empêche pas des familles bien intégrées d'être menacées par la famille élargie. «Dans les communautés où l'honneur définit tellement la réputation qu'ils ont, les parents ont actuellement très peu de pouvoir relativement, par exemple, à un cousin germain dans la contrée lointaine du Pakistan qui serait offusqué par le comportement de sa cousine et qui arriverait à l'aéroport de Heathrow. On a déjà vu ça.»

Le ministère britannique de l'Intérieur a fondé la Forced Marriage Unit, une unité spéciale chargée de recevoir les signalements de mariages forcés. Depuis le début de l'année, l'organisme a reçu 770 signalements. En juin dernier, le gouvernement a demandé aux écoles d'être vigilantes à l'approche de l'été, la saison pendant laquelle des jeunes filles sont emmenées dans leur pays d'origine - le plus souvent le Pakistan - pour y être mariées.

De plus, la police londonienne précise clairement que les signalements de mariages forcés et les crimes d'honneur sont pris en charge par sa division d'enquête sur les crimes haineux et la violence conjugale.

Les immigrants reçoivent-ils toute l'information nécessaire sur les valeurs et les lois en vigueur dans leur pays d'accueil? se demande Mme Paré. «Il faut revoir le mythe du multiculturalisme, celui qui veut que les gens s'adaptent comme par magie".

_________________
le trop de quelque chose est un manque de quelque chose...
Si tu n'as pas le temps,c'est que tu es dèjà mort...


Haut
 Profil  
 
Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 2 messages ] 

Heures au format UTC [ Heure d’été ]


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 5 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

cron
Développé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction par phpBB-fr.com