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Message non luPosté: 06 Avr 2021, 18:31 
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Il y a longtemps que je ne suis plus venue sur ce forum et pourtant que de questions je me suis posée !
Je vis ma trans-identité depuis de longues années et c'est comme si j'avais vécu 2vies totalement distinctes. J'ai eu une longue vie d'homme "normal" marié avec un fils et une profession qui m'apportait beaucoup de joies et où je m'accomplissais, j'ose le dire, pleinement ou du moins je le croyais !
Brutalement, je ne supportais plus mon corps, je désespérais de ne plus être un être accompli, reconnu par la société et mon entourage. J'ai ressenti profondément la nécessité d'intégrer totalement un corps de femme. Très tardivement par rapport à vous toutes, j'ai pris des hormones femelles et anti-androgènes, je me suis fait épiler au laser sur certaines parties du corps et du visage, à la cire sur d'autres car j'avais déjà pas mal de poils blancs qui ne peuvent être éliminés par le laser qui est un rayon lumière qui s'attaque à la pigmentation du poil, la mélanine, et de ce fait est inopérant sur les poils blancs. Mon corps et mon aspect ont changé assez rapidement. Il me fallait des vêtements plus amples pour masquer ma poitrine et mes mamelons. Mes cheveux ont pris plus d'importance et d'épaisseur, ma graisse s'est répartie de manière féminine. Vous connaissez ces modifications. J'ai également travaillé ma voix. Le plus dur restait à faire. L'annoncer à ma famille, assumer ma réalité féminine et la révéler dans mon entourage professionnel, donc exercer mon métier comme femme et changer mes papiers, mon compte en banque, enfin tout ce que beaucoup d'entre vous ou sont en train de vivre. Tout ceci prend des années et à présent je suis une vieille femme et je ne le supporte pas, mais alors pas du tout.
J'aimeraais connaître votre point de vue et savoir si l'une ou l'autre vit les mêmes difficultés que moi


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Message non luPosté: 07 Avr 2021, 01:36 
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Amélie33 a écrit:
...à présent je suis une vieille femme et je ne le supporte pas, mais alors pas du tout...


C'est bien triste. Pourquoi ?


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Message non luPosté: 07 Avr 2021, 08:42 
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AprilMay a écrit:
Amélie33 a écrit:
...à présent je suis une vieille femme et je ne le supporte pas, mais alors pas du tout...


C'est bien triste. Pourquoi ?



Bonjour Amélie.

Je te comprends, la difficulté d'être une femme âgée vient que tu as fait une transition sur le tard et ce n'est pas évident à vivre.
Ce qui t'arrive est commun à pas mal de femmes, c'est juste que la société n'en parle pas.
De plus il faut considérer que faire une transition à nos âges c'est très éprouvant pour notre corps et la transition est plus longue, de même notre perception du temps est différent ce qui renforce nos attentes, on est super exigeante avec nous même mais notre corps lui il nous fait défaut par moment.
De même ce que tu ne supportes pas c'est sans doute la vieillesse tout simplement, peu importe ton genre.

Les côtés ultra dark d'une transition sur le tard, c'est pédagogique pour les jeunes qui hésitent :
- On a le sentiment d'avoir loupé une grande partie de notre vie, pas besoin de faire un dessin.
- Notre ancienne situation masculine nous protégeait indirectement, une espèce de carapace dont on se défait mais on est mise à nue pendant notre transition et il faut en faire une autre basée sur notre féminité mais c'est plus dure à construire en étant âgée.
- Notre sexualité qui peut être mise en sommeil rapidement après tout le chamboulement du THF.
- Notre vieillesse en fonction la vie que l'on a eu est une accumulation possible de regrets suivant notre situation sociale, familiale et notre corps nous lâche progressivement (t'as mal où) ce qui rajoute une bonne couche de déprime par moment.
- La perception des femmes de + de 50 ans dans notre société est très limitée, on devient vite invisible sauf dans des cas particuliers.

Les côtés positifs d'être une femme âgée tout court :
- La transition est notre deuxième naissance, il faut la valoriser, c'est le tremplin de notre vie de femme.
- On a conscience de notre âge et c'est dommage de ne pas profiter de l'instant présent.
- Si on a la chance d'avoir un noyau familial fort, on peut se construire autour de celui-ci, par exemple être considérée comme une grand mère à part entière si on a eu des enfants sans drames autour d'eux.
- Une femme âgée bien dans sa peau est bien respectée en général.
- Pouvoir s'acheter de belles fringues malgré notre âge.
- Être fière de notre parcours.
- Être une femme tout simplement.

La dysphorie n'est pas un choix donc il n'y a rien à regretter ! Tu as fait ce qu'il fallait faire !
La seule solution pour nous est de mettre en valeur les choses positives de notre vie passée ou du présent sans trop compter sur le soutien des psy qui ne sont pas formés en général pour nous accompagner. J'aime bien le forum justement car il me permet de discuter avec des femmes de mon âge (ou pas) et cela me rassure de voir que l'on est toutes si proches et si différentes à la fois.

Bises


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Message non luPosté: 07 Avr 2021, 13:04 
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Inscription: 26 Juil 2020, 13:53
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Faire une transition sur le tard n’est effectivement pas toujours facile. Le défi principal étant de ne pas trop s’appesantir sur ces années perdues, vécues qu’à moitié. Le culte de la jeunesse, omniprésent dans notre culture en ajoute une couche, te rappelant au cas où tu l’aurais oublié, qu’être ado ou jeune adulte est le nombril de l’existence humaine et que ce qu’il y a en périphérie ne sont que des miettes.


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Message non luPosté: 07 Avr 2021, 15:46 
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Les années vécu à moitié ? C est fou comme je l entend , j ai eu la chance de côtoyer pas mal de personnes trans dans ma vie et d échanger avec , mais dans l’ensemble toutes mon dit avoir eu des vies bien remplies et de ne pas les avoir vécu à moitié mais de façon différente, que le déclic est arrivé à un moment et c est la que les choses se complique finir une façon de vivre pour en commencer une nouvelle, faire les choix qui s’imposent, car c est assez rare de conserver les avantages de l avant dans l’après. Ne serait-ce que dans la vie de couple , l’épouse a choisi un homme et devoir assumer la transidentité de l autre c est pas simple et cela amène à des choix . Je comprend très bien les femmes qui disent stop. Ensuite la jeunesse n avons pas toutes eu 20 ans et le culte de notre propre jeunesse, et si et si ! Et seulement si nous avions eu la possibilité d être jeune et femme ! Mais peut-être qu’à l’époque nous aurions tout simplement refuser car le cheminement pas fait. Nous vivons chaque année après l’autre et plutôt que de se morfondre et d en perdre davantage, avançons sans nous retourner. Ensuite il y a des moyens de se sentir et de paraître plus jeune , rien ne nous oblige à faire les mamies. L’âge c est bien souvent dans la tête.

Et pour clore , écouter la chanson de Brassens ,le temps ne fait rien a l’affaire.

_________________
Longue vie et prospérité.


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Message non luPosté: 07 Avr 2021, 17:45 
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Je ne suis pas la mieux placée pour parler de ça puisque je suis dans un entre-deux. Je me rappelle très bien une émission sur Olivia et je me suis dit « la claaaaaasse » (en vrai, il y avait beaucoup plus de « a » que ça).

J’ai la chance de m’occuper de beaucoup de femmes âgées du fait de ma spécialisation chirurgicale et j’ai trop envie de finir comme elles en vieille femme (si je peux éviter le prolapsus…). Mais j’avais aussi envie d’avoir quand même quelques souvenirs de moi en moi-même pas trop vieille et c’est ce qui m’a fait franchir le Rubicon de ma phase contemplative qui avait duré que trop longtemps (et comme dit Choupi, le boomerang n’en est que plus dur plus on procrastine et la dysphorie n’est pas un choix). Olivia avait fait sa transition à 50 ans ce qui m’a franchement ouvert les yeux sur ce qu’il était possible de faire.

Je sais aussi que nos métiers sont tellement remplis de personnes misogynes binaires (les gynécons on les appelle) qu’il est difficile d’apporter une touche d’arc-en-ciel dans nos vies professionnelles. Si j’avais eu le courage, j’aurais eu une autre vie, mais pas deux beaux enfants… Je fais un beau métier, j’ai des amis qui m’aiment comme je suis, mais j’ai effectivement l’impression d’avoir une adolescence ratée et d’avoir trop longtemps laissé la testostérone faire son travail, sans compter toutes les brimades et tous les autres trucs débiles que j’aurais évités en m’affirmant vraiment. Je pense que cela doit faire partie du processus de deuil cette histoire, car je suis beaucoup plus en paix par rapport à ça depuis quelque temps.

Finir en vieille femme, c’est un objectif pour moi (en plus des vacances entre copines ;-)). À défaut d’être belles, on peut avoir du style !

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Poulette Inside.
Qui sommes-nous si l'on ne peut parler avec notre coeur ?


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Message non luPosté: 07 Avr 2021, 18:32 
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nathasha69 a écrit:
Les années vécu à moitié ? C est fou comme je l entend , j ai eu la chance de côtoyer pas mal de personnes trans dans ma vie et d échanger avec , mais dans l’ensemble toutes mon dit avoir eu des vies bien remplies et de ne pas les avoir vécu à moitié mais de façon différente, que le déclic est arrivé à un moment et c est la que les choses se complique finir une façon de vivre pour en commencer une nouvelle, faire les choix qui s’imposent, car c est assez rare de conserver les avantages de l avant dans l’après. Ne serait-ce que dans la vie de couple , l’épouse a choisi un homme et devoir assumer la transidentité de l autre c est pas simple et cela amène à des choix . Je comprend très bien les femmes qui disent stop. Ensuite la jeunesse n avons pas toutes eu 20 ans et le culte de notre propre jeunesse, et si et si ! Et seulement si nous avions eu la possibilité d être jeune et femme ! Mais peut-être qu’à l’époque nous aurions tout simplement refuser car le cheminement pas fait. Nous vivons chaque année après l’autre et plutôt que de se morfondre et d en perdre davantage, avançons sans nous retourner. Ensuite il y a des moyens de se sentir et de paraître plus jeune , rien ne nous oblige à faire les mamies. L’âge c est bien souvent dans la tête.

Et pour clore , écouter la chanson de Brassens ,le temps ne fait rien a l’affaire.


Salut Natasha,

Le culte de la jeunesse, pour certain(e)s peut être mais j'en garde pas un très bon souvenir de la mienne sinon de ma lâcheté crasse envers moi même et de mon ignorance.

La particularité de la vieillesse est la difficulté d'accorder notre âge intérieur et celui de notre corps.

On est toutes différentes et pas toujours prêtes à assumer la "positive attitude", la réalité de notre ressenti varie énormément suivant notre vécu indépendament de notre genre et parfois des personnes qui nous disent comment on devrait être "idéalement" on ne reçoit pas toujours le message à 100%, c'est humain.

Plus on avancera dans la décade, plus les profils des personnes qui transitionnent sur le tard seront différents, les personnes qui ont transitionnées il y a plus de quinze ans étaient fortes pour pouvoir assumer une transition dans les conditions de l'époque maintenant c'est différent, c'est toujours le cas mais peut être que leur état est moins solide, je ne sais pas comment l'exprimer. Par exemple si les conditions était restées les mêmes qu'il y a 20 ans, je ne sais pas si j'aurais été capable de prendre ma décision.

En écrivant dans le forum, j'essaie d'être positive car en ce moment vaut mieux l'être par nos écrits, par respect aussi pour celles et ceux qui nous lisent.
Pour moi avoir comme but d'être une grand mère entourée de ses petits enfants, ce n'est pas du tout péjoratif, bien au contraire, la famille ça compte.
Mais...
Perso ma vie en tant que mec, c'est de la merde en barre et mis à part certaines périodes positives de ma vie avec ma femme, le reste je suis restée inadaptée au genre masculin pendant des décennies et on ne peut pas comparer les années 80 à la dernière décade. Si j'ai décidé de transitionner c'est aussi pour éviter d'infliger un drame à ma famille à la base. Si il y a des femmes qui ont pu être à leur place en tant que mec, c'est tant mieux pour elles mais les avantage d'être un mec, c'est quoi ?? Ils sont passés à côté et je ne les ai pas saisi car le monde masculin je ne l'ai jamais compris (surtout accepté) mais maintenant je sais pourquoi. Il y a des personnes qui arrivent à être à leur place dans la société quel que soit leur genre mais celles-ci oublient souvent que leur réalité leur est propre et qu'il y a pas mal de gens qui galèrent avec leur vie pour trouver leur place indépendament de leur genre. Effectivement c'est plus facile de vieillir si on a eu une vie sans drame majeur ou en étant à sa place. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde.

i love you à tou(te)s


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Message non luPosté: 07 Avr 2021, 19:02 
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Localisation: Aquitaine
Hello,

@choupi
@Thelma

Vos messages sont profondément touchants et plein de bon sens.

Ma vis d'avant n'en valait guère la peine, des migraines à répétition.
J'ai eu une anorexie sévère à la puberté et le début des migraines.
J'aurais mieux fait de crever ! Il s'en est fallu de très peu.
Ma vie d'homme ? Inexistante, je ne me suis jamais sentie homme. Je ne sais même pas hors des grandes lignes ce que cela pourrait être.

J'ai enfin pu me débarrasser de mes migraines et me lancer dans une transition.
L'impression de sortir d'une hibernation. Les antalgiques puissants y sont certainement pour quelque chose, une coupure de la réalité.
Une étrange sensation de naître. Je me sens avec un mental d'adolescente.
On me le dit souvent.

Être femme est vraiment ce qui me correspond.
Dommage que mon corps n'ait pas 20 ans.

Je ne me sent pas du tout être une femme de mon âge officiel.
Un étrange mélange non synchrone entre le mental et le corps.

Je ne cherche pas à comprendre, c'est ainsi.

Bises,

Meav

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Libérée, Délivrée...


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Message non luPosté: 07 Avr 2021, 21:59 
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Inscription: 16 Mai 2017, 10:08
Messages: 1539
Bonsoir à toutes,

Pour moi, le temps en phase masculine n'a pas été vain puisqu'il m'a permis d'avoir un enfant et lancer ma carrière professionnelle de médecin biologiste.

Par ailleurs, mon parcours est quelque peu spécial entre une phase de pré-transition pendant mon enfance avec ma mise en sommeil de mes 15 ans à 41 ans tandis que mon versant masculin exécutait ce qui lui était dévolu.

Ceci était mon choix puisque ma mère biologique et mon père m'avaient laissé le choix entre enclencher la transition à mes 15 ans (âge de démarrage de la puberté de la lignée paternelle) OU la reporter vers mes 40 ans (incertitude de mesure +/- 2 ans)

J'ai choisi l'option de report pour 2 objectifs précis : vie professionnelle et vie parentale.

Ai-je souffert pendant ma phase masculine ? Pas foncièrement dans la mesure où mon versant masculin n'était même conscient de mon hibernation en phase inconsciente (pour celles qui ne savent pas ce que c'est, ce sont des techniques de yoga poussées faisant partie des pratiques dites interdites en Raja-Yoga ou Yoga Royal)

Est-ce que je souffre maintenant du temps "perdu"? Absolument pas car ceci était mon choix que j'assume pleinement.

Ma transition a duré en tout environ 3 ans : démarrage THF en Septembre 2016 - CEC achevé en Septembre 2019 donc j'estime que j'ai optimisé le temps dans le délai imparti prévu par mes parents.

Bisous

R.M.


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 04:32 
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Inscription: 26 Juil 2020, 13:53
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Pour moi, les années avant transition ne sont pas des années perdues au sens strict; Essentiellement parce que cette période m’aura permis de construire ma petite famille. 

Par contre oui, ces années ont été vécues à moitié, surtout quand je les compare à aujourd’hui. J’ai vécu de grandes joies, des bonheurs ici et là et fait de belles choses mais une part de moi était absente de ma propre vie.

Aujourd’hui j’y suis bien installée, heureuse, entière et vivant l’instant présent. Je la goûte comme jamais avec ces hauts et ces bas et par contraste je me demande si ma vie d’avant n’était pas une longue sieste les yeux ouverts :)
Enfin, tant mieux pour celles et ceux qui ont le sentiment d’avoir un vécu riche d’un bout à l’autre, sous quelques genres que ce soit. C’est une chance d’avoir ce sentiment de vies miroir, l’une complétant l’autre, mais ce n’est pas mon cas.


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 07:49 
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Inscription: 24 Juil 2020, 12:59
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Localisation: A l'ouest
Aprilmay,

Que dire de plus , chacune d'entre nous a le sentiment que nous avons perdu une partie de nos vies . Je pense que cela est commun à tout les êtres humains pour une raison ou une autre. Je ne sais si ma vie a été riche ou non mais elle est ça et je ne peux rien y changer. Aurais t elle été meilleur si j'avais fait ma transition plus jeune ?

Parfois j'ai un goût amer et parfois je me dis que j'ai vécu de belles choses. Mais je n'ai ni regrets , ni remords .

Bonne journée,

Audrey


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 10:11 
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Inscription: 29 Juin 2020, 23:02
Messages: 732
Localisation: Italie, région Marches / Nice côte-d'Azur (parfois)
Hey mes poules,

Pour représenter un peu celles qui ont transitionné plus jeunes,
Je dirais que j'envie quand-même celles qui ont eu de beaux enfants ou qui sont restées en couple toute leur vie avec la même personne, même après changements physiques - ultime démonstration de piété matrimoniale. :wink:

Donc vos années passées sans encore avoir transitionné, peuvent être aussi vues comme des années où vous avez construit quelque chose de beau qui dure dans le temps. :D

Baci i love you

_________________
"Joue pas à ça avec moi, tu sais qu'chui une déglingo"
"Chin'up"
"FATTE CAZZI VOSTRI"
"Mio cinghiel... je t'aime"
[Mimma]


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 10:20 
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Inscription: 22 Nov 2015, 20:18
Messages: 156
souvent je me demande comment aurait été ma vie si j'avais fait une transition, 10 ans 20 ans avant... difficile de m'imaginer.
Je trouve avoir eu une vie intéressante avec différentes expériences en termes de métiers, de pays où j'ai travaillé, et puis avoir eu un enfant etc, même si j'avais au fond de moi ce malaise indéfinissable qui s'est révélé en pleine figure dans le tard...

_________________
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MES VIDéOS SUR YOUTUBE...taper "Irina XY" dans la barre de recherche... merci et au plaisir de vous retrouver
www.youtube.com/user/58STO


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 10:30 
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Inscription: 01 Oct 2018, 14:15
Messages: 115
Bonjour à toutes/tous,

Pour ma part, après une transition tardive, je me suis logiquement demandé si "je regrettais" de ne pas m'être lancée plus tôt. J'ai en effet envisagé une transition dans les années 90. La situation légale, médicale, sociale, m'a alors totalement découragée. Et puis la dysphorie ne m'avait pas encore saisie dans ces crocs acérés.

Regrets ? Au final, non. Je mesure la chance que j'ai eu de ne pas avoir souffert trop fort de réprimer mon ressenti féminin, pendant toutes ces années. J'ai pu construire une carrière (je savais ce que je voulais faire, et j'ai le privilège d'avoir pu embrasser cette carrière qui me tenait tellement à coeur), et fonder une famille. J'ai presque honte de le dire tellement je sais la souffrance de beaucoup de personnes trans: j'ai vécu 50 années en tant qu'homme, et je n'ai vraiment pas eu à me plaindre.

Mais... maintenant que j'ai tourné cette page, et que je suis enfin complètement moi, je ressens tout de même cette sensation étrange d'avoir vécu "un rêve éveillé" pendant toutes ces années où je niais une partie centrale de moi-même. Je me joue parfois cette histoire où, naissant en 2021, je pourrais vivre une vie de femme pleine et entière. Mais aurais-je eu des enfants ? Aurais-je été meilleure ? Qui le sait ? Qu'importe ?

Il n'y a pas de vie de rechange.
" La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus. C'est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien."

Shakespeare le dit de façon brutale: il ne faut pas accorder trop de signification à tout cela. La vie est la vie. En soi elle est déjà un miracle. Vivons.


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 11:04 
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Inscription: 16 Déc 2020, 15:18
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@Mimma
Merci pour tes commentaires pleins de bon sens positif.

C'est vrai que mettre par écrit en quelques lignes son ressenti de plusieurs décennies cela donne une fausse impression de lourdeur (le mot est faible en ce qui me concerne) mais c'est important de dire les choses telles quelles sont ressenties sur le moment, l'effet miroir du présent brouille souvent notre objectivité sur notre passé.
Il faut aussi dédramatiser la transidentité et répéter que souvent cela se résume à un problème d'acceptation de la société de notre genre ressenti.
Notre volonté d'être nous même est simple à la base mais la société des cis nous rend la vie difficile et nous amène à vivre des situations qui n'auraient pas lieu d'être si les gens étaient moins stupides avec leur vision binaire du genre.
J'espère que dans un avenir proche on pourra avoir des enfants tout en ayant transitionnée jeune.
L'éducation et notre relation avec nos enfants ne sont pas liés à nos histoires de transidentité, c'est souvent bien plus compliqué. Les difficultés temporaires de la transition ne sont rien à côté des responsabilités que l'on a en tant que parent. Avec le temps c'est assez difficile de faire la part des choses, le changement de genre ne résout pas les problèmes de la vie en générale, j'en suis bien consciente.
La société est absolument sans pitié pour les jeunes actuellement et on doit faire en sorte de les aider tant que l'on reste en bonne santé.
Nous on a déjà lancer nos dés depuis fort longtemps.

Bises


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 12:16 
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Mimma06 a écrit:
... Je dirais que j'envie quand-même celles qui ont eu de beaux enfants ou qui sont restées en couple toute leur vie avec la même personne...


Oui avoir eu de merveilleux enfants avec quelqu’un que j’ai profondément aimé est la plus belle chose qui me soit arrivée. C’est aussi un peu pour ça que j’ai relégué à plus tard une transition. Quant à ma conjointe, elle est devenue mon ex-conjointe mais est restée ma meilleure amie. Elle est fantastique.


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 12:26 
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Ah les enfants vaste sujet .

Je n ai pas eu la chance de pouvoir procréer, etant sterile de naissance a cause d un problème génétique.

Lors de ma séparation ma fille etait petite , nous l avions adopté a la naissance et j en ai eu la garde ( comme quoi il ne faut pas toujours juger les juges transphobe)

Lors de mon changement d etat civil j ai eu obligation de repasser par un jugement d adoption la loi ne permettant pas le transfert d autorités parental sur un enfant adopté sans jugement ( un des soucis de la loi en changement de sexe )

Pour moi c etait le merveilleux absolu, un livret de famille ou j etait madame et ou ma fille etait reconnue comme ma fille et moi sa mère , pour moi cela ma donner bien plus d emotion que tout les jugements d etat civil possible .

Un truc totalement con pour certaine , mais pour moi une fierté, pour le collège, le lycée, l université de pouvoir faire une copie du livret de famille et de ne pas soulever de question par les amies de ma filles .

Les enfants pour moi c est un moteur de vie , je n aurais certainement pas fait la moitié des choses que j ai faites, sans ce moteur de vie qu est un enfant.

_________________
Longue vie et prospérité.


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 12:38 
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Inscription: 26 Juil 2020, 13:53
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Ho, quel joli message Natasha…
« Les enfants pour moi c’est un moteur de vie » Tout a fait..


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 12:40 
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@Nathasha

C'est loin d'être con!

Moi ce n'est qu'en Février 2021 j'ai reçu la notification de la mairie de naissance de mon fils que son acte de naissance porte désormais la mention de mon CEC d'où commande du nouveau livret de famille (qui va arriver je ne sais pas quand pour cause de COVID)

Mon fils était au courant 1 mois avant tout le monde de mon coming out et il fait partie des rares êtres pour lesquels je serai capable de tout, pouvant aller jusqu'à brûler des Univers entiers s'il le fallait (peu importe mon propre Karma comme il est déjà bien chargé, ça ne changerait plus grand chose à mon stade :lol: )

Alors oui les enfants sont une source de fierté encore plus dans le cadre de la transparentalité.

Et toute la question réside dans l'équilibre temporel entre transition précoce au risque de ne pas connaître la parentalité puis la transparentalité OU une transition tardive permettant l'accès à la parentalité.

Au fond, est-ce réellement une perte de temps d'avoir retardé la transition pour devenir parents ? A titre personnel je pense que ce retard en vaut largement la peine.

R.


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Message non luPosté: 08 Avr 2021, 20:58 
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Inscription: 18 Oct 2020, 17:09
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Localisation: Pays de la Loire
On peut effectivement avoir 2 façons de voir le film.

La version 1 serait une transition dans l’enfance suivie d’une parentalité différente (adoption, mère trans en couple lesbien). Pour avoir aidé plein de couples lesbiens tout au long de ma carrière, les femmes qui n’ont pas porté la grossesse sont aussi investies dans leur parentalité qu’un père cis. Il y a peu d’abandons éducatifs, car il n’y a pas de grossesse non prévue chez ces couples et les enfants sont obligatoirement des choix. Ce sont les grands enseignements de l’expérience californienne. C’est vrai, il n’y a pas les chromosomes, mais c’est loin de faire tout, nous en sommes la preuve vivante. Ne pas porter la grossesse restera une déception personnelle, mais j’aurais été très heureuse pour ma compagne et je pense que j’avais ce qu’il fallait pour exprimer différemment une parentalité. Avec un peu de chance, j’aurais pu allaiter et ça, c’est aussi la classe de vivre à notre époque.

La version 2 serait une transition tardive après avoir eu des enfants. Si c’était à refaire de mon côté, ce ne serait pas mon choix. J’ai eu plein de joies dans ma vie d’avant, mais aussi des souffrances terribles lors du choc testostéronique et une mise en situation victimaire qui n’aurait jamais eu lieu si j’avais eu une affirmation précoce. Je pense que plein de « petites filles » transgenres ont dû avoir le même genre de réaction lorsqu’il a fallu admettre que la biologie nous avait définitivement abandonnée et que nous étions cataloguées en garçon par les copines qui se sont éloignées. Foutu pour foutu, on accepte des trucs que l’on ne devrait pas.

Mes enfants aussi sont mes fiertés et j’ai eu une chance inouïe d’avoir eu de belles personnes à élever (au sens noble du terme) d’une sensibilité et d’une intelligence qui dépasse très largement celles de leurs parents. Dire que je les regrette serait probablement la plus grosse idiotie que je pourrais faire, mais passer par toutes ces souffrances, je pense que ce n’est pas à la portée de tout le monde… Être père c’est aussi nous mettre dans une situation impossible à long terme dans les attendus éducatifs et c’est probablement la cause de mon craquage dysphorique à l’adolescence de mon garçon. Il est évident que nous aurions été plus à l’aise dans un rôle plus maternant et enveloppant que normatif ou compétitif, surtout quand nos enfants nous cherchent sur le masculin et que l’on répond aux abonnées absentes. Et quand le coming-out éclabousse trop, il faut un peu de temps pour s’en remettre en espérant que les dégâts ne soient pas trop importants.

Je pense qu’il n’y a pas de bonne réponse :
— Nier le film 1 veut dire que la transition précoce n’est pas une bonne solution et qu’il faudrait d’abord concevoir.
— Nier le film 2 veut dire que le rattrapage n’a aucun sens et que l’on ne peut pas profiter de la dualité pour celles et ceux qui le voudraient.

Je pense que si c’est un choix les 2 solutions sont bonnes et n’ont rien d’idiot. C’est juste une question de balance.

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