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Se lancer ou non dans une transition ?

La question "suis-je trans" survient, que faire et comment ?

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Le volet "soft" pour commencer. Ce sont en quelque sorte les préparatifs au lancement d'une fusée.

Faut-il se lancer dans une transition ?
La réponse dépend de chacun.e de nous, et il est classique de ne pouvoir apporter une réponse tranchée au départ... et parfois non plus bien plus tard. Des doutes, cela semble irréel et nous ne sommes pas éduqués à un tel problème. Les médias depuis quelques années informent sur la tans identité, mais auparavant en France, silence total ! Il y avait une chape de plomb, surtout religieuse et idéologique, en France pour ne pas en parler alors qu'en Australie et Nouvelle Zélande c'était modérément connu depuis 1950 environ.

S'ajoute un problème important dans la période actuelle concernant la "bienveillance" politique à notre égard. Cela peut poser des problèmes pour se faire accepter dans une transition médicale et administrative.
Nous avons vécu la décade 2015-2025 relativement bienveillante, mais des nuages très sombres se profilent à l'horizon. La haine woke et trans aux USA se propage en Europe. Il a été plutôt facile de faire reconnaitre la dysphorie par un psychiatre sur à peine plus que l'auto diagnostic. Au niveau tribunal, des arguments en notre faveur peuvent suffire, sans que cela soit exigible il vaut mieux pour être crédible que cela soit accompagné lors de la probable audience d'une apparence selon le genre requis.
Cette "bienveillance" judiciaire dépend largement de la bienveillance étatique avec des directives adressées aux juges ( ou aux maires ? ), elle ne dérive pas de la Loi comme un droit que l'on peut exiger. Ce n'est pas en 2024 une "simple" démarche administrative comme dans divers pays.

Compte tenu que certaines démarches et préliminaires peuvent être entrepris sans aucun engagement ou conséquences ultérieurs, il est bon de commencer, quitte à ne pas aller au delà par la suite.
Sont concernés :
- consulter un médecin psychiatre pour obtenir une attestation de dysphorie.
Bien qu'en 2024, cette attestation n'est pas légalement exigible, elle l'est malgré tout nécessaire en pratique car la plupart des médecins n'acceptent pas pour les hormones ou les opérations de chirurgie essentielles.
Il est inutile et vain de vouloir obliger un médecin à ne pas exiger cette attestation, et les pertes de temps que cela entraîne.
Une attestation d'un non médecin ( psychologue,.. ) n'a pas de valeurs. C'est ballot de se retrouver devant un chirurgien pour la vagino, sans cette attestation datant de 2 ans minimum, et devoir repousser de 2 ans ! Ne pas exagérer non plus par un excès de x années, il faut rester crédible.
- Demander une ALD 31 ( valable 5 ans, renouvelable ) auprès de son médecin. En principe le médecin référent, mais cela peut se faire par un autre. Rien non plus n'oblige à cette étape de suivre quelque traitement que ce soit. Un contrôle ou prises de sang sont possibles.

Ces différentes démarche permettent de poser les fondements d'une transition avec des frais minimes, sans engagement de traitement que ce soit.

Il est important de décider à charge et à décharge en faveur d'une transition en étant le plus honnête possible envers soi-même. C'est à ce point où avis externe pro est utile.

C'est le moment de commencer à collecter des arguments en vue du tribunal avec mention du prénom féminin que l'on envisage. Le moment de préparer les requêtes arrive très vite. Que cela soit la totale sexe et prénoms au TJ ( Tribunal Judiciaire ), soit prénoms en Mairie ( rapide ), puis sexe au TJ ( environ un an ).
Il serait logique de procéder directement au changement total, mais en deux étapes le changement de prénoms préliminaire est un bon argument pour le TJ.
- bien choisir le ou les prénoms envisagés sans risquer un autre changement.
- cartes de fidélité de magasins. La carte peut être présumée celle de "madame", donc ne bloque pas pour profiter de la "cagnotte" lorsque une pièce d'identité est demandée ( Intermarché,... ).
- revues à son nom féminin
- abonnements divers
EDF : très facile, il suffit de le faire par Internet ( quelques jours ). On peut avoir deux titulaires ( "cotitulaires" ), cela permet ainsi une attestation de domicile "mixte"...
EAU
GAZ
- dons divers ( SPA, SNSM,... )
- banques : on peut avoir "Madame", mais pas un prénom non officiel.

La période de transition est source de qui-propos. "c'est la carte Vitale de votre mari". On cherche monsieur et dans la salle d'attente c'est un homme...
Si on a la chance d'avoir un passing féminin correct, on pourra très vite entamer les changements d'État Civil.

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Le volet "hard" maintenant. La partie lancement de la fusée.

Différents étapes sont à envisager.
- rien du tout et se contenter de la transition administrative.
- traitement hormonal ( seul ou non ).
- chirurgie "basse" : vaginoplastie ou vulvoplastie ( sans vagin ).
La vaginoplastie peut se limiter à un vagin court ( sans les dilatations ).

Si l'on envisage de se lancer dans une transition, ce n'est pas un hasard. il est probable que nous avons de bonnes raisons.
Il est vivement souhaitable d'avoir un avis psychiatre, même si un avis favorable à une dysphorie et transition est accordé généralement suite à notre auto diagnostic.
L'attestation de dysphorie est en fait plutôt une attestation d'absence de psychopathologie, mais avec des souffrances.
Cela permet d'avoir le document essentiel de dysphorie évoqué dans la première partie.
Un avis complémentaire d'un psychologue clinicien est bienvenu.

Ces avis psy ne sont pas qu'une démarche administrative, ils sont à prendre au sérieux. Cela permet de faire le point sur les questions psy diverses. La transition est une aventure qui reste difficile. Cela ne se résume pas à prendre quelques pilules tous les jours et deux ans plus tard tout est fait. Il faut avoir un mental solide pour supporter la transition qui est une épreuve... et parfois le contact difficile avec les médecins ( rarement pour ma part ).
L'assistance psy peut aider pour gérer notre parcours, l'entourage. Le traitement a des impacts psy notables, même si nous restons profondément la même personne.

Il faut s'assurer que l'on n'a pas de pathologie majeure, ou savoir comment la gérer si c'est possible.
- diabète, tumeur, hémopathie...
- Les antécédents familiaux ( cancers gynéco,... ).
- la nicotine ( tabagisme ) est une contre indication aux traitements hormonaux ( thromboses ), un problème chirurgical de cicatrisation et de thrombose.
- variantes génétiques ( Klinefelter,... ).
- les migraines ( pas les autres céphalées ), pire avec auras ( quoique dans mon cas j'ai pu passer outre ).
- VIH
...
Un caryotype peut-être envisagé.

Il s'ensuit naturellement le traitement hormonal.
Ce traitement comporte deux volets principaux :
- le blocage des androgènes
Blocage pouvant bloquer la production des androgènes et/ou blocage des effets des androgènes.
- la féminisation par l'estradiol et progesterone.
On a classiquement un anti androgène ( triptoreline, cyproterone acétate, bicalutamide,...) et de l'estradiol en cpmés ou en transdermique. l'estradiol ( enanthéate, cypronate... ) injectable n'est pas disponible en France.
Il est souhaitable d'avoir un apport de calcium et Vitamine D3.
Une petite dose d'aspirine ( 100 mg/j ) peut être souhaitable pour son effet anti agrégant ( -> thrombose ). Ce n'est pas un anti coagulant !

Si l'on envisage une vaginoplastie, elle a des variantes:
- utilisation du tissu scrotal pour créer le vagin
- utilisation d'un segment intestinal pour le vagin
- utilisation d'un morceau de péritoine pour le vagin.

Dans le cas du scrotum, prévoir bien à l'avance l'épilation pour ne pas se retrouver avec un vagin poilu difficile ensuite à épiler, même si pendant la vaginoplastie on enlève la plupart des bulbes pileux la peau retournée.
Après épilation, un rebond quelques mois plus tard est fréquent.

L'épilation...
L'épilation au laser dans le meilleur des cas, si poil foncé ou noir sur peau claire.
Dans les autres cas épilation par électrolyse et/ou radiofréquences.
Le traitement hormonal peut diminuer ou supprimer les poils du corps ( pas pour le scrotum ).
La barbe... épilation professionnelle !
Cela prend des mois !

Prendre rendez-vous sans tarder avec un chirurgien pour la vaginoplastie, d'autant que le délai peut dépasser deux ans !
Une variante : Thaïlande ou Canada.

Durant ce parcours, traitement hormonal et suivi par des analyses. Celles-ci sont choisies en fonction des cas.
Les bases :
- contrôle des androgènes: suivi LH/FSH. la testosterone ( totale ) est alors peu utile, sauf au début.
- ACTH/cortisol si cyproterone et quelques autres produits.
- estradiol ( précautions particulières à la prise de sang ).
- prolactine ( big et big-big éventuellement ).
- progesterone
- parfois SHBG, delta4androstenediol, DHEA/DHEAS
...

Les classiques tels que NFS, réticulocytes, glycémie/HBA1C, THS, électrophorèse des protéines, CRP, EAL, calcémie, DFG,...

Surveillance prostate selon les cas.

Après vaginoplastie, le risque de cystites augmente.

Des contrôles périodiques pourront être effectués: mammographie, osteodensitométrie/FRAX.

Le traitement aux estrogènes devra être poursuivi à vie pour éviter l'ostéoporose après gonadectomie.
Parfois il est préconisé de copier la ménopause après 50 ans : pas de traitement hormonal ! Je ne suis pas d'accord.

Pour la vaginoplastie, il est parfois demandé de stopper le traitement hormonal environ 2 semaines avant et le rendre peu après l'opération.

Après vaginoplastie, des dilatations sont à prévoir pour éviter que le vagin rétrécisse et se colmate. Plusieurs fois par semaine au début, puis progressivement moins souvent tel que une fois par semaine.
On utilise pour cela des bougies de Kegel rigides, ou des ballonnets gonflables avec de l'eau et une seringue.

Dans tous les cas, un suivi est nécessaire.
Après les vaginoplastie, des retouches sont fréquentes, parfois ou souvent multiples.

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La troisième phase. L’atterrissage de la fusée.

C'est une phase souvent oubliée et négligée au départ, elle est pourtant importante.
Il peut y a voir un effet "post-partum" difficile psychologiquement.
C'est un moment où l'essentiel semble accompli, la chirurgie effectuée. Mais cela entraine un vide au niveau psy.
C'est le retour au travail dans une nouvelle vie. Des nouveaux styles d'échanges avec l'entourage.

Si cela n'est pas fait, les changements d'état civil.

_________________
Libérée, Délivrée...


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Message non luPosté: 15 Mar 2025, 08:31 
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Inscription: 05 Aoû 2023, 12:44
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Localisation: CANTAL
Bonjour Meav, merci pour ce compte rendu qui pourra je l'espère être utile.

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Michèle


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