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Message non luPosté: 31 Juil 2008, 07:18 
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Masculin/Féminin : la loi du genre partie III
Séminaire placé sous la direction de Françoise Héritier, anthropologue, Collège de France.


XX, XY, comment devient-on un homme ou une femme ? Qui gouverne la construction de notre identité sexuelle : nos gènes ? Nos hormones ? La société ? La famille ? ... Simone de Beauvoir avait-elle raison lorsqu’elle écrivait : « on ne naît pas femme, on le devient » ? Les hommes d’aujourd’hui ne s’interrogent-ils pas sur leur identité profonde ? Sauf accident, tout individu obéit aux lois de la génétique et de la physiologie qui créent, dans notre espèce, des mâles et des femelles. Mais, au-delà, le regard de nos parents, de la société tout entière, nous façonne dans notre intimité. Et si la différence des sexes structure la pensée humaine, peut-on changer les rapports du masculin et du féminin ? Que disent désormais les sciences sociales, humaines et les sciences du vivant de cette construction ? Ce séminaire tentera de démêler les fils de notre masculinité et de notre féminité.

Partie III : "Construction de la sexualité"



Marc Fellous, professeur de génétique à Paris VII, chef de l’Unité d’immunogénétique humaine à l’Institut Pasteur, directeur des unités Inserm U.527 et E0021, Institut Alfred Jost, hôpital Cochin.


La génétique du déterminisme du sexe
« La reproduction sexuée, qui s’oppose à celle, asexuée, des micro-organismes unicellulaires, repose sur le choix durant le développement d’un sexe masculin/féminin pour chaque individu. Ce choix vers la voie masculine ou féminine s’appelle le déterminisme du sexe. Ce déterminisme passe par deux étapes. La première détermine la gonade indifférenciée en testicule ou ovaire, la seconde sous le contrôle de la gonade, permet la différenciation sexuelle, c’est-à-dire l’apparition des caractères sexuels mâles et femelles. La distinction entre détermination et différenciation reste très arbitraire, puisqu’il s’agit d’un enchaînement continu d’événements au cours du développement et qui s’inscrivent dans une cascade.


Pour bien comprendre l’ensemble de cette grande fonction biologique, nous articulerons notre conférence en fonction des étapes essentielles du déterminisme. Nous commencerons par une définition du sexe selon que l’on se place au niveau génétique, gonadique ou phénotype, par un petit rappel sur l’évolution du chromosome Y et la mise en place de la gonade, puis sur le déterminisme primaire et, enfin, sur le déterminisme secondaire.


Les concepts modernes de détermination sexuelle ont été établis par le Pr Alfred Jost qui a pratiqué des exérèses in utero des ébauches gonadiques chez des fœtus de lapin. Si cette intervention a lieu suffisamment tôt au cours du développement, tous les lapins évoluaient vers le sexe féminin. Comme les gonades sont issues d’une ébauche gonadique bi-potentielle, Alfred Jost en a déduit que la présence du testicule était nécessaire au développement du morphotype masculin. La détermination du sexe phénotypique est donc équivalente à celle du testicule. Par conséquent, il existe des gènes déterminant le sexe, et donc la formation du testicule.


Le déterminisme mâle se déroule dans une cascade génétique qui commence à être de mieux en mieux connue, grâce aux différents types de réversions sexuelles observées chez l’homme et certains animaux modèles comme la souris ou la chèvre.


La connaissance des gènes impliqués dans le déterminisme a tout d’abord été liée à celle du chromosome Y, puis à l’identification du gène-clé de la cascade : SRY, et cela grâce à l’étude des “Hommes 46, XX ou des Femmes 46, XY”.


Au niveau des connaissances actuelles, on sait qu’après la mise en place de la gonade indifférenciée, celle-ci va se diriger vers un testicule ou un ovaire suivant la présence ou non du gène SRY. Cependant si le gène SRY a un rôle central, tous les gènes constituant la cascade du déterminisme masculin à savoir par exemple SOX9, DAX1 et AMH pour le déterminisme primaire, puis les différentes enzymes et récepteurs de la voie de la testostérone pour le déterminisme secondaire vont être nécessaires pour influencer le phénotype sexuel final.


Cependant si le déterminisme masculin a été partiellement décrypté, de grandes zones d’ombre demeurent encore à l’heure actuelle, et surtout la génétique du déterminisme féminin reste encore une énigme. En effet, il semble de plus en plus vraisemblable que de tels gènes existent et que ce n’est probablement pas le seul fait de l’absence de SRY qui donne un fœtus de sexe féminin.


Néanmoins, nous n’arrivons pas encore à pouvoir expliquer toutes les pathologies de réversion que l’on rencontre. Différents gènes sont encore à découvrir. Comme on le voit, le chemin a donc bien avancé.


Enfin, l’identification de ces cascades permettra de faire un diagnostic précis des ambiguïtés sexuelles et, donc, de faire le choix du sexe d’élevage dans ces cas. »


Alain Braconnie, pédopsychiatre, Centre Philippe Paumelle, Paris.


Construction de la sexualité
« La puberté et la transformation du corps constituent une caractéristique fondamentale de l’adolescence. Des besoins nouveaux vont apparaître qui conditionneront peu à peu l’accession à une vie sexuelle et amoureuse nouvelle. Cependant cette évocation ne se fait pas en un jour.


La transformation du corps, qui correspond à la puberté, s’étend sur une période de dix-huit mois à deux ans environ. Cette transformation du corps est sous la dépendance d’un certain nombre d’hormones. La puberté débute en moyenne vers 11 ans chez la fille, vers 12 ans-13 ans chez le garçon.


Le lien entre la psyché et le corps sexué
Le problème pour l’adolescent est bien celui-ci : que faire avec ce nouveau corps désormais porteur d’un sexe reconnaissable ?


Le développement de l’identité sexuée repose d’abord sur la reconnaissance, puis l’acceptation de la nouvelle image du corps qui implique elle-même un contenu et des limites. La transformation pubertaire modifie ce contenu et ces limites, d’où l’importante période de flottement. Aussi, l’adolescent a besoin de surveiller son corps, de le contrôler : c’est pourquoi il s’enferme régulièrement dans la salle de bains, pendant de longues heures parfois, pour s’examiner de face, de profil, voire de dos grâce au jeu des miroirs, véritable « travail » de reconnaissance de l’image de soi. L’image du corps est ce que l’adolescent investira comme résultat du sentiment que son corps est un objet unique qui lui appartient. Mais celle-ci n’existe pas seulement pour soi-même, elle existe aussi pour autrui. Elle renvoie à la société et aux échanges mutuels entre son image et celle des autres. Elle se structure aussi à travers le regard que les autres portent sur ce corps et le jugement qui l’accompagne. De ce point de vue, l’adolescent est profondément dépendant de son environnement, qu’il s’agisse des proches adultes, parents et autres, mais aussi de ses pairs.


À l’adolescence, la transformation du corps impose le choix entre le masculin et le féminin. De façon encore paradoxale, l’accession à l’identité sexuée débute souvent par une perte, celle de la bisexualité potentielle et de l’indétermination de l’enfance. En effet, le jeune enfant peut maintenir une certaine ambiguïté tant que le corps reste impubère. Le petit garçon, tout en sachant qu’il est un petit garçon, peut s’amuser à des jeux de fillettes sans que cela mette trop en péril son sentiment d’identité. De même, la petite fille peut jouer au garçon sans que cela soit une menace pour son sentiment de féminité. Il n’en va pas de même à l’adolescence où l’individu ne peut plus jouer de ses ambiguïtés. Chez beaucoup d’adolescents, ce choix sexué imposé par le corps se traduira par une lutte intense entre les tendances actives et les tendances passives de la personnalité. Il est de tradition d’attribuer les tendances actives au pôle de la masculinité, les passives à celui de la féminité. Cette intégration du couple activité-passivité jouera un rôle essentiel dans les relations que l’adolescent établira avec son partenaire amoureux. De nombreuses difficultés dans la vie amoureuse et sexuelle des adolescents traduisent les tensions dues à l’intégration de ce couple activité-passivité et à l’acceptation des chacune de ces composantes. »


Auditorium - Séminaire, mercredi 12 mai 2004, 18 h 30



Ressources


Livres Bibliographie proposée par M. Fellous


Source : Cité des sciences.fr


Autres articles d’intérêt :


La loi du genre partie II : cliquer ici


La loi du genre partie I : cliquer ici

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LA TRANSSEXUALITE C ' EST BIEN ... A CONDITION D' EN SORTIR

pour ma petite pomme c'est finalisé alors
MERCI et @ BIENTOT ... peut être

bisous a toute et a tous


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Message non luPosté: 31 Juil 2008, 07:22 
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Frederique a écrit:
Enfin, l’identification de ces cascades permettra de faire un diagnostic précis des ambiguïtés sexuelles et, donc, de faire le choix du sexe d’élevage dans ces cas. »


Elevage en batterie ou en semi-liberté ?


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Message non luPosté: 31 Juil 2008, 10:17 
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Michèle_Anne, j'applaudis à 2 mains à ta réflexion en effet ces élucubrations évoquent le" meilleur des mondes "et ses dérives
Bises

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Message non luPosté: 31 Juil 2008, 13:00 
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Que dire de cette particularité : des filles bios avec les chromosomes XY à la naissance ? Si je ne me trompe pas les cas existent. Sont-elles moins filles pour autant ?

Je crois comme toujours qu'il y a une association de facteurs et les chromosomes n'en sont qu'un seul. Et encore ! puisque, sauf erreur de mémoire, eh bien comme je l'ai dit plus haut, il y a des femmes bios avec le chromosome Y.

Christelle.

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Message non luPosté: 01 Aoû 2008, 14:18 
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Femmes bio ou pas bio ca veut rien dire chere Christelle :)
tous les humains sont bios
sinon ce serai des non bios ? des cyborgs ?
il existe des formes d'hermaphrodisme ou effectivement une personne a une chromosomie sexuelle qui ne correspond pas a son phenotype sexuel general.
C'est rare mais le fait que ce soit rare n'induit ni que ce soit une maladie ni qu'elle soit plus ou moins bio qu'un autre humain

bisou bisou d'une non-bio qui l'est pourtant en realité :lol:

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Message non luPosté: 01 Aoû 2008, 15:04 
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Je sais qu'on est tous bios. Mais pour parler des filles qui n'ont pas besoin d'opération pour être elles, comme le dire alors ?

Pendant un temps je disais entre guillemets "normal" (je n'aimais pas), "naturelles" (un peu mieux), et j'ai posé la question et on m'a dit "bio". Et je trouve que c'est le moins mauvais terme.

Sinon je suis d'accord, on est tous bio. Enfin jusqu'à ce qu'ils fassent de nous des êtres bioniques ! Ou des Borgs (pour qui connaît) ! :lol: Effrayant cette dernière phrase !

Christelle.

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Message non luPosté: 01 Aoû 2008, 15:10 
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Oui c clair

on peut dire tout simplement

femme XY ou XX

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Message non luPosté: 01 Aoû 2008, 15:24 
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D'accord, merci. En même temps même cette appellation n'est pas totalement satisfaite non plus, vu ce que je disais.

Mais c'est la meilleure en effet.

Merci Nadya.

J'essaierai de l'utiliser à l'avenir. (Je n'aurai pas trop de mal :) )

Bises.

Christelle.

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Message non luPosté: 01 Aoû 2008, 16:00 
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