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 Sujet du message: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 16 Mar 2020, 17:18 
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Bonjour Corinne,
peut-être cette question a-t-elle été déjà posée :
Les testicules étant la source principale de la testostérone, pourquoi ne propose-ton pas l'orchidectomie à celle qui le souhaiterait, plutôt que l'Androcure ?
Merci
Sophie


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 16 Mar 2020, 18:08 
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Bonsoir SophiAir

En tant que médecin et sans avoir fait la vagino, je peux t'y répondre : on ne propose pas l'orchidectomie en vue d'une éventuelle vagino : en effet, l'orchidectomie entraîne à la longue une rétraction de la peau scrotale. Cela entraîne donc une diminution du matériel cutané disponible en vue d'une éventuelle vagino (ce n'est pas rédhibitoire non plus, car on peut prélever un greffon cutané sur la cuisse ou sur la peau abdominale mais l'avantage de la peau scrotale réside dans son élacticité ce qui est utile pour le néo-vagin. A savoir que cette élasticité est maintenue par les testicules par l'effet volumique et aussi par le ligament scrotal pouvant se contracter ou se relâcher sous certaines conditions)

Après, cela se discute avec le chir : en effet, une MtF qui n'envisage absolument pas de vagino peut réaliser une orchidectomie. mais cela se discute au cas par cas...

A noter que même si l'orchidectomie résout le problème de la source de T, il n'empêche que tu peux avoir un effet de rebond surrénalien avec les androgènes surrénaliens : en effet les surrénales fabriquent ces androgènes dits mineurs (car de plus faible affinité pour l'AR que les androgènes majeurs tels que la T ou son métabolite final, la DHT). Normalement ces androgènes surrénaliens sont en faible quantité au niveau sanguin car captés par les cellules de Leydig qui réalisent la transformation terminale de ces androgènes surrénaliens en T. Mais en l'absence de testicules, le niveau des androgènes surrénaliens peut devenir conséquent, faute de captation testiculaire... et de mineurs, passent à majeurs...

En bref, l'orchidectomie ne résout pas forcément le souci de la prise d'ACP... elle peut le résoudre tout comme elle peut rendre la personne dépendante de l'ACP...

Bisous

Rania

PS : Corinne n'est plus présente sur le forum depuis longtemps...


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 16 Mar 2020, 18:34 
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Merci beaucoup Rania, pour cette réponse très claire.
Bises
Sophie


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 17 Mar 2020, 13:44 
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rebonjour, SophiAir

Pour comprendre l'énorme souci de l'aspect pharmacologique pour régler l'effet du rebond surrénalien, je te remets un post ci-dessous que j'avais fait pour Eva dans un autre topic.

rania-m a écrit:
@Eva

en post-SRS : ACP ou pas? --> vaste question

Pour comprendre les androgènes, il y a 2 catégories :
- les majeurs : T et son dérivé, la DHT (réduction de la T par la 5 alpha-réductase, cible du finastéride)
- les mineurs : androgènes surrénaliens. On les dit mineurs car de faible affinité pour l'AR comparativement à l'affinité des majeurs

En post-SRS : la source des androgènes majeurs (les testicules) est éliminée. Il ne reste plus que les androgènes surrénaliens qui du coup du statut d'androgènes mineurs, passent à androgènes majeurs puisque ce sont les seuls composés métaboliques ayant une affinité suffisante pour l'AR

Résultat : en post-SRS, si l'on ne contrôle pas ces androgènes soi-disant mineurs, ils deviennent un problème majeur...!

Quelles solutions thérapeutiques?

* finastéride : aucune efficacité puisque plus besoin de la 5 alpha-réductase (car plus de T)

* progestérone : affinité pour l'AR moindre que celle des androgènes surrénaliens ---> aucune efficacité thérapeutique cliniquement significative

* spironolactone : on ne sait même pas comment ça marche (déviation d'un effet secondaire : là bizarrement ça ne chagrine personne d'utiliser un médicament cardio-vasculaire pour un THS...!) ... --> rien à attendre

* drospirénone : anti-androgène stéroïdien --> blocage hypophysaire LH : aucun intérêt car plus de cellules de Leydig à inhiber // effet périphérique : faible affinité sur l'AR à peu près équivalent à celui des androgènes surrénaliens donc effet de compétition ===> effet anti-androgène surrénalien mineur

* cyprotérone (honni de beaucoup....) : effet central sans aucun intérêt // effet périphérique : effet de compétition au niveau de l'AR de par une forte affinité ===> seul médicament anti-androgène capable de contrecarrer les effets des androgènes surrénaliens

AU FINAL : ce n'est pas une lubie de prendre de l'ACP en post-vagino (je pense que tu parlais de Nathasha69....). Car oui l'effet rebond surrénalien est une réalité. Ce n'est pas parce qu'en France, les endos s'en moquent et l'ignorent que ça n'existe pas...

en post-vagino : la seule option thérapeutique scientifiquement valable pour contrecarrer les androgènes surrénaliens, c'est l'ACP!!!!

A noter qu'on ne dispose d'aucun moyen médical de rétrocontrôle sur la synthèse des androgènes surrénaliens (à l'inverse de la LH sur la synthèse de la T)... rectificatif : il y en a 1 au moins sur le plan théorique : l'ACP mais à des doses supra-thérapeutiques (> 100 mg / jour) qui bloquent l'ACTH par l'effet corticoïde-like de l'ACP = solution que je ne préconiserai à personne eu égard à la balance négative bénéfices / risques

Il n'empêche qu'une dose filée d'ACP entre 2 à 50 mg/jour (sous surveillance médicale stricte bien entendu) en post-vagino est loin d'être une aberration mais tire bien son origine scientifique de l'aspect physiologique lui même et non d'un simple aspect subjectif purement sectaire

R.


Il était question de l'ACP post-vagino mais tu peux tout à fait remplacer la vagino pour l'orchidectomie, ce qui revient au même pour la T.

Voilà pourquoi je disais que l'orchidectomie pouvait rendre une MtF dépendante de l'ACP car au fond il n'y a aucun marqueur prédictif permettant d'anticiper le niveau réel des androgènes surrénaliens... sachant qu'un dosage pré-op n'a aucun intérêt puisqu'on n'évalue que la fraction libre (qui est égale à la quantité totale libérée par les surrénales à laquelle on soustrait la fraction captée par les cellules testiculaires de Leydig)...

Et c'est après l'orchidectomie ou la SRS que l'on peut réellement évaluer le niveau de synthèse des androgènes surrénaliens... phénomène que l'on appelle le rebond surrénalien (non pas parce que les surrénales sont sur-stimulées par l'ablation testiculaire mais par ce que les androgènes surrénaliens sont bloqués à ce stade et ne sont plus métabolisés en T ce qui fait un rebond apparent des androgènes surrénaliens en post-op)

Bisous

Rania


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 17 Mar 2020, 15:48 
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Merci encore Rania
C'est tout à fait claire.
Donc, après une SRS, une partie du traitement peut disparaître… ou pas, selon les individus.
Bises
Sophie


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 17 Mar 2020, 16:11 
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SophiAir a écrit:
Merci encore Rania
C'est tout à fait claire.
Donc, après une SRS, une partie du traitement peut disparaître… ou pas, selon les individus.
Bises
Sophie


C'est tout à fait çà... et rien ne peut le prédire par un quelconque dosage en pré-op.

Tout ce que l'on sait, c'est que le niveau de synthèse, le seuil de régulation, le degré d'affinité de la D4 et la DHEA pour l'AR (androgènes surrénaliens) etc etc sont des paramètres homéostatiques hormonaux programmés génétiquement...

Et on en revient toujours à la même chose : notre génome fait de nous ce que nous sommes... (phrase de mon père qui était un scientifique qui a travaillé sur la féminisation de vers chimériques moitié mâle moitié femelle)

Je précise que ce mécanisme de rebond surrénalien est totalement indépendant de tous les autres mécanismes potentiellement virilisants tels que l'hyper-PRL consécutive à de fortes doses d'E2 (pour mémoire : la PRL se fixe sur les récepteurs spécifiques surrénaliens et stimulent la synthèse des androgènes surrénaliens)

AU FINAL : c'est après ablation testiculaire (orchidectomie ou vaginoplastie) que l'on pourra évaluer le niveau de ces androgènes surrénaliens par dosage... et si oui ou non, cela pourrait contrecarrer la féminisation... et donc nécessiter le maintien de l'ACP (si déjà présent en pré-op) ou l'adjonction d'ACP (si absent du THS pré-op)...

Tout le paradoxe des testicules est qu'ils sont perçus comme une source de problème car source de la T... alors qu'ils sont une solution aux androgènes surrénaliens puisqu'ils les transforment en T, que l'on peut contrecarrer pharmacologiquement alors qu'on n'a aucune emprise pharmacologique sur les androgènes surrénaliens... Comme quoi l'hormonologie MtF est bien plus complexe qu'il n'y paraît et ne se résume pas simplement à un équilibre féminin / masculin

Bien entendu, on peut me reprocher que je confine la trans-identité à presque que de la biologie... Mais j'aimerai qu'on arrive à me démontrer le contraire en argumentant bien entendu (inutile de me sortir de la psychologie de comptoir, ça ne marche pas chez moi...)

Et pour terminer, je souhaite bien du courage à celles qui estiment que l'on peut se passer d'ACP en cas d'hyper-androgénie surrénalienne (car il n'y a pas de moyen pharmacologique autre que l'ACP pour contrecarrer cela)... à moins qu'il n'y en ait une qui arrive à me démontrer le contraire scientifiquement parlant bien entendu, sans aspect subjectif du style Androcur = poison....

Il va de soi qu'aucun endo en France ne risque d'expliquer le principe de cet effet car pour l'expliquer... il faut déjà le connaître!

Bisous

Rania


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 17 Mar 2020, 19:32 
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Inscription: 20 Oct 2019, 22:22
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rania-m a écrit:
SophiAir a écrit:
Merci encore Rania
C'est tout à fait claire.
Donc, après une SRS, une partie du traitement peut disparaître… ou pas, selon les individus.
Bises
Sophie


C'est tout à fait çà... et rien ne peut le prédire par un quelconque dosage en pré-op.

Tout ce que l'on sait, c'est que le niveau de synthèse, le seuil de régulation, le degré d'affinité de la D4 et la DHEA pour l'AR (androgènes surrénaliens) etc etc sont des paramètres homéostatiques hormonaux programmés génétiquement...

Et on en revient toujours à la même chose : notre génome fait de nous ce que nous sommes... (phrase de mon père qui était un scientifique qui a travaillé sur la féminisation de vers chimériques moitié mâle moitié femelle)

Je précise que ce mécanisme de rebond surrénalien est totalement indépendant de tous les autres mécanismes potentiellement virilisants tels que l'hyper-PRL consécutive à de fortes doses d'E2 (pour mémoire : la PRL se fixe sur les récepteurs spécifiques surrénaliens et stimulent la synthèse des androgènes surrénaliens)

AU FINAL : c'est après ablation testiculaire (orchidectomie ou vaginoplastie) que l'on pourra évaluer le niveau de ces androgènes surrénaliens par dosage... et si oui ou non, cela pourrait contrecarrer la féminisation... et donc nécessiter le maintien de l'ACP (si déjà présent en pré-op) ou l'adjonction d'ACP (si absent du THS pré-op)...

Tout le paradoxe des testicules est qu'ils sont perçus comme une source de problème car source de la T... alors qu'ils sont une solution aux androgènes surrénaliens puisqu'ils les transforment en T, que l'on peut contrecarrer pharmacologiquement alors qu'on n'a aucune emprise pharmacologique sur les androgènes surrénaliens... Comme quoi l'hormonologie MtF est bien plus complexe qu'il n'y paraît et ne se résume pas simplement à un équilibre féminin / masculin

Bien entendu, on peut me reprocher que je confine la trans-identité à presque que de la biologie... Mais j'aimerai qu'on arrive à me démontrer le contraire en argumentant bien entendu (inutile de me sortir de la psychologie de comptoir, ça ne marche pas chez moi...)

Et pour terminer, je souhaite bien du courage à celles qui estiment que l'on peut se passer d'ACP en cas d'hyper-androgénie surrénalienne (car il n'y a pas de moyen pharmacologique autre que l'ACP pour contrecarrer cela)... à moins qu'il n'y en ait une qui arrive à me démontrer le contraire scientifiquement parlant bien entendu, sans aspect subjectif du style Androcur = poison....

Il va de soi qu'aucun endo en France ne risque d'expliquer le principe de cet effet car pour l'expliquer... il faut déjà le connaître!

Bisous
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6235240
Rania


Quand donc Rania cessera-t-elle de polluer le forum avec ses élucubrations ?

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6235240

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2958420


Il n'y a aucun effet rebond des androgènes surrénaliens après une orchi

et bien évidemment l'utilisation d'Androcur n'est jamais justifiée pour une MtF.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 18 Mar 2020, 13:49 
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Cela me fait penser à la fable de La Fontaine où la grenouille qui voulut devenir aussi grosse qu'un bovidé... et finit par éclater... (de jalousie...?)

C'est vrai que comparer des MtF sous traitement E2 depuis au moins 2 ans (condition pour la SRS) et des hommes cis ayant un cancer de la prostate, c'est super judicieux...

sans compter les biais des articles :
- ancienneté des articles (1984 et 1987)
- techniques utilisées : radio-immunologique alors qu'actuellement c'est de l'immuno-fluorescence ou de la chimiluminescence qui sont utilisées (les techniques de dosage biologique ont largement évolué depuis plus de 30 ans...)... Les anticorps utilisés en dosage ont gagné en spécificité et surtout sont désormais calibrés sur des étalons internationaux certifiés WHO ou NIST ce qui assure la comparabilité de résultats (en 1984 et 1987 la standardisation a démarré pour la biochimie classique mais pas pour le secteur hormonologie)
- thérapeutique : le traitement par E2 n'est plus dans les options thérapeutiques du cancer de la prostate. Autrefois, il y avait l'Estracyt (estramustine) = une molécule d'estradiol couplé à la cupule de moutarde azotée. L'estradiol assurait le déclin de la T (et servait de vecteur dans le tissu prostatique) tandis que la moutarde azotée avait un effet cytolytique sur les cellules cancéreuses... Mais bon, ça c'était avant...

Quand on veut se baser sur des données de population, il faut que la population testée (hommes cis) soit comparable sur le plan physiologique à la population cible finale (MtF)... et ce même si la solution thérapeutique est identique

En effet on ne peut pas comparer les 2 types de population :

- les sujets masculins cis traités pour cancer de la prostate n'ont jamais été traités par E2 en pré-op... cela implique donc que leur niveau d'androgènes surrénaliens est physiologique

- les sujets féminins trans sont traités par E2 ce qui entraîne inéluctablement une augmentation de la prolactine... qui se fixe sur les récepteurs spécifiques du tissu surrénalien ce qui entraîne une augmentation du niveau basal de synthèse des androgènes surrénaliens.... augmentation indétectable grâce à la captation des cellules de Leydig en préop... Ah oui inutile de me sortir que dans l'un des articles, dans le bras E2, on traite les sujets masculins cis par E2 et on s'aperçoit que les androgènes surrénaliens diminuent... sauf qu'on ne parle pas de doses en E2, de durée de traitement (temporaire versus à vie chez les MtF) et la physiologie hormonale MtF est spécifique donc pas comparable (quand on se prend 2 ans de THS, notre physiologie est bouleversée en profondeur...)

Donc par quel miracle peut-on comparer 2 populations ayant une physiologie hormonale différente, même si leur constitution chromosomique est XY et qu'il y a ablation testiculaire dans les 2 cas?...

Et enfin, à titre personnel, je trouve qu'il est extrêmement de mauvais goût d'oser comparer les MtF avec des sujets masculins cis cancéreux pour le sujet de l'orchidectomie (ou SRS par extension)...

Le jour où il y aura une étude sérieuse sur le niveau des androgènes surrénaliens en post-op (orchidectomie ou SRS) chez les MtF, là on en reparle...

R.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 18 Mar 2020, 15:54 
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Hello,

Les MtF sous traitement ACP ont les testicules qui s'atrophient et peuvent remonter dans le tunnel inguinal.
Cela met environ un an pour atteindre un état stationnaire 'minimal'.

- Les testicules conservent-ils dans ces conditions certaines de leurs fonctions ( en tout ou partie ) malgré tout ?
- Les adrénales soumises à l'ACP, donc l'ACTH, perdent elles partiellement leur efficacité faute de stimulation ?

Un effet du style sevrage d'un corticostéroïde avec les adrénales qui ont des difficultés à produire de nouveau du cortisol vu que l'ACP imite quelque peu le cortisol.

Je pense à mon ACTH indétectable sous 12.5 mg /j d'ACP, mais sans effondrer mon cortisol.

Bises,

Meav

_________________
Libérée, Délivrée...


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 19 Mar 2020, 13:59 
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Inscription: 16 Mai 2017, 10:08
Messages: 1539
Meav a écrit:
Hello,

Les MtF sous traitement ACP ont les testicules qui s'atrophient et peuvent remonter dans le tunnel inguinal.
Cela met environ un an pour atteindre un état stationnaire 'minimal'.

- Les testicules conservent-ils dans ces conditions certaines de leurs fonctions ( en tout ou partie ) malgré tout ?
- Les adrénales soumises à l'ACP, donc l'ACTH, perdent elles partiellement leur efficacité faute de stimulation ?

Un effet du style sevrage d'un corticostéroïde avec les adrénales qui ont des difficultés à produire de nouveau du cortisol vu que l'ACP imite quelque peu le cortisol.

Je pense à mon ACTH indétectable sous 12.5 mg /j d'ACP, mais sans effondrer mon cortisol.

Bises,

Meav


Bonjour Maev

Oui sous ACP, il y a une atrophie testiculaire sur 2 versants :

- arrêt des mitoses des cellules germinales à l'origine des spermatozoïdes par effet FSH-suppresseur de l'ACP --> effet stérilisant : je précise que l'on n'a jamais réalisé de spermogramme chez une MtF sous ACP pour tester... On a donc une atrophie par diminution du volume de cellules germinales

- arrêt de la sécrétion de la T par les cellules de Leydig par effet LH-suppresseur de l'ACP... A noter qu'il avait été démontré que l'ACP induisait chez le rat l'apoptose des cellules de Leydig (= mort cellulaire programmée des cellules = suicide cellulaire)... si cet effet se reproduit dans l'espèce humaine, cela contribue à une diminution du volume testiculaire à la longue...

L'ACP peut diminuer la sécrétion cortisolique mais de façon modérée à une dose de 50 mg/jour. Donc de principe l'ACP ne modifie pas la capacité des surrénales de synthétiser le cortisol et les surrénales restent sensibles à l'ACTH.

Bisous

Rani


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 Sujet du message: orchidectomie versus androcur
Message non luPosté: 20 Mar 2020, 04:18 
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Inscription: 08 Jan 2017, 17:58
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Voilà, c'est exactement le genre d'explication détaillée que je sollicitais... Et je suis sûre que tu m'avais comprise... je commence à te connaitre donc je m'attendais à ce que ces éclairages apparaissent quelques temps plus tard et pas forcément là où j'en avais fait la demande

m
aintenant je comprends bien donc ça m'aide, c'est important pour moi de comprendre à fond les choses sinon je peux pas avancer
p
ar contre j'ai quand-même vu quelques sites (dont Wikipédia) qui disent que les surrénales émettent aussi de la testostérone
E
t surtout je pense qu'il serait important d'avoir des statistiques sur les trans qui ont un vrai problème avec ces androgènes : est-ce si fréquent ?
D
e plus une question me semble rester en suspens : que se passe-t-il pour ces androgènes en cas de chute de la lutéotrophine (que ce soit grace aux hormones féminines ou à un autre bloqueur) et en l'absence de cyprotérone, vont-ils viriliser ou la captation testiculaire fonctionnera tout de même ?

P
ar contre là où je bondis c'est quand tu invalides les autres disciplines que celles biologiques en parlant de psychologie de comptoir... être trans est une histoire de psychisme et de vie sociale avant tout sinon ça se limiterait à une simple sorte d'intersexuation non-détectée, la société suit des pseudo-normes, l'être humain ressent, pense et a des objectifs... Tout cela compte beaucoup dans une transition donc on ne peut pas dire que la transidentité ne soit qu'une question de biologie, d'ailleurs tu ne parles pas de transidentité mais délibérément de trans-identité ce qui prouve bien que tu veux dire autre chose mais tu n'as jamais défini ce terme... et je suis presque sûre que tu veux du coup dire transsexuation, mais je ne comprends pas pourquoi tu utilises ce terme qui n'existe pas (Où est la notion d'identité dans ta conception toute biologique ?)
PS j
e suppose que tu veux en fait entretenir un flou : ne pas dire transsexuation car les termes en sexe sont mal vus et ne pas t'approprier transidentité car tu sais que tu pourrais te faire accuser d'exclusion d'une partie de la transidentité dans ta conception

T
u veux des arguments pour dire que la transidentité n'est pas toute biologique ? Là tu fais exprès de confondre la transidentité et son origine ou alors tu ne parles pas de transidentité comme je la comprends (mais la logique est de prendre ici le sens le plus général et c'est mon cas). Pour son origine je suis d'accord qu'elle soit biologique, même pour les genres non-binaires que pourtant tu ne sauras pas expliquer (pour moi il pourrait s'agir d'influences de notre vécu sur la construction de notre cerveau).
M
ais la transidentité n'est pas que son origine, c'est aussi l'état de fait de la différence du genre donc la notion-même de genre, ses conséquences notamment mais pas uniquement la dysphorie qui est une souffrance psychique, d'autres troubles ou des conséquences sur la socialisation, ainsi que la transition que beaucoup mais pas toutes les personnes transidentitaires effectuent, qui est médicale mais aussi sociale. Voilà grossièrement la transidentité est tout ça...
E
st-ce que changer de vêtements est biologique ? Est-ce que faire des papiers pour le tribunal est biologique ? ...

_________________
La drague c'est comme le cortisol : il en faut pour vivre mais on s'en habitue et quand y en a trop ça tourne mal.

t
ransitionner c'est s'abandonner à soi


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 20 Mar 2020, 09:38 
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Inscription: 20 Jan 2020, 16:39
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Merci à toutes pour vos réponses riches, fournies et ce débat qui s'installe.
Pour compléter vos avis, y aurait-il dans l'assemblée une personne qui aurait bénéficié d'une orchidectomie ou d'une vaginoplastie, et qui pourrait témoigner de son vécu médicamenteux après l'opération, sur le cours et long terme ?
A bientôt
Sophie


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 20 Mar 2020, 10:11 
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Inscription: 16 Mai 2017, 10:08
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@Plume

1/ il est très présomptueux de dire que l'on apprend à me connaître.... car à part mes proches, personne ne peut prétendre apprendre à me connaître...

2/ Oui les surrénales produisent de la T mais à bas niveau. Explication : les surrénales disposent de l'arsenal enzymatique pour synthétiser différents stéroïdiens. Toutes les enzymes sont produites à bas niveau. Mais en fonction de la zone de la surrénale, certaines enzymes sont produites à haut niveau et d'autres restent à bas niveau par le jeu des sites promoteurs tissu-dépendants qui stimulent ou freinent les gènes en aval. Dans le tissu surrénalien, les enzymes de transformation terminale des androgènes surrénaliens en T sont produites à bas niveau. Donc il n'est pas faux de dire que les surrénales produisent de la T.... MAIS le niveau de synthèse est très faible et non significatif sur le plan biologique

3/ Si l'on utilise un bloqueur hypophysaire (quelque soit la nature hors ACP), la captation testiculaire persistera toujours puisqu'elle ne sera pas impactée. Ne pas oublier que la programmation génétique des cellules de Leydig est en priorité de fabriquer de la T à haut niveau

4/ tu me prêtes trop d'intention (ce qui montre bien que tu ne me connais pas...) sur le fait que je marque trans-identité au lieu de transidentité : l'explication est plus basique. En effet en 2 mots, mon correcteur ne le souligne pas tandis qu'en 1 mot, il le souligne... Pour le reste, pour ma part, la part de biologie est essentielle dans l'origine du phénotype [trans] (nomenclature génétique plus simple à utiliser que tous les mots en trans machin chose). J'ai déjà entendu sur ce forum ou en discutant avec des MtF que j'avais pu rencontrer la notion de facteur psychologique entraînant le phénotype [trans]... Alors que la base biologique est essentielle tant pour les MtF que les FtM : tout n'est question que de l'orientation cérébrale :
- chez les MtF : défaut de masculinisation par mutation génétique de l'AR et/ou par exposition in utero à un perturbateur endocrinien
- chez les FtM : masculinisation par excès d'androgènes surrénaliens (cas réalisé par l'hyperplasie congénitale des surrénales par déficit total ou partiel de certaines enzymes)
De même, la biologie reste Reine dans le domaine de l'hormonologie, ainsi que dans la biochimie cérébrale... et tous les effets qui en découlent
L'aspect psychologie et interactions sociales intervient plus tard mais ce n'est pas le point de démarrage du phénotype [trans]... Comment expliquer qu'une enfant de 6 ans (moi en l'occurrence) dise clairement que je me sens fille en moi même si mon corps est celui d'un garçon? Même si j'étais déjà intelligente à cet âge, je me moquais complètement de l'aspect sociologique et des interactions sociales car je savais ce que j'étais et le reste m'était égal...

@SophiAir

Je laisse les autres répondre... Mais je doute qu'il y ait des filles qui puissent témoigner de l'aspect des androgènes surrénaliens (objectivés par dosage pré et pos-op).... pour la raison très simple que les endos ne maîtrisent pas l'hormonologie MtF...
Et pour couronner le tout, tu n'as aucune publication scientifique du secteur civil qui a étudié le phénomène de "rebond surrénalien" chez les MtF du fait du peu d'intérêt qu'elles suscitent au sein du monde médical.

R.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 20 Mar 2020, 11:43 
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Inscription: 20 Jan 2020, 16:39
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rania-m a écrit:
@Plume


@SophiAir

Je laisse les autres répondre... Mais je doute qu'il y ait des filles qui puissent témoigner de l'aspect des androgènes surrénaliens (objectivés par dosage pré et pos-op).... pour la raison très simple que les endos ne maîtrisent pas l'hormonologie MtF...
Et pour couronner le tout, tu n'as aucune publication scientifique du secteur civil qui a étudié le phénomène de "rebond surrénalien" chez les MtF du fait du peu d'intérêt qu'elles suscitent au sein du monde médical.

R.


Donc, si je te suis bien, je peux être à la merci de l'avis d'un.e endocrinologue, qui me prescrira un traitement selon des connaissances limitées. C'est rassurant… Déjà que je ne suis pas fan des médicaments, et surtout pas téméraire !
Merci en tous cas pour ces explications.
Sophie


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 20 Mar 2020, 12:28 
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SophiAir a écrit:

Donc, si je te suis bien, je peux être à la merci de l'avis d'un.e endocrinologue, qui me prescrira un traitement selon des connaissances limitées. C'est rassurant… Déjà que je ne suis pas fan des médicaments, et surtout pas téméraire !
Merci en tous cas pour ces explications.
Sophie


Tu as tout compris... sachant qu'en France, aucun endo ne maîtrise l'hormonologie MtF

Je ne suis pas médecin endo mais médecin biologiste... Mes connaissances ne viennent pas de ce que j'ai appris en Fac de Médecine mais de ce que j'ai appris auprès de ma mère qui était une médecin militaire endo qui a traité un grand nombre de MtF militaires...

Bisous

Rania


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 Sujet du message: orchidectomie versus androcur
Message non luPosté: 21 Mar 2020, 02:45 
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"Comment expliquer qu'une enfant de 6 ans (moi en l'occurrence) dise clairement que je me sens fille en moi même si mon corps est celui d'un garçon? Même si j'étais déjà intelligente à cet âge, je me moquais complètement de l'aspect sociologique et des interactions sociales car je savais ce que j'étais et le reste m'était égal..."
J'a
i envie de rebondir sur cette partie : (pour le reste on est d'accord) que sait-on de ce qu'est une fille ou un garçon à cet âge ? il n'y a pas de réponse absolue puisque tout le monde n'évolue ni de la même façon ni au même rythme mais pour savoir qu'on est une fille il faut savoir qu'on n'est pas un garçon si on est dans un contexte où l'environnement nous dit qu'on en est un
D
u coup savoir cela passe par l'observation des autres car si on n'a que soi comme référence comment discriminer le genre ?
q
uand on a un corps de garçon c'est impossible de dire qu'on est une fille si on ne sait pas la différence entre une fille et un garçon (ce qui n'implique nullement d'avoir une socialisation poussée, juste une conscience nette des genres et des sexes)

p
our prendre mon exemple enfant j'avais des comportements féminins sans le réaliser mais tant que je n'ai pas accordé d'intérêt aux autres je n'ai pas pu savoir duquel de leurs groupes je faisais partie donc ne remettais pas en question le genre qu'on m'assignait en fonction de mon sexe
c'e
st pour ça que si le genre est créé par la biologie la connaissance de sa transidentité (soit la prise de conscience de la différence entre son vrai genre et celui qu'on devrait être en suivant la norme) ne peut se faire que socialement
o
n peut très bien être transidentitaire sans le savoir mais dans ce cas personne ne le saura jamais ce qui fait que pour les gens qui se savent trans la composante psycho-sociale est primordiale (quand elle ne l'est pas c'est qu'elle n'a joué qu'un rôle ponctuel dont on n'est pas conscient(e))
c'e
st pour ça que les trans qui ne connaissent pas l'origine physiologique (ou qui ne veulent pas y croire aussi hélas) pensent que c'est provoqué par le social ou le psychologique alors que leur dysphorie vient d'une interaction entre le biologique et le psychologique/social

_________________
La drague c'est comme le cortisol : il en faut pour vivre mais on s'en habitue et quand y en a trop ça tourne mal.

t
ransitionner c'est s'abandonner à soi


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 21 Mar 2020, 10:46 
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Bonjour Plume,
je ne sais pas pourquoi ton message remue tellement de choses en moi. Peut-être ce retour sur l'enfance, encore une fois, sur cette période où effectivement on ne se définit pas par rapport à son sexe de naissance, parce qu'on n'a pas la conscience d'être un être sexué, tout simplement. On se construit, ou plutôt on se fait construire par l'action de l'entourage. Pour ma part, j'ai plus de souvenirs en creux. C'est à dire que mes parents, ma sœur, ma famille en général, m'a plus souvent dit de "ne pas pleurer", "ne pas jouer à la poupée", "ne pas crier comme un fille", etc... plutôt que fait ceci ou cela pour être un garçon. Ce qui amplifie, à mon sens, le rejet de soi. Quand soi est forcément négatif ! J'ai très peu de souvenirs heureux. Parce qu'à chaque fois que j'exprimais ma joie, mon bonheur, j'étais trop démonstrative, je n'avais pas la retenue toute masculine de mes cousins, par exemple. Et donc, à chaque fois, j'étais rabrouée. Ce qui coupait court à mes effusions. A 4 ans, 5 ans, 6 ans, qu'est-ce qui m'a fait agir comme je le faisais. Je ne voulais pas être une fille, j'en étais une. Je me comportais comme telle, sans pourtant être consciemment sexuée.
Ces questionnements constants me prennent habituellement énormément d'énergie. En cette période de confinement, cela devient explosif. Surtout entourée de mon fils, et de mon compagnon, H24, qui ne savent rien ni l'un, ni l'autre.
Bon courage à toutes et à très vite
Sophie


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 21 Mar 2020, 12:43 
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Hello,

Un très jeune enfant n'a pas vraiment conscience d'être H ou F explicitement.
Cependant certaines tendances du caractère se manifestent.

J'avais une douceur a tendance très féminine.
On m'offrait souvent des petites voitures, mais elles partaient en exposition car elles ne m'intéressaient nullement.
J'avais mes tendances et mes gouts sans me poser de questions.

Nombre de petites choses dont je n'ai pris conscience que des années plus tard, quoique cela ne me préoccupait guère.

Mais cela m'a mise à part du point de vue relations avec les autres enfants. Aucune attirance de jeu envers les autres garçons, la violence des garçons me déplaisait. Je trouvais les autres garçons très niaiseux. Une légère complicité, découragée, avec les filles.

Je m'étais intéressée à la radio. À l'époque c'était encore les tubes et le tout début des transistors. Ce n'était pas féminin, donc j'avais le champ libre. Personne n'a su que j'utilisais du 450 V continu potentiellement mortel ! J'ai enchainé avec des expériences de chimie, parfois dangereuses aussi.

Je pense que cela a fortement contribué à mon côté de sauvageonne rebelle des montagnes. Très solitaire finalement sauf avec la nature et les animaux.

Bises,

Meav

_________________
Libérée, Délivrée...


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 21 Mar 2020, 13:34 
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Ahhh Premier de Cordée de Frison-Roche dans la Bibliothèque Verte et la boîte de Mécano à Noël… C'était déprimant ! Mais en bon petit gars, j'essayais de faire plaisir à mon père en y jouant au moins quelques jours, et en lisant au moins quelques pages du roman.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 21 Mar 2020, 14:27 
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Bonjour,

Mon parcours lui a été atypique.

Je m'explique :

- à mes 6 ans : mon père et ma génitrice (celle que je croyais être ma mère) et moi étions partis en Inde. Lors d'une fête en l'honneur de l'unique déesse hindoue transsexuelle, les garçons se travestissent pour cette journée. Moi j'avais fait tout un crique pour conserver mes vêtements féminins et dormir avec. Mon père a observé tout mon ménage et le lendemain on est sortis. Ce fut un véritable interrogatoire pendant près de 3 heures avec des questions en apparence anodines... Et de là mon père conclut que ma personnalité féminine était de loin la personnalité la plus forte et qu'il allait faire le nécessaire (c'était la phase 0 selon le programme de développement conçu par ma mère biologique et mon père)

- de mes 6 à 9 ans : ma génitrice n'était pas au courant de ma nature et du coup quand elle s'absentait j'en profitais avec l'aide de mon père pour basculer en mode féminin mais confinée à la maison (phase 1 : développement a minima de la personnalité féminine)

- à mes 9 ans : mon cadeau d'anniversaire a été un test de vie réelle pendant 3 mois (vacances d'été), mon père s'était chargé d'éloigner ma génitrice. Ces 3 mois furent une véritable révélation. Officiellement, je passais pour la nièce de mon père car il avait tout planifié depuis plus d'un an. J'ai ainsi fait la connaissance de ma mère biologique et de mes 2 frères. Je savais juste que ma mère biologique était une amie très proche de mon père et une médecin militaire. Avec mes frères, ça avait accroché dès le départ (le premier je l'appelais le garçon à la mémoire d'éléphant car il était hyper-mnésique et le second je le surnommais le beau gosse de service car il était mignon). C'était la phase 2 : phase test en mode réel et continu intérieur et extérieur

- de mes 9 à 15 ans : je naviguais entre 2 modes : masculin face à ma génitrice, la famille de sang de mon père et de ma génitrice, l'école etc.... mode féminin les weekends où mon ami (petit ami qui est devenu mon fiancé désormais) venait me chercher chez moi puis chez lui je me changeais en mode féminin puis j'allais retrouver ma mère biologique. C'était la phase 3 : développement de tout mon versant féminin sous le contrôle de mes parents, de l'un de mes oncles (qui était psy) et de l'une de mes tantes (qui était une médecin spécialisée en neuro-sciences). Cela allait du contrôle du comportement, maîtrise du langage, de la vitesse de diction etc etc . A mes 14 ans j'ai eu le choix entre lancer ma transition à mes 15 ans ou différer ma transition. J'ai opté pour le choix 2...

- de mes 15 ans à mes 41 ans : je suis partie en hibernation et mon versant masculin a repris le dessus pour officier et accomplir ce pourquoi j'ai différé ma transition : faire ma carrière de médecin + avoir 1 enfant (phase 3 : phase de pause)

- à mes 41 ans : ce fut mon réveil. Mais mon esprit avant mon hibernation avait déjà subi un niveau de maturation tel qu'il a repris le programme de différenciation programmé dans ma mémoire et enfoui tout au fond de moi. Mon père avait ainsi intégré la liste de tous les éléments que je devais exécuter pour finaliser la transition. (phase 4 : finalisation de la transition)

C'est pour ça que ma transition est totalement atypique. SI en apparence cela paraît simple, la discipline mentale exigée par mon père était stricte et l'obéissance exigée par ma mère pour être en phase avec le programme. Ce n'est qu'à mes 42 ans que j'ai découvert les documents laissés par mes parents sur le programme, ainsi que le fait que ma génitrice n'était qu'un incubateur à 2 pattes et enfin que celle que j'ai toujours considérée comme ma mère était authentiquement ma mère biologique (carte d'identité génomique à l'appui avec la liste des gènes qu'elle m'a transmis). J'ai mis un certain temps pour digérer tout ça (car apprendre à ses 42 ans qu'on est issue d'une FIV et d'une GPA, c'est un peu dur à encaisser)

Rania


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 Sujet du message: orchidectomie versus androcur
Message non luPosté: 22 Mar 2020, 02:38 
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Waw... Mais est-ce que ça veut dire que tes parents ont voulu ta transidentité ? Qu'ils l'ont construite ou ont tenté de l'intuire chimiquement ? Ou savaient qu'elle avait une probabilité élevée d'apparaitre donc on fait en sorte que tu existes exprès pour faire de ta vie entière une de leurs expériences ? (ne me gronde pas si c'est maladroit j'essaye juste de comprendre) on dirait que tout était attendu et calculé au millimètre
E
t pourquoi vivais-tu avec ta génitrice plutôt que ta mère, elle était forcément au courant d'être génitrice pour une autre ? et si elle l'ignorait pourquoi ne t'aimait-elle pas

S
ophiair moi aussi ça me parle... J'ai transitionné beaucoup trop tard mais aussi bien moins que d'autres, mais je m'en veux car je serai toujours très laide et à la fois je sais que tout n'est pas ma faute car plus j'y pense plus je réalise que je comprenais une grosse partie de mon problème mais sans savoir le verbaliser, j'aurais eu besoin de repères et de personnes raisonnables qui sachent me l'extraire et me dire que mon parcours était possible... et que mes parents me laissent le choix car je n'avais pas de conscience claire de l'importance de m'affirmer pour m'éviter une souffrance future et je voulais vraiment leur faire plaisir
L
es enfants introvertis ont besoin de plus d'attention que les autres, j'aurais eu besoin de choses qui même aujourd'hui n'existent pas et je ne me souviens que d'un traumatisme permanent... J'espère que bientôt on laissera aux enfants la chance d'être eux-mêmes en les dépistant et les encourageant, mais bon quand on voit ce qui existe comme harcèlement scolaire, l'échec du système scolaire, le non-diagnostic des troubles du développement et les médecins criminels je sens que ce n'est pas encore pour demain... l'humain manque certes d'employer l'argent correctement mais il manque surtout de conscience pour savoir où et comment avancer
m
ais en tout cas parlons et disons la vérité, les mots ont du pouvoir

_________________
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Message non luPosté: 22 Mar 2020, 07:14 
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plûme de roche a écrit:
Waw... Mais est-ce que ça veut dire que tes parents ont voulu ta transidentité ? Qu'ils l'ont construite ou ont tenté de l'intuire chimiquement ? Ou savaient qu'elle avait une probabilité élevée d'apparaitre donc on fait en sorte que tu existes exprès pour faire de ta vie entière une de leurs expériences ? (ne me gronde pas si c'est maladroit j'essaye juste de comprendre) on dirait que tout était attendu et calculé au millimètre
Et pourquoi vivais-tu avec ta génitrice plutôt que ta mère, elle était forcément au courant d'être génitrice pour une autre ? et si elle l'ignorait pourquoi ne t'aimait-elle pas


Euh... tu es plus qu'insultante à l'égard de mes parents. et OUI c'est plus que maladroit.

Même en supposant que tu arrives à comprendre, cela ne t'apportera rien de plus (éventuellement d'autres questions au minimum...). Donc pour mes parents, je ne te répondrai pas vu la façon selon laquelle tu poses la question.

Le recours à la GPA est dû au fait que ma mère a eu - disons comme ça - un grave accident qui lui a valu une hystérectomie et 8 mois de coma (problème qui a failli coûter la vie à mon deuxième frère qui en est sorti indemne grâce aux réflexes de ma mère). Mais mes parents ont toujours voulu avoir 1 troisième enfant bien avant l'accident. Ma génitrice était stérile (ovaires non fonctionnels) mais son utérus était fonctionnel. Selon la tradition indienne, elle n'était pas "mariable" et du coup mon père l'a choisie pour qu'elle devienne sa femme (en Inde, difficile d'avoir des enfants hors mariage et mon père ne voulait pas se mettre sa famille biologique à dos) et lui a expliqué qu'elle pourra être enceinte moyennant un traitement lourd mais que ce serait l'enfant d'une autre. Au fond tout le monde y a trouvé leur compte : mes parents ont trouvé un incubateur à 2 pattes et ma génitrice pouvait se pavaner face à sa famille qu'elle a eu 1 enfant. Au fur et à mesure de ma croissance, ma génitrice voyait dans mon visage celui d'une autre et m'avait prise en grippe

Mes parents ont fait ce qu'ils ont pu au maximum : plutôt que de chouiner en disant "on va faire quoi?" voire de me rejeter, ils ont utilisé leurs propres recherches sur le versant trans-identité pour que je réussisse ma transition. Et comme pas mal de médecins et scientifiques (qui sont devenus ma véritable famille) ont travaillé sur la trans-identité, chacune et chacun ont contribué à ma transition. Et je pense que ça a dû être compliqué car il fallait adapter le programme de développement proposé pour des MtF adultes sur un sujet pédiatrique (moi). Mais je sais avec certitude que mes parents m'ont toujours aimée et m'ont voulu au point de prendre de tels risques pour m'avoir.

Alors tes réflexions et tes sous-entendus que mes parents auraient joué à Frankenstein tu te les gardes pour toi

R.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 22 Mar 2020, 08:55 
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Bonjour Rania,
je pense que Plume n'a vraiment pas voulu être insultante, et que son "Waw" était plutôt admiratif.
Je comprends que la forme toute scientifique de ton exposé a pu provoquer ce sentiment de prévision millimétrée, alors que nous avons plus souvent l'habitude de lire des témoignages empathiques, sensibles, … Je dirais que tu as eu une sacrée chance d'être entourée de parents si ouverts, et qui, malgré les différents traumatismes familiaux que tu décris, ont su passé outre, et voir l'intérêt et l'épanouissement de leur enfant avant tout.
En revanche, je vois que, alors même que ton entourage proche était sensible et favorisait le développement de ton être profond, le reste de la société t'a obligée à "hiberner" comme tu l'expliques. Le fait d'avoir été acceptée et élevée telle que tu étais t'a-t-il aidé dans ce renoncement ? Et dans le fait de repousser à plus tard de devenir celle que tu es vraiment ?
Merci à toutes de vos témoignages si personnelles
A bientôt
Sophie


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 22 Mar 2020, 09:52 
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Inscription: 16 Mai 2017, 10:08
Messages: 1539
SophiAir a écrit:
Bonjour Rania,
je pense que Plume n'a vraiment pas voulu être insultante, et que son "Waw" était plutôt admiratif.
Je comprends que la forme toute scientifique de ton exposé a pu provoquer ce sentiment de prévision millimétrée, alors que nous avons plus souvent l'habitude de lire des témoignages empathiques, sensibles, … Je dirais que tu as eu une sacrée chance d'être entourée de parents si ouverts, et qui, malgré les différents traumatismes familiaux que tu décris, ont su passé outre, et voir l'intérêt et l'épanouissement de leur enfant avant tout.
En revanche, je vois que, alors même que ton entourage proche était sensible et favorisait le développement de ton être profond, le reste de la société t'a obligée à "hiberner" comme tu l'expliques. Le fait d'avoir été acceptée et élevée telle que tu étais t'a-t-il aidé dans ce renoncement ? Et dans le fait de repousser à plus tard de devenir celle que tu es vraiment ?
Merci à toutes de vos témoignages si personnelles
A bientôt
Sophie


Oui j'étais bien acceptée en mode féminin aussi bien par les personnes de la génération de mes parents (mes oncles et tantes) que de tous leurs enfants qui sont devenus ainsi mes cousines et mes cousins (111 au total moi comprise). A mes 9 ans, tous les enfants de ma génération avaient été réunis pour que l'on puisse faire connaissance et j'ai toujours été genrée en féminin malgré ma spécificité. A titre d'anecdote, le second fils de ma tante spécialisée en neuro-sciences avait un faible pour moi (même s'il savait que j'avais déjà un petit ami)... Bien plus tard, il s'est retrouvé en couple au départ avec un sujet XY qui a fait sa transition et maintenant il est heureux d'être avec une femme trans (qui au passage est aussi une scientifique, spécialité physique quantique)...

Pendant ma phase d'hibernation, tout le monde avait ordre de ne pas reprendre contact avec moi afin de ne pas perturber mon versant masculin qui officiait (versant masculin qui était inconscient de ma présence, et qui ressentait tout au plus une voix intérieure tantôt en accord tantôt en dissonance avec lui). L'apprentissage du yoga avec mon père m'a appris à maîtriser les 2 versants et à séparer mes propres souvenirs afin que mon versant masculin ne puisse accéder qu'aux souvenirs dits neutres (école, souvenirs avec mon père et ma génitrice) mais jamais à mes souvenirs féminins (tenue vestimentaire, existence de ma véritable famille etc..). Cela expliquait le suivi strict que j'avais par mon oncle psy qui contrôlait le niveau de dissociation de mes 2 versants et surtout que mon versant féminin ne détruise pas son homologue masculin tant que la mission qui lui était dévolue n'était pas achevée (c'est-à-dire faire ma carrière de médecine et avoir 1 enfant). Une fois mon réveil effectué, j'ai éliminé mon versant masculin qui a accompli ce pourquoi il a été programmé. (et là ce n'est pas du domaine de l'Androcur je précise)

Pour le renoncement, c'est surtout ma volonté d'avoir 1 enfant propre à moi et de faire ma carrière de médecine qui m'a donné la force nécessaire pour accepter de différer ma transition.

Mais même le choix de faire Médecine a été dicté par ma mère car au départ, je voulais faire physique quantique (car c'était mon domaine de prédilection depuis mon enfance, ce pour quoi mon père était d'accord) mais j'étais aussi douée pour la biologie. Ma mère m'a dit que je devais faire médecine. Quand je lui ai demandé si c'était pour sauver des vies, la réponse de ma mère fut claire : "Oui mais pas pour sauver DES vies mais UNE en priorité : la tienne. La mentalité du monde médical ne changera pas beaucoup quand tu sortiras de la stase mentale. Donc plutôt que tu sois dépendante du bon vouloir d'un médecin qui ne maîtrisera jamais l'hormonologie MtF autant que moi, il est plus simple que tu sois autonome pour ton propre traitement hormonal et la seule solution est que tu deviennes toi même médecin"... Et comme j'avais une admiration absolue pour ma mère car elle était médecin et traitait les MtF comme des patientes à part entière et non juste des patientes qui font chier leur monde (aspect très fréquent dans le monde militaire à prédominance masculine et où il est difficile de comprendre qu'un homme en apparence veuille devenir une femme...), j'ai accepté - avec le feu vert de mon père qui s'est incliné face au raisonnement de ma mère - de faire médecine. Et ma mère avait raison par anticipation : le monde médical civil n'a pas évolué d'un pouce en matière d'hormonologie et il suffit de voir la galère des MtF pour trouver 1 endo valable... qui relève de l'utopie en France. C'est aussi pour ça que j'ai appris l'hormonologie MtF avec ma mère. A mon réveil j'ai fait la mise à jour des données avec ma cousine qui a repris les travaux de ma mère après sa disparition. Mais les données primordiales en hormonologie ont peu bougé vu le niveau d'avancement déjà très poussé des équipes liées à la mère.

Le seul souci pour expliquer autant de données est de retrouver un semblant d'équivalent civil dans les données de recherche civile... ce qui explique que je donne très souvent les références bibliographiques

Rania


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 22 Mar 2020, 15:08 
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Inscription: 22 Mar 2020, 12:58
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rania-m a écrit:
Bonjour,

Mon parcours lui a été atypique.

Je m'explique :

- à mes 6 ans : mon père et ma génitrice (celle que je croyais être ma mère) et moi étions partis en Inde. Lors d'une fête en l'honneur de l'unique déesse hindoue transsexuelle, les garçons se travestissent pour cette journée. Moi j'avais fait tout un crique pour conserver mes vêtements féminins et dormir avec. Mon père a observé tout mon ménage et le lendemain on est sortis. Ce fut un véritable interrogatoire pendant près de 3 heures avec des questions en apparence anodines... Et de là mon père conclut que ma personnalité féminine était de loin la personnalité la plus forte et qu'il allait faire le nécessaire (c'était la phase 0 selon le programme de développement conçu par ma mère biologique et mon père)

- de mes 6 à 9 ans : ma génitrice n'était pas au courant de ma nature et du coup quand elle s'absentait j'en profitais avec l'aide de mon père pour basculer en mode féminin mais confinée à la maison (phase 1 : développement a minima de la personnalité féminine)

- à mes 9 ans : mon cadeau d'anniversaire a été un test de vie réelle pendant 3 mois (vacances d'été), mon père s'était chargé d'éloigner ma génitrice. Ces 3 mois furent une véritable révélation. Officiellement, je passais pour la nièce de mon père car il avait tout planifié depuis plus d'un an. J'ai ainsi fait la connaissance de ma mère biologique et de mes 2 frères. Je savais juste que ma mère biologique était une amie très proche de mon père et une médecin militaire. Avec mes frères, ça avait accroché dès le départ (le premier je l'appelais le garçon à la mémoire d'éléphant car il était hyper-mnésique et le second je le surnommais le beau gosse de service car il était mignon). C'était la phase 2 : phase test en mode réel et continu intérieur et extérieur

- de mes 9 à 15 ans : je naviguais entre 2 modes : masculin face à ma génitrice, la famille de sang de mon père et de ma génitrice, l'école etc.... mode féminin les weekends où mon ami (petit ami qui est devenu mon fiancé désormais) venait me chercher chez moi puis chez lui je me changeais en mode féminin puis j'allais retrouver ma mère biologique. C'était la phase 3 : développement de tout mon versant féminin sous le contrôle de mes parents, de l'un de mes oncles (qui était psy) et de l'une de mes tantes (qui était une médecin spécialisée en neuro-sciences). Cela allait du contrôle du comportement, maîtrise du langage, de la vitesse de diction etc etc . A mes 14 ans j'ai eu le choix entre lancer ma transition à mes 15 ans ou différer ma transition. J'ai opté pour le choix 2...

- de mes 15 ans à mes 41 ans : je suis partie en hibernation et mon versant masculin a repris le dessus pour officier et accomplir ce pourquoi j'ai différé ma transition : faire ma carrière de médecin + avoir 1 enfant (phase 3 : phase de pause)

- à mes 41 ans : ce fut mon réveil. Mais mon esprit avant mon hibernation avait déjà subi un niveau de maturation tel qu'il a repris le programme de différenciation programmé dans ma mémoire et enfoui tout au fond de moi. Mon père avait ainsi intégré la liste de tous les éléments que je devais exécuter pour finaliser la transition. (phase 4 : finalisation de la transition)

C'est pour ça que ma transition est totalement atypique. SI en apparence cela paraît simple, la discipline mentale exigée par mon père était stricte et l'obéissance exigée par ma mère pour être en phase avec le programme. Ce n'est qu'à mes 42 ans que j'ai découvert les documents laissés par mes parents sur le programme, ainsi que le fait que ma génitrice n'était qu'un incubateur à 2 pattes et enfin que celle que j'ai toujours considérée comme ma mère était authentiquement ma mère biologique (carte d'identité génomique à l'appui avec la liste des gènes qu'elle m'a transmis). J'ai mis un certain temps pour digérer tout ça (car apprendre à ses 42 ans qu'on est issue d'une FIV et d'une GPA, c'est un peu dur à encaisser)

Rania


Sans vouloir faire preuve d’un atome de scepticisme, on pourrait se demander, au travers de toutes ces précisions sur la genèse de ta transformation, pourquoi entre la stricte discipline paternelle, l’obéissance exigée par ta mère, la minutie, où rien ne semble être mis de côté, l’élaboration du programme de développement de tout ton versant féminin, tes parents, après toute cette planification mise en place, t’ont finalement laissé le choix de ne pas continuer dans la voie désirée, mais qu’en plus, parvenu à l’aube de ta métamorphose, tu renonces et préfère différer ta transition. N’y voit pas là, l’ombre d’une critique dans mon propos, ni une quelconque incertitude, mais seulement de l’étonnement. Chacun voit midi à sa porte.
Marlène


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 22 Mar 2020, 15:14 
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@Marlene

Je pense que j'ai déjà répondu à cette question...

Il y a 20 ans de cela, pour faire médecine en étant cataloguée comme malade psy au motif de la trans-identité c'était impossible... sans compter qu'autrefois, le CEC imposait la SRS.

Pour moi avoir 1 enfant et faire ma carrière de médecine était plus que prioritaire. Alors différer ne me posait pas de soucis... ce d'autant plus que j'y étais parfaitement préparée - sans le savoir au moment de ma préparation.

Il t'aurait suffi de lire mes réponses suivantes pour comprendre le cheminement.

De plus, je suis issue d'une culture orientale où le Temps est le maître mot et non l'instantanéité que l'on voit souvent dans les civilisations occidentales. En Orient, on est tout à fait capable de différer une chose simplement pour qu'elle soit parfaitement finalisée et non bâclée au motif de la précipitation.

R.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 22 Mar 2020, 15:18 
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@Marlène

Et je pense que tu en es le parfait exemple démonstratif de la précipitation puisque tu as répondu dans l'instantanéité sur un seul de mes posts alors que si tu avais pris la peine de lire mes posts suivants, tu aurais eu la réponse à ta question...

Mais chacune voit midi à sa porte... pour reprendre ton expression.

R.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 22 Mar 2020, 23:31 
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De plus, je suis issue d'une culture orientale où le Temps est le maître mot et non l'instantanéité que l'on voit souvent dans les civilisations occidentales. En Orient, on est tout à fait capable de différer une chose simplement pour qu'elle soit parfaitement finalisée et non bâclée au motif de la précipitation.

R.[/quote]


L’instantanéité ne doit pas être vue sous un angle péjoratif, elle est l’observable structurel d’un état dont les propriétés comme, la position, le moment angulaire, la vitesse, l’énergie, sont uniques, ce qui est avant c’est le passé ce qui est après c’est le futur. Il n’y a pas d'oppositions de cultures, chaque culture apporte son lot de bonnes et mauvaises intentions. J’ai seulement été béate d’admiration devant une chronologie si bien maîtrisée. Il m’a même semblé entendre résonner le petit cui-cui si charmant de l’autosatisfaction.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 08:56 
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Marlène a écrit:
L’instantanéité ne doit pas être vue sous un angle péjoratif, elle est l’observable structurel d’un état dont les propriétés comme, la position, le moment angulaire, la vitesse, l’énergie, sont uniques, ce qui est avant c’est le passé ce qui est après c’est le futur. Il n’y a pas d'oppositions de cultures, chaque culture apporte son lot de bonnes et mauvaises intentions. J’ai seulement été béate d’admiration devant une chronologie si bien maîtrisée. Il m’a même semblé entendre résonner le petit cui-cui si charmant de l’autosatisfaction.


L'instantanéité dans le cadre d'une transition est un non-sens : comme le disait ma tante spécialisée en neurosciences, la transition est une course d'endurance et non juste un sprint. Une transition se prépare et ne doit pas se faire sur le principe de l'instantanéité car cette dernière est justement source d'erreurs.

Pour l'auto-satisfaction, on voit bien que tu es nouvelle (normal tu es inscrite depuis le 22 mars) mais non, tu as entendu des cuicui de rien du tout. Pour parler d'auto-satisfaction, il aurait fallu que ce soient mes actes et là il s'agit du programme conçu par mes parents donc je n'ai pas de mérite sur ce plan-là. Par contre la façon à laquelle j'ai géré la finalisation de ma transition, ça oui j'en suis fière, tout comme je peux être fière d'avoir sauvé la vie à mon petit ami quand je n'avais que 12 ans ou plus récemment...

Une transition n'est qu'une équation multi-paramétrique où il faut gérer chaque composante dans un ordre précis sans hâte ni précipitation...

Concernant l'aspect culturel, la notion de Temps n'a pas la même signification dans les civilisations occidentales et les civilisations orientales et les gens n'ont pas la même perception du tout... quoique les choses changent avec la mondialisation bien entendu (mais il y aura toujours un temps d'inertie)

R.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 09:37 
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Bonjour Rania,
en parlant culture, est-ce que la présence d'hijras et du seigneur Ardhanari, dans la culture indienne, permet une meilleure compréhension, en Inde, de la question transgenre ? La préparation dont tu as bénéficiée de la part de tes parents, et de ta famille a-t-elle été facilitée par cette composante de la culture indienne ? Ou cela n'a rien à voir ? Quelle est l'attitude générale, aujourd'hui, en Inde, vis à vis des trans ?
Merci


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 10:13 
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SophiAir a écrit:
Bonjour Rania,
en parlant culture, est-ce que la présence d'hijras et du seigneur Ardhanari, dans la culture indienne, permet une meilleure compréhension, en Inde, de la question transgenre ? La préparation dont tu as bénéficiée de la part de tes parents, et de ta famille a-t-elle été facilitée par cette composante de la culture indienne ? Ou cela n'a rien à voir ? Quelle est l'attitude générale, aujourd'hui, en Inde, vis à vis des trans ?
Merci


Excellentes questions...

1/ D'abord pour Ardhanari ou Ardhanrishwara

Souvent les occidentaux pensent qu'il s'agit d'une entité androgyne. En réalité, c'est la fusion de 2 moitiés : côté droit masculin = Dieu Shiva / Côté gauche féminin = sa première épouse la Déesse Sakhti.
Cette notion de gauche / droite n'est pas anodine. En effet, en Arts Mystiques, la voie droite est une voie dite masculine (droiture excluant le sexe) tandis que la voie gauche est dite féminine (voie du coeur incluant le sexe)

A proprement parler, cette forme n'est pas une entité transsexuelle. Elle est dite mixte moitié masculin moitié féminin. Pour info, quand mon père avait travaillé sur ses vers marins, c'est sur ce modèle qu'il a construit ses vers chimériques (moitié masculine greffée à une moitié féminine). Quand je m'étais intéressée à ses travaux à partir de mes 9 ans, j'avais vu le lien évident, qu'aucune personne - non initiée - n'aurait pu détecter car il a voulu reproduire une figure divine sur ses vers marins pour pouvoir étudier le processus de féminisation de la partie masculine

2/ Mohini

Mohini est l'unique cas de Déesse transsexuelle au sens strict du terme dans l'ensemble du panthéon divin de cette minuscule planète...

En effet, elle résulte de la transformation du Dieu Vishnou en une entité féminine, appelée Mohini. Cette Déesse dans son historique intervient à chaque fois que l'ensemble des Univers est menacé. Je pourrai te raconter son histoire mais ce serait long.
De principe, elle est considérée comme un avatar du Dieu Vishnou mais en réalité possède sa propre existence.

Mohini a un seul temple en Inde, le temple de Ryali. Ryali en Telegu signifie la chute qui correspond à la chute d'une fleur issue de l'assiette de fleurs donnée par le dieu Shiva qui fit une cour très assidue à Mohini. C'est ainsi que Mohini devint la seconde épouse de Shiva.

Dans sa représentation, elle porte toujours du vert, voire sous certaines formes, une pierre verte à sa ceinture. La pierre verte est celle du pouvoir élémentaire du Temps. En effet, dans la technologie des chakras, le chakra du coeur (ou du moins son système nerveux végétatif) est symbolisé par une pierre verte (émeraude), ce qui est logique car les battements du coeur rythment le temps d'un organisme supérieur vivant (le premier battement au démarrage et le dernier à la fin). Même vert que l'on retrouve chez les prêtresses de Vénus ou d'Aphrodite avec leurs toges vertes lors des cérémonies...

Là où c'est compliqué à comprendre pourquoi 2 épouses ?
- Sakthi est une entité féminine native et est donc nécessaire à la création = sa nature est donc égale et complémentaire à celle de son époux
- Mohini résulte de la transformation de Vishnou = sa nature est donc égale et identique à celle de son époux. Et comme son époux, elle est nécessaire à la destruction. En effet, même si elle a sauvé à plusieurs reprises l'ensemble des Univers, dans le temple de Ryali, il y a un bas relief où on la représente en tant que Kalki (la forme destructrice responsable de l'Apocalypse) : cette forme sera présente jusqu'à la fin des Temps (c'est-à-dire destruction de la phase temporelle de chaque Dimension d'où dislocation de tous les Univers contenus dans chaque Dimension) puis elle mettra fin au Temps lui même (en tant que pouvoir élémentaire)

3/ les Hijras

C'est une communauté de femmes trans qui existent depuis des siècles, tournée vers le culte de Mohini. Les Hijras sont à la fois appréciées car de par les pratiques du culte de Mohini, on les considère comme capables de vaincre n'importe quel obstacle.... et détestées de par leur nature trans.

Pourquoi cette aversion : elle est liée à Mohini elle même. En effet, pour les ultra-rigoristes hindous (car l'Hindouisme a aussi son lot de gros cons), Mohini est reléguée au rang de Mayam (ou illusion) et ne nécessite pas de culte car Mohini étant une déesse transsexuelle, cela impliquerait de considérer le dieu Shiva comme gay (oui je sais c'est super crétin...) donc c'est pas gai comme situation pour la pauvre Mohini... (sans jeu de mots)

Là où l'hypocrisie bat son plein (à mon sens, l'espèce humaine ne mérite aucune pitié des êtres divins), les mêmes cons vont vénérer le fils unique de Mohini et de Shiva, Ayappan car il donne la force vitale nécessaire pour se battre...

4/ en ce qui me concerne :

Je pense que l'origine de mes parents y a aidée (mon père 100% origine indienne / ma mère 50% écossaise et 50% indienne). D'ailleurs, mon prénom par lequel j'ai été nommée pendant mon enfance était Mohini (ce qui explique le m à mon pseudo au cas où tu l'aurais remarqué). Rania est devenu mon premier prénom tandis que Mohini est devenu mon second prénom (comme la tradition des enfants de ma génération : 1 premier prénom classique en apparence + 1 second prénom plus mystique ou divin)

Bisous

Rania


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 10:51 
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Merci Rania-m. C'est passionnant. Une telle nuance dans la cosmogonie enseigne beaucoup sur une culture. La différence avec le manichéisme (au sens moderne du terme) occidental est frappante.
Au moins l'androgynie était présente dans la culture antique. Mais malheureusement, je ne crois pas me tromper en affirmant que la culture chrétienne a écrasé ce pan pourtant présent dans de nombreuses sociétés (cf les amérindiens par exemple)
Je viens de lire Le Ministère du Bonheur Suprême d'Arundhati Roy, dont un des personnages principaux est une hijra. Ce n'était pas le thème central du livre, mais on y voyait l'attirance/répulsion que tu décris.
Des bises
Sophie


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 11:25 
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@SophiAir

Oui le creuset monothéiste a appauvri la richesse de l'humanité en 2 volets : 1 féminin et 1 masculin. Cela contribue aussi bien à la transphobie environnante qu'au mal-être des femmes trans avec un sentiment inconscient de culpabilité de ne pas être dans la norme et cette volonté d'en finir avec cette apparence non conforme (voire d'en finir tout court... avec la vie)

Dans toutes les civilisations antiques, on retrouve cette notion d'androgynie, voire de trans-identité exprimée de diverses façons au sein de groupes de populations.

Au fond cette richesse était à l'image des religions antiques, système balayé par la binarité des religions monothéistes.

Ceci se voit d'ailleurs au niveau du fonctionnement mental des femmes trans : dans les pays occidentaux, un bon nombre va jusqu'à la SRS pour une mise en conformité. Dans les pays orientaux, ce n'est pas le cas que ce soit en Inde ou en Thaïlande. Bien entendu, on peut invoquer les conditions financières pour accéder à la SRS. Mais c'est loin d'être le seul facteur : en effet, en Orient, c'est une habitude de ne pas renier son propre corps (voire juste une fraction de son corps, comme je l'entends souvent ici sur le forum pour les parties intimes) car en Orient, on considère que l'on est née ainsi et on compose avec. Par exemple, en Inde, beaucoup de femmes trans accèdent au THS mais rares sont celles qui vont jusqu'à la SRS. D'un point de vue occidental cela peut être assimilé à une espèce de fatalisme de ne pas vouloir aller jusqu'au bout... moi j'y vois plutôt une marque d'humilité en acceptant les limites imposées par notre propre génome (comme l'aurait dit mon père : "notre génome fait de nous ce que nous sommes et on ne pourra jamais le renier").

Ceci explique que la notion de passing est différente entre les 2 types de civilisations : en Occident, le passing consiste à avoir un effet mimétique du physique des cis (chirurgie faciale etc )... alors qu'en Orient, le passing est essentiellement vestimentaire (exemple : port du Sari en Inde pour une femme trans) et sur le plan physique se limite à la poitrine (naturelle par THS ou artificielle par implants)

Au final, il est clair que nos origines contribuent à notre propre perception de notre trans-identité.

Bisous

Rania


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 12:12 
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Rania-m,
est-ce que ne pas aller jusqu'à une SRS n'est pas lié au fait que la pudeur, voire la pruderie, est primordiale en Inde. On peut y voir des bas-reliefs très explicites, et pourtant une scène de baiser est déjà extraordinaire dans un film, une scène d'amour, n'en parlons pas. La sexualité, ou l'épanouissement (réel ou fantasmé) par le sexe sont-ils aussi centraux qu'en Occident ?
Je ne porte pas de jugement de valeur. L'étalage de la sexualité en Occident, si elle peut permettre une certaine ouverture, n'en est pourtant pas plus une assurance de plaisir partagé et de réel épanouissement de l'être.
Qu'en penses-tu ?


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 12:46 
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SophiAir a écrit:
Rania-m,
est-ce que ne pas aller jusqu'à une SRS n'est pas lié au fait que la pudeur, voire la pruderie, est primordiale en Inde. On peut y voir des bas-reliefs très explicites, et pourtant une scène de baiser est déjà extraordinaire dans un film, une scène d'amour, n'en parlons pas. La sexualité, ou l'épanouissement (réel ou fantasmé) par le sexe sont-ils aussi centraux qu'en Occident ?
Je ne porte pas de jugement de valeur. L'étalage de la sexualité en Occident, si elle peut permettre une certaine ouverture, n'en est pourtant pas plus une assurance de plaisir partagé et de réel épanouissement de l'être.
Qu'en penses-tu ?


Oui je suis d'accord avec toi sur le principe de pudeur en Inde alors que les bas reliefs des temples ont des scènes plus qu'explicites. Et aussi que la sexualité trop exubérante n'est pas gage de bien être non plus.

Mais sur le plan de la mentalité, il n'en reste pas moins que le rapport au corps en Orient n'est pas pareil comme je l'ai expliqué sur le post précédent car que l'on soit petite, grande, maigre ou grosse, on compose avec, sans foncièrement vouloir le changer à tout prix...

Bisous

Rania


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 13:27 
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Souvent les occidentaux pensent qu'il s'agit d'une entité androgyne. En réalité, c'est la fusion de 2 moitiés : côté droit masculin = Dieu Shiva / Côté gauche féminin = sa première épouse la Déesse Sakhti.
Cette notion de gauche / droite n'est pas anodine. En effet, en Arts Mystiques, la voie droite est une voie dite masculine (droiture excluant le sexe) tandis que la voie gauche est dite féminine (voie du coeur incluant le sexe)

Bien vu, la notion gauche/droite n’est, en effet, pas anodine, il suffit de s’interroger sur l’écriture de gauche à droite et de droite à gauche. À l’origine le chinois, avant la transformation de son écriture dans la seconde moitié du XXe, se lisait et s'écrivait verticalement de haut en bas et de gauche à droite. Il y a certainement une correspondance avec le Yi-Jing ou Yi-King, dont les structures sénaires (superposition de deux trigrammes) se transforment en une multitude de combinaisons qui faisait dire au mathématicien Leibniz, qu’il y voyait là la caractéristique universelle. D’ailleurs, son travail sur le calcul binaire n’est pas étranger à ce texte. Quant à la fusion des deux moitiés Shiva/Sakhti, cela fait penser aux « noces Chymiques » évoquées dans les traités d’Alchimie. Le vert exprime la nature renaissante, fait partie des trois couleurs primaires qui n’ont pas de transitions progressives exploitées dans la vidéo. La chlorophylle, pigment, qui initie la photosynthèse. Ainsi chaque culture engendre des religions qui s’apparentent à un mode de perception de l’univers, mais aussi lorsque la religion devient une doctrine autoritaire on quitte le champ du sacré pour entrer dans celui de la politique, substrat de la docte ignorance, temporel de l'asservissement humain.


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 23 Mar 2020, 14:04 
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@Marlène

Pour la fusion des moitiés Shiva / Shakthi, c'est surtout pour montrer qu'il faut l'équilibre des 2 pouvoirs et aussi que les 2 versants coexistent en chaque être vivant. Ceci est bien entendu caricatural dans le domaine de l'hormonologie où chaque sexe biologique dispose des 2 types d'hormones (masculines et féminines) mais dans une combinaison propre à la programmation génétique d'origine.

Le vert dans la symbolique hindoue est surtout liée à la pierre du Temps elle même liée au chakra du coeur. Il ne faut pas oublier que les chakras ne sont pas que des zones énergétiques relevant du domaine mystique mais ont une correspondance spécifique en terme neurologique. Chaque chakra est représentée par une couleur qui représente aussi un pouvoir élémentaire :

- chakra 1 : ROUGE - chakra de la base (filum terminal) = chakra dit de l'ancrage = REALITE

- chakra 2 : ORANGE - chakra du sacrum = chakra lié au sexe et à l'identité = AME Pour info, en Arts Mystiques, la fête de Samain chez les celtes avait comme couleur spécifique la couleur orange qui symbolisait l'âme. En effet, à l'époque, les gens consommaient des légumes oranges (citrouille) et allumaient des bougies oranges le long des chemins pour guider les âmes défuntes. Cette fête de Samain se situait le 31 Octobre (et correspondait au nouvel an celte) et plus tard a donné à la fête de la Toussaint le lendemain avec la christianisation des peuples celtiques

- chakra 3 : JAUNE - chakra du plexus solaire = chakra lié à la digestion et au métabolisme = ESPRIT (pas si faux que ça quand on sait que le système intestinal a son propre esprit de fonctionnement et d'ailleurs on l'appelle le deuxième cerveau... à ne pas confondre avec le cerveau ectopique sous la ceinture de certains êtres masculins machos...)

- chakra 4 : VERT - chakra du coeur (ou sons système neuro-végétatif) = TEMPS

- chakra 5 : BLEU CLAIR - ganglion cervical = chakra de la communication, de l'espace, de la phonation = ESPACE

- chakra 6 : BLEU FONCE - hypophyse = chakra de la vision intérieur (normal car l'hypophyse est située après le chiasma optique) = VIE (sans hypophyse, aucune vie possible car beaucoup d'hormones participant au métabolisme basal : cortisol, hormone de croissance et hormones sexuelles). Ceci explique que le saphir - bleu foncé - était symbole de vie en Egypte antique (et était incrusté dans l'oeil de Horus... qui lui fut arraché par son oncle Seth lors d'un combat légendaire car Horus a voulu venger la mort de son père Osiris et il a arraché les parties génitales à Seth faisant de ce dernier un être divin stérile, ce qui explique que le Maître d'Ombos - ville du culte principal de Seth qui était située en haute Egypte, si mes vieux souvenirs sont exacts - s'est vu confié les territoires stériles et arides du désert...)

- chakra 7 : VIOLET - épiphyse = chakra du pouvoir qui regarde vers le ciel = POUVOIR (dans l'Evolution des espèces, il faut savoir que l'épiphyse ou glande pinéale était située sous une membrane translucide au niveau du vertex du crâne et permettait aux poissons, amphibiens et reptiles de se caler sur le rythme jour / nuit. Cette Glande était dotée de photorécepteurs. Les Mammifères et les Oiseaux ont perdu cette membrane translucide car les os du crâne se sont soudés. Mais l'épiphyse garde une connexion neuronale avec nos yeux qui sont équipés de plus de photorécepteurs)... Cette symbolique du pouvoir avec le violet était reprise chez les druides avec leurs toges violettes, qui a été reprise par le Clergé lors de la christianisation des territoires celtes.

Si l'on observe bien la liste des chakras, il y en a 7 (ce n'est pas un scoop...) donc il y a un chakra central que vous fassiez la lecture de haut en bas ou de bas en haut.... et c'est le chakra du coeur donc le pouvoir élémentaire le plus puissant est celui du Temps...

Bien entendu, ces 7 couleurs sont aussi celles de la décomposition spectrale de la lumière blanche ce qui montre bien que c'est l'ensemble ds chakras qui forme une unité complète (et non chaque chakra pris séparément)

Comme nous le disons dans ma famille, aucune religion n'est mauvaise en soi... C'est ce qu'en font les vulgaires bipèdes humains au nom de leurs Divinités respectives qui rend les religions difficiles voire impossibles à suivre...

Rania


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 Sujet du message: orchidectomie versus androcur
Message non luPosté: 28 Mar 2020, 02:57 
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"Waw" impresionné oui... biensûr je ne voulais pas blesser ni sous-entendre des critiques juste mieux comprendre en montrant ce qui m'étonnait (positivement)
E
st-ce indiscret de te demander de quel peuple tu es ? tu parles de langue Telougou, je me souviens qu'à l'époque où tu montrais ton visage je m'étais vaguement dit que tu avais un type Draaviddien sans chercher davantage
C'e
st simplemement par pur intérêt pour ces cultures, je lis le Devanaagarii (Est-ce ton cas ?), je connais les raaga, je regarde des films etc... par exemple dans ma ville il y avait un Hinndii, il y a un Ourdou, pas mal de Tamoul et ces temps-ci des Patthaanii

J
e voulais juste faire 2 petites rectifications car ça fait 2 fois que je remarque : Samhain (le M est amuï donc je préfère utiliser la vraie orthographe Gaëlique) a toujours é le 1 novembre, c'était effectivement la plus importante fête on la célébrait 3 jours avant et 3 jours après.
P
our l'écriture Extrême-Orientale c'est de gauche à droite pour les caractères et de haut en bas pour les lignes si on suit la mode Occidentale mais à l'origine c'était de haut en bas pour les caractères et de droite à gauche pour les "colonnes" ce qui s'emploie toujours mais moins souvent.
i
l y a aussi pas mal d'écritures Orientales qui sont en mode boustrophédon c'est à dire que dans un paragraphe donné chaque ligne change de sens (on reprend toujours dans l'autre sens en-dessous d'où on était pour la ligne précédente) et lare ligne d'un paragraphe commence à droite donc part vers la gauche, ça s'appelle ainsi pour dire qu'on fait comme un bœuf qui laboure un champ

s
inon le "classique des mutations" est bien un système de numération binaire la barre ouverte yin et la fermée yang qui correspondent à des chiffres binaires (0 ou 1), un trigramme en utilise 3 soit nombre de 3 chiffres binaires donc 2 exposant 3 = 8 trigrammes possibles correspondant à un symbole (La montagne, l'eau, la terre, le tonnerre...), un hexagramme utilise 2 trigrammes soit nombre binaire de 6 chiffres donc 2 exposant 6 = 64 situations de vie possibles (l'eau sur la terre n'a pas le même sens que la terre sur l'eau par exemple)

p
our les centres énergétiques je trouve ça agréable de lire ces renseignements en d'autres termes que ce qu'on peut en lire habituellement
P
our avoir fait une recherche là-dessus il y a environ 2 semaines j'ai trouvé certains éléments peu clairs : par exemple la correspondance de la pituitaire et de la pinéale est inversée entre les 2 derniers centres énergétiques selon les sources, pour la correspondance avec le système digestif cela varie aussi entre le 2 et le 3 selon les sources... en tout cas je préfère la version où c'est la pinéale en dernier
C
omment définirais-tu la différence entre âme et esprit ? (là aussi tout le monde n'y fait pas signifier la même chose) ou pourrais-je dire lequel est supérieur à l'autre en plan subtil / niveau de conscience

P
our le passing je suis un peu étonnée... la définition de ce terme est de vouloir avoir l'air de ce qu'on se sent être donc quand les caractères sexuels secondaires ne sont pas neutres la tenue vestimentaire peut permettre d'être acceptée comme ce qu'on souhaite si le contexte social est tolérant mais pas d'avoir l'air de l'être, la nuance est différente donc je me demande si les gens de là-bas emploient vraiment ce terme de passing ou un autre qu'on traduirait abusivement par passing puisque leur but ne serait pas le même (la différence est que nous notre société n'est pas tolérante donc notre but souvent doit être de passer pour pouvoir être acceptées comme)
E
t pour le fait que la transformation du corps ne soit pas spécialement souhaitée n'est-ce pas justement car ces communautés de transgenres font partie intégrante de la société depuis toujours là-bas ? de plus ne serait-ce pas l'habitude d'absence de technologie médicale permettant de se transformer la responsable d'avoir conditionné ces personnes à devoir vivre avec l'écart entre leur corps et leur identité, mais que s'il y avait moins de misère elles tenteraient d'accéder à une transformation physique poussée

P
our le temps son plus grand pouvoir est qu'on croie autant en lui alors qu'il n'existe pas... ce n'est pas le temps qui déroule des expériences devant notre conscience mais notre conscience qui se déplace dans le mille-feuille de la dimension de l'information et comme on ne croit pas en notre divinité on a besoin d'inventer cette variable de vide pour justifier ce qui se passe en nous destituant de ce pouvoir mais mesurer le temps est aussi incohérent que mesurer le hasard, ou la distance à l'entrée d'un trou noir
S
i on étend le principe de Heisenberg savoir où on se trouve dans le temps nous mettrait à un endroit aléatoire de l'univers... pour illustrer que ce concept est absurde

_________________
La drague c'est comme le cortisol : il en faut pour vivre mais on s'en habitue et quand y en a trop ça tourne mal.

t
ransitionner c'est s'abandonner à soi


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 28 Mar 2020, 21:50 
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@Plume

- mon arrière arrière grand mère côté maternel était originaire du Punjab. de même pour la famille de sang de mon père

- non je ne connais pas les langues indiennes mais je connais bien l'histoire de Mohini

- pour te répondre à tes questions sur l'un de tes autres posts :

* oui mes parents étaient au courant de ma trans-identité quand j'avais 2 ans... âge auquel mon père m'a genrée au féminin pour la première fois en présence de mon (futur) fiancé qui avait 8 ans à l'époque. Cet épisode l'a tellement marqué qu'il s'en souvient encore....

* pour ma dysphorie, s'il y a une partie génétique incontestable et prouvée, il y a aussi une part environnementale par un PE que j'ai accepté de prendre de mes 9 à 15 ans. cela a ainsi amélioré ma phase de pré-transition au prix de quelques effets secondaires quand même, tout en permettant à mes parents d'avancer en terme de recherche... C'est pour ça que j'ai été catégorisée par ma mère en dysphorie type 3 (mutation génétique + PE bien identifié). Mais comme toute technologie, cela a eu quelques effets métaboliques inattendus chez moi (mais bon je n'en parlerai pas)

- Alors était-ce voulu? sans nul doute... mais il n'empêche que des 3 enfants de mes parents, je sais que j'étais la plus chouchoutée et l'enfant le plus souhaité...J'avais même l'avantage de ne jamais être punie même quand je prenais sur moi les erreurs de mes frères

- Est-il possible que j'en sache plus sur le but de mes parents? OUI car j'ai le niveau d'accès aux données médicales me concernant...

- Ai-je vraiment envie de le savoir? Absolument pas...

- le simple fait que mes parents aient pu diriger de A à Z ma transition reste à jamais gravé en moi comme la meilleure preuve de l'amour parental qu'ils m'ont témoigné...

Rania


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 25 Mar 2021, 03:56 
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rania-m a écrit:

Il était question de l'ACP post-vagino mais tu peux tout à fait remplacer la vagino pour l'orchidectomie, ce qui revient au même pour la T.

Voilà pourquoi je disais que l'orchidectomie pouvait rendre une MtF dépendante de l'ACP car au fond il n'y a aucun marqueur prédictif permettant d'anticiper le niveau réel des androgènes surrénaliens... sachant qu'un dosage pré-op n'a aucun intérêt puisqu'on n'évalue que la fraction libre (qui est égale à la quantité totale libérée par les surrénales à laquelle on soustrait la fraction captée par les cellules testiculaires de Leydig)...

Et c'est après l'orchidectomie ou la SRS que l'on peut réellement évaluer le niveau de synthèse des androgènes surrénaliens... phénomène que l'on appelle le rebond surrénalien (non pas parce que les surrénales sont sur-stimulées par l'ablation testiculaire mais par ce que les androgènes surrénaliens sont bloqués à ce stade et ne sont plus métabolisés en T ce qui fait un rebond apparent des androgènes surrénaliens en post-op)

Bisous

Rania


J'ai parcouru le sujet mais je n'ai rien compris, c'est quoi l'ACP ?
Personne ne m'a parlé de ce genre de problème de remonté de "testo" avant et après mon orchidectomie.
On le voit comment sur un bilan sanguin ?
Je peux poser la question à mon endoc mais bon...

Bises


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 25 Mar 2021, 09:51 
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@Choupi
ACP = Acetate de Cyprotérone
Plus simplement l'autre nom de l'androcur.

Voilà qui te simplifiera la lecture :wink:
Baci i love you

_________________
"Joue pas à ça avec moi, tu sais qu'chui une déglingo"
"Chin'up"
"FATTE CAZZI VOSTRI"
"Mio cinghiel... je t'aime"
[Mimma]


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 Sujet du message: Re: Orchidectomie vs Androcure
Message non luPosté: 25 Mar 2021, 12:09 
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Inscription: 16 Déc 2020, 15:18
Messages: 1194
Merci Mimma.
Je voudrais avoir les billes pour analyser mes bilans sanguins par curiosité seulement car en ce moment j'ai d'autres chats à fouetter.


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